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Un an après

La disparition du président et fondateur de Terra Nova, Olivier Ferrand, le 30 juin 2012, a choqué et laissé orpheline une grande partie de la gauche française et européenne. Un an après et indépendamment des sentiments personnels de chacun, son énergie, sa clairvoyance, sa capacité d'écoute et de dialogue manquent à la vie politique. Pour Terra Nova, il n’est pas question d’oublier ce legs précieux. Il est urgent, plus que jamais, de continuer à tenir le rôle d’avant-garde intellectuelle et politique qu’avait su jouer Olivier.

Un an. Un an déjà qu’Olivier a décidé, treize jours seulement après son succès à l’arrachée dans sa circonscription des Bouches-du-Rhône, au terme d’une campagne exaltante et éreintante, de s’engager dans ce maudit footing. Non, ce n’était pas raisonnable. Mais, raisonnable, Olivier ne l’était guère et on l’aimait aussi pour cela.

Il nous manque, terriblement. Combien d’entre nous pensent à lui, toutes les semaines, tous les jours, en franchissant la porte de Terra Nova, en déambulant dans son cher 3e arrondissement, en longeant la Méditerranée… ou devant Saint-Sulpice ? Non, décidément, cela ne passe pas.

Olivier manque à Terra Nova. Le bureau et le Conseil d’administration ont fait front, aux côtés de Carole, notre présidente d’honneur ; toute l’équipe a été remarquable de constance et de fidélité, comme nos experts, les coordonnateurs des groupes de travail, nos adhérents et nos mécènes. Une nouvelle gouvernance a été définie et, pour préparer et prendre cette décision, nous n’avons cessé de nous demander si Olivier l’aurait approuvée. Nous en sommes convaincus, pleins d’idées et d’ambition pour le futur et tout à fait confiants en Terra Nova. C’est pour cela que les groupes d’experts ont continué à travailler, que les rapports et les notes se sont succédé, que des projets se forment maintenant. Il aurait été fier.

Olivier manque aussi à l’Assemblée, aux Bouches-du-Rhône et à Marseille, à la France, à l’Europe. Sa campagne, dans la 8e circonscription, a été exceptionnelle. Exceptionnelle d’engagement, de courage, d’écoute de chacun et de mobilisation citoyenne. Il a gagné ce qui était réputé injouable. Rien ne lui a été donné. Dans la sombre ambiance de l’année écoulée, après la joie de courte durée et empreinte de gravité qui a suivi les élections, il aurait été un acteur vigilant, soutien de l’action du Président de la République et du gouvernement bien sûr, mais toujours soucieux de regarder vers l’avant, sans renoncer à son exigence intellectuelle et politique. Il ne faut pas oublier combien Olivier a poussé pour que les pratiques politiques changent et pour que des sujets aussi fondamentaux que la jeunesse, la relance de l’Europe, les investissements d’avenir, le combat contre le bloc UMP-FN, la lutte pour l’égalité des droits et contre toutes les discriminations soient tout en haut de l’agenda politique. Le débat récent sur la nécessaire contribution des retraités aisés à la réforme en préparation résonne comme une nouvelle illustration de sa clairvoyance. Que n’a-t-on entendu, il y a trois ans, de la part des plus beaux esprits, lorsque notre rapport a été publié avec une proposition en ce sens ?

Si Olivier nous manque tant aujourd’hui, c’est surtout parce que, dans ce contexte de doute et d’angoisse, rares sont ceux qui, comme il le faisait sans relâche, tracent des perspectives, ouvrent des voies, sortent des sentiers battus. Comme au tennis ou sur les pistes de ski qu’il affectionnait, Olivier « lisait les trajectoires » et comprenait avant les autres les questions les plus complexes. Son indéfectible optimisme lui interdisait la résignation et le conformisme ; il le poussait à chercher des solutions, à traquer dans la moindre de ses lectures ou dans ses contacts, en particulier européens et internationaux, une piste, l’esquisse d’une solution. Nos politiques, nos amis dans les ministères ou au Parlement, le nez dans le guidon, auraient bien besoin d’un tel soutien exigeant.

Le rôle d’avant-garde intellectuelle et politique qu’Olivier a joué pendant ces années, nous nous devons de le perpétuer. Pour lui. Pour notre pays et pour l’Europe. Il ne nous manquera pas moins ; mais mon ami sera toujours là.

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