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Après la COP21, mobiliser la finance pour la croissance soutenable

La régulation de la finance est souvent pensée pour ses vertus de stabilisation d’un système dont les dysfonctionnements sont toujours susceptibles d’affecter en retour l’économie réelle. Dans cette note, l’économiste Michel Aglietta montre que cette régulation est également profitable au financement de la transition écologique, elle-même amorce d’un potentiel nouveau régime de croissance.

Synthèse

La situation de l’économie mondiale est de plus en plus inquiétante. Dans sa dernière mise à jour de février 2016 l’OCDE tire la sonnette d’alarme. Les maux sont bien connus, mais ils s’aggravent et se généralisent : demande anémique, investissement atone et risques d’instabilité financière accentués par le retour de la fragilité bancaire et de la volatilité des marchés. Dans les pays occidentaux, particulièrement en Europe, la responsabilité est bien connue ; c’est la tétanisation des pouvoirs publics devant les politiques exceptionnelles qu’il faudrait mener dans une situation durable de paralysie des ressorts spontanés des économies.

Les gouvernements se sont défaussés sur les banques centrales depuis trop longtemps, de sorte que les efforts remarquables de ces dernières pour éviter la déflation ont commencé à entraîner des effets pervers. La concomitance des politiques d’achats d’actifs financiers et de l’instauration de taux négatifs sur les réserves bancaires a poussé les taux obligataires à devenir négatifs sur un bon quart des encours mondiaux. Une détérioration sournoise des situations financières s’ensuit pour les banques et les investisseurs institutionnels sur leurs passifs garantis. En conséquence, l’aversion pour le risque se conjugue aux anticipations pessimistes de disparition de l’inflation pour mettre les projets d’investissement en sommeil.

Ce glissement vers la récession parait d’autant plus hallucinant que les gouvernements sortent de la COP21, où ils ont proclamé des intentions dont la réalisation requiert des investissements très ambitieux. Les résultats de la COP21 ont l’avantage de donner une cohérence et une visée de long terme à ces propositions en même temps qu’une justification incontestable de leur urgence. C’est cette cohérence que l’on explicite dans cette note.

En Europe il faut à la fois de lourds investissements d’infrastructure allant au-delà des intentions du plan Juncker et un entraînement sur une myriade d’investissements d’efficacité énergétique et de préservation de l’environnement dans le secteur privé. L’UE doit donc spécifier quantitativement l’objectif d’abattement de CO2eq pour les 5 prochaines années et les gouvernements contribuer à cet objectif en apportant une garantie financière aux investissements dont les résultats ont été certifiés.

L’UE doit pour cela instituer une valeur sociale du carbone suffisante pour combler l’écart entre le rendement social d’investissements bas carbone et le rendement pour l’entreprise. Les gouvernements doivent établir des agences indépendantes de certification qui délivreront des certificats-carbone aux entreprises de valeur proportionnelle aux volumes de carbone abattus. Les entreprises transmettront à leurs prêteurs ces certificats en remboursement de leurs prêts. La mobilisation de ces actifs financiers par les prêteurs requiert une titrisation organisée par les banques publiques de développement, créant soit des titres simples que les prêteurs pourront porter au refinancement de la banque centrale, soit des crédits structurés dont les tranches senior seront acquises par les investisseurs financiers responsables en manque d’actifs longs et sûrs.

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