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Pour une politique de santé publique de l'enfant et de l'adolescent

En matière de santé et de bien-être de l'enfant, la France ne figure plus parmi les pays les mieux classés. Les inégalités de santé persistent et s'aggravent. Les nouvelles problématiques telles que les pathologies chroniques, les allergies, l'obésité ou la santé mentale sont insuffisamment prises en compte, et révèlent les limites du système de santé actuel. Dans cette note, Jean-Marie Le Guen, député et médecin, se prononce en faveur d'une réelle politique de santé de l'enfant, intégrant l'apport des sciences médicales et sociales. Il préconise de faire évoluer les structures existantes, en intégrant une dimension santé au service public de la petite enfance, en modernisant et valorisant l'offre de soins primaires.

Synthèse

SYNTHÈSE

  La France est mal classée en matière de santé de l’enfant. Selon l’UNICEF, elle est 13ème en matière de bien être général des enfants sur 25 pays de l’OCDE. Elle est même 18ème pour ce qui concerne le bien être éducationnel.   Plusieurs indicateurs montrent que les conditions de vie générale d’un nombre croissant d’enfants se détériorent : environ 2 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté ; la maltraitance, qui touche toutes les classes sociales, reste un phénomène répandu et insuffisamment pris en compte ; les adolescents français font partie des jeunes d’Europe les plus enclins à adopter des comportements à risque.   Au cours du 20ème siècle, les progrès scientifiques, en particulier ceux de la médecine, nous ont donné les moyens de lutter efficacement contre la mortalité d’origine infectieuse et dans le domaine de la périnatalité. Néanmoins, la santé ne se résume pas au « silence des organes », selon la formule de Paul Valéry : il ne s’agit pas d’un état fixe défini par l’absence de pathologie mais de l’entretien et de l’amélioration d’un capital santé, sur lequel il est possible d’agir. Un ensemble de facteurs y concourent : la lutte contre les maladies infectieuses bien sûr, mais aussi les aspects comportementaux, le contexte familial (affectif et socio-économique) ainsi que les conditions sociétales et environnementales.   Le système socio-sanitaire français en matière de santé des enfants repose sur quatre piliers : la Protection Maternelle et Infantile, la Santé scolaire, les pédiatries hospitalière et libérale. Il reste aujourd’hui principalement orienté vers les périodes dites de vulnérabilité : grossesse, naissance et petite enfance et, dans une moindre mesure, l’adolescence, à travers le prisme déformant des comportements à risques.   Cette approche montre ses limites et ne permet pas de répondre aux évolutions des problématiques de santé : les accidents de la vie courante restent la première cause de mortalité avant 15 ans, les pathologies chroniques sont de plus en plus fréquentes et potentiellement très pénalisantes tout au long de la vie, les troubles des apprentissages et les troubles mentaux constituent autant de freins à l’insertion sociale puis professionnelle.   En d’autres termes, nous développons mal le capital santé de nos enfants. Face à ce constat, l’Etat doit retrouver un rôle moteur pour engager la réorientation de la médecine de l’enfant vers une prise en charge intégrant une dimension préventive et globale de la santé.   Souhaitable pour lui-même, un effort massif de promotion de la santé durable de l’enfant permettrait de surcroît d’apporter une réponse au développement de la violence, des enfants comme des adultes, et contribuerait au renforcement de la compétitivité économique de la France, par une amélioration qualitative de la main d’œuvre, en meilleure santé, profitant d’une meilleure qualité de vie et mieux formée.   La base d’une politique de santé durable se fonde sur une approche globale entre comportements des individus et environnements dans lesquels ils évoluent. L’enfance est une période d’autant plus complexe qu’elle dépend d’un milieu d’origine sur lequel l’acteur principal a peu de moyens d’agir au départ. L’Etat doit reconnaître et se réapproprier la responsabilité qu’il a de protéger et de préserver la santé des enfants, quel que soit leur milieu de vie.   Il ne suffit pas de procurer du soin aux enfants atteints de pathologies : il faut construire à l’intention des enfants une politique globale intégrant l’apport des sciences médicales et sociales et structurant « de véritables trajectoires de développement ».   Nos préconisations portent sur les actions à développer dans différents domaines et sur l’évolution des structures existantes. La prévention doit enfin être considérée comme une entité à part entière et bénéficier des outils, connaissances et pratiques adaptés avec des objectifs clairs. Le système de soins doit se rendre visible et lisible pour toutes les familles et permettre une prise en charge optimale de chaque enfant. Le repérage et l’accompagnement des enfants en situation de vulnérabilité sont une partie intégrante de la politique de santé publique pour l’enfant. L’Etat est un acteur principal dans la mise en œuvre de cette politique par le pilotage et les moyens à investir dans le potentiel santé de chacun.   Les structures existantes ne répondent plus aux besoins actuels. Il ne s’agit pas de tout reconstruire mais bien de s’appuyer sur elles et de les faire évoluer. Ainsi, le service public de la petite enfance pourrait intégrer une dimension santé et constituer une porte d’entrée vers le système de soins.   Dans ce cadre, nos deux principales propositions sont :   - l’extension de la Protection Maternelle et Infantile jusqu'à 12 ans - la prise en charge à 100% pour les enfants des familles les plus modestes.  

Les services publics de médecine préventive ont vocation à jouer un rôle prédominant dans l’offre de soins primaires en pédiatrie. Enfin, les facultés qui forment les professionnels de santé initialement et en continue ont le devoir de se saisir des problématiques actuelles posées par la santé de l’enfant actuellement et de développer la recherche.

 

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