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La transition énergétique allemande

Engagée depuis les années 2000, la transition énergétique allemande n'échappe ni aux débats ni aux critiques. Terra Nova en interroge la soutenabilité économique, environnementale et sociale. Six propositions se dessinent alors, visant à favoriser les perspectives de coopérations entre la France et l'Allemagne, à harmoniser les politiques publiques et à contribuer à l'émergence d'une politique industrielle commune apte à éviter à la fois une compétition destructrice entre Etats membres et à soutenir une politique énergétique et climatique ambitieuse.

Synthèse

Le bilan de la transition énergétique allemande divise en Allemagne comme en France. Engagée depuis le début des années 2000, l’Energiewende se traduit par un double objectif : baisse volontariste des émissions de gaz à effet de serre et sortie du nucléaire. Ce dernier objectif repoussé une première fois avec l’arrivée au pouvoir de la coalition CDU-FDP a été réaffirmé après l’accident de Fukushima pour une sortie définitive d’ici 2022.

La nouvelle coalition CDU-SPD n’a pas remis en cause cet objectif, mais alors que les attaques contre l’Energiewende se multiplient, le vice-chancelier en charge de l’énergie Sigmar Gabriel a déclaré en avril que la complexité de la transition énergétique avait été sous-estimée et qu’elle risquait l’échec. Ces propos largement relayés en France doivent être remis en perspective. Des défaillances dans la mise en œuvre de l’Energiewende allemande sont effectivement à déplorer ; en contrepartie des bénéfices réels ont été constatés, mais sans que les fruits de la transition énergétique aient profité à tous, loin de là. Le nouveau gouvernement a engagé une réforme en s’attaquant d’abord au soutien aux énergies renouvelables et prévoit de renforcer les politiques d’efficacité énergétique. Cependant ni l’objectif de sortie du nucléaire, ni celui de baisser les émissions de GES gaz à effet de serre (GES) de 40 % d’ici 2020 par rapport à 1990 n’ont été abandonnés.

Si l’on peut espérer que l’Allemagne tire les leçons des erreurs passées pour améliorer la conduite de sa politique, il apparaît aussi nécessaire que cette transition énergétique soit pilotée dans un cadre partenarial avec ses voisins européens. Dans cette perspective, le partenariat franco-allemand doit être comme sur d’autres sujets le moteur pour dessiner une trajectoire énergétique européenne sur laquelle pourront s’adosser des partenariats ambitieux en faveur de la recherche et de l’innovation. Des politiques publiques communes doivent être engagées, chaque pays pouvant s’inspirer des meilleures pratiques de l’autre. La France peut ainsi prendre exemple sur le modèle de rénovation énergétique promue par la KfW  et par les collectivités territoriales allemandes ainsi que sur les dispositifs participatifs de financement des énergies renouvelables. Enfin la France et l’Allemagne doivent mener dès maintenant une action pour fixer un prix plancher sur le marché des quotas carbone qui permettra de réduire progressivement la part de la production électrique à base de charbons. Cette action doit s’inscrire dans le cadre d’une politique industrielle commune afin d’accompagner les différents secteurs industriels dans la voie de la transition écologique.
 

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