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L'Ecole face au défi des compétences et de la compétitivité

130 000 jeunes - un sur six - sortent aujourd'hui de l'Ecole sans diplôme. Seulement un quart des jeunes atteignent ou dépassent le niveau de la licence. Face aux défis posés par le développement de la base productive et de la compétitivité de notre pays, le service public de l'éducation, avec l'appui des entreprises et des collectivités territoriales, doit pouvoir réduire la proportion de jeunes sortant du système éducatif sans diplôme, et élever le niveau national d'éducation et de formation.

Synthèse

130 000 jeunes - un sur six - sortent aujourd'hui de l'Ecole sans diplôme. Seulement un quart des jeunes atteignent ou dépassent le niveau de la licence. Face aux défis posés par le développement de la base productive et de la compétitivité de notre pays, le service public de l'éducation, avec l'appui des entreprises et des collectivités territoriales, doit pouvoir réduire la proportion de jeunes sortant du système éducatif sans diplôme, et élever le niveau national d'éducation et de formation.

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La concertation sur la « refondation » de l’École, tout autant que les « Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche », se sont déroulées récemment sans que la question de la contribution du service public de l’éducation à la compétitivité de notre pays ait été évoquée, sauf à la marge. De même, les nombreux rapports dévolus à la « bataille  de la compétitivité » ne proposent aucune mesure concrète en matière d’éducation et de formation, à l’exception de celle qui consiste à développer l’apprentissage, dont l’apport pose question. Et pourtant, comment pourrait-on gagner cette bataille sans former les hommes et les femmes ayant le bon niveau de compétences nécessaire, sans que pour cela le système éducatif ait été mobilisé, et sans qu’il puisse davantage s’appuyer sur les collectivités territoriales et les entreprises ?

L’Education nationale est loin d’avoir gagné la bataille de l’égalité. L’ascenseur social est en panne. Il n’est pas acceptable que plus d’un million de jeunes soient confrontés à la précarité, ou encore que le quart des actifs de moins de 25 ans soient au chômage. Un plan d’action pour la jeunesse a été annoncé le 21 février par le Président de la République, pour que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’aujourd’hui. L’Ecole doit évidemment y prendre sa part.

Les entreprises constituent des acteurs de la formation. Mais tant dans le domaine de la formation professionnelle initiale – avec en particulier l’apprentissage – que dans celui de la formation continuée, l’entreprise et l’Education nationale tracent chacune leur chemin, en s’ignorant encore trop souvent, de sorte que les résultats sont rarement à la hauteur des moyens qui y sont consacrés. L’École ne réussira pourtant pas à mieux former sans l’appui des entreprises, tout comme les entreprises ne peuvent se passer de l’École. Secteur particulièrement crucial, l’industrie doit réapprendre à aimer l’École de la République, en même temps que la France doit se réconcilier avec son industrie, car elle ne peut faire l’économie d’une base productive.

Nous mettons en avant 16 propositions, simples et pratiques, pour que l’Ecole prenne toute sa part dans la bataille de la jeunesse et de la compétitivité.

Le baccalauréat professionnel : une réussite à amplifier

  • Proposition n°1 : ne plus distinguer les dénominations lycées professionnels d’un côté et lycées d’enseignement général et technologique de l’autre. Le lycée constitue le lieu où se prépare le baccalauréat.
  • Proposition n°2 : développer le volet « culture » dans le cursus conduisant au baccalauréat professionnel, par une initiation à la philosophie, par l’organisation de classes à projets culturels…
  • Proposition n°3 : conduire, d’ici cinq années, 200 000 jeunes au baccalauréat professionnel, cette croissance, de 60 000 environ, étant notamment assurée en développant les parcours en quatre années à l’issue du collège, parcours incluant l’acquisition d’un CAP.
  • Proposition n°4 : mieux accueillir les bacheliers professionnels en sections de techniciens supérieurs et de DUT, notamment sous forme de nouvelles pratiques d’accueil, et d’une formation initialement en biseaux, avec l’objectif de conduire, d’ici cinq ans, un quart des bacheliers professionnels jusqu’au BTS ou au DUT, sans pour autant porter atteinte au caractère professionnel de la formation qui les a conduits jusqu’au baccalauréat.

Refonder la licence professionnelle et le master 

  • Proposition n°5 : refonder la licence professionnelle sous forme d’un dispositif présentant une cohérence pédagogique portant sur l’ensemble des trois années de préparation, qu’elles soient constituées d’un cycle continu de trois ans conduisant à cette licence, ou qu’elles incluent le passage intermédiaire d’un BTS ou d’un DUT.
  • Proposition n°6 : conduire, d’ici cinq années, la moitié des bacheliers technologiques jusqu’à la licence professionnelle, dans le cadre aussi d’une refondation de la voie technologique, du lycée jusqu’à la licence.
  • Proposition n°7 : supprimer la distinction entre masters Recherche et masters professionnels, tous les masters devant présenter un caractère professionnel. Supprimer la barrière entre la première et la seconde année, avec l’objectif d’un doublement à terme du nombre de diplômés au niveau des masters.
  • Proposition n°8 : développer la formation par la recherche publique ou privée sous la forme d’une formation complémentaire d’une année post-master en alternance université – entreprise.

Une obligation économique et sociale : la réduction des sorties sans diplôme

  • Proposition n°9 : moderniser significativement le fonctionnement pédagogique du collège, dans la continuité de l’action entreprise à l’école primaire visant à mieux assurer les apprentissages de base. Prendre des dispositions temporaires en dernière année du collège et à l’entrée en formation professionnelle initiale, le temps que les effets attendus des mesures prises au niveau de l’école primaire, puis au collège, aient produits leurs effets.
  • Proposition n°10 : rapprocher l’offre de formation professionnelle de la demande, tant des élèves et de leurs familles que des besoins réels de l’économie, notamment en ajustant l’offre des formations conduisant au CAP.
  • Proposition n°11 : conduire une évaluation objective et neutre des atouts et des faiblesses de l’ensemble des dispositifs de formation professionnelle et d’apprentissage, en termes d’efficacité pédagogique, économique et sociale.
  • Proposition n°12 : mettre en place un crédit individuel de formation tout au long de la vie, d’autant plus important que le niveau du dernier diplôme obtenu est plus faible.

Prendre appui sur le territorial

  • Proposition n°13 : suivre les parcours des élèves de l’entrée à la sortie du système éducatif et lors des premières années de la vie professionnelle au niveau des « bassins de vie » ou du regroupement de bassins de vie, suivant la cartographie développée par l’INSEE, afin notamment de permettre d’accroître la cohérence des actions de l’Education nationale, des collectivités territoriales et des associations, ainsi que leur efficacité. Ces bassins de vie, bassins d’analyse et non de gestion, peuvent utilement nourrir la compétence des regroupements territoriaux.
  • Proposition n°14 : attribuer le statut de collecteur de la taxe d’apprentissage à la Région, avec un taux réduit pour les entreprises choisissant cette procédure, afin de partager les bénéfices de cette cohérence accrue. L’État demeurant garant du caractère national des diplômes et du statut des personnels enseignants, la Région devra assurer la coordination territoriale des actions liées à l’enseignement et à la formation professionnelle, initiale ou continuée, sous statut scolaire ou sous statut d’apprenti.
  • Proposition n°15 : instaurer dans tous les lycées où il y a de la formation professionnelle, mais aussi auprès des établissements d’enseignement supérieur, à côté de leurs conseils d’administration, des conseils d’orientation associant les entreprises, notamment locales et régionales, à la construction de leurs projets d’établissement. Réanimer en parallèle, dans chaque académie, les comités Éducation – Économie, créés en 1985, afin d’assister les responsables académiques dans l’exercice de leurs responsabilités.
  • Proposition n°16 : développer des politiques de sites pour l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation et le développement économique, sans pour autant qu’il soit nécessaire de créer un établissement pour assurer cette fonction. Cette politique de site devrait toucher non seulement la carte des formations, la recherche, le transfert technologique, mais aussi la diffusion de la culture scientifique, technique, économique et industrielle.
     
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