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Après le Brexit : quel destin pour l'Union et pour Paris ?

Quelles initiatives possibles pour la France et pour l'Union européenne suite au Brexit ? Cette note d'Abdeldjellil Bouzidi apporte des premiers éléments de réponse.

Synthèse

Les Britanniques se sont donc exprimés pour une sortie de l’Europe ! Cette faute historique contre leurs propres intérêts et ceux de l’Union n’est pas anodine. Les Européens en mesureront les effets dans les prochains mois.

Dans l’immédiat, une fenêtre d’opportunité s’ouvre avec le Brexit pour repenser la place de Paris dans la finance européenne et mondiale. Mais le temps presse. Si nous n’agissons pas rapidement, les capitales de la Zone euro s’opposeront les unes aux autres et un risque de fragmentation des activités financières affaiblira durablement notre position qui est déjà passablement dégradée.

La première priorité est de mettre tout de suite en place au niveau monétaire les dispositions les plus impératives : un mécanisme de fourniture de liquidités en urgence et des interventions directes sur les devises par la Banque centrale européenne (BCE). Une réaction d’urgence de la BCE est également attendue lors de sa réunion de juillet.

La seconde est de rapatrier dans la Zone euro toute les activités financières stratégiques installées désormais indûment à Londres, par exemple les chambres de compensation en euros, tout en déclinant une stratégie de promotion ambitieuse au profit de la place de Paris visant à la repositionner comme le centre d’excellence mondial du capital patient et du financement de « l’économie réelle » : financement des entrepreneurs et des créateurs d'entreprises, fonds d'infrastructures et de financement des transitions énergétiques, fonds investis à moyen et long terme dans le capital d'entreprises non cotées, holdings de détention des participations stratégiques des grands groupes, « fintech » et places de marché permettant de financer les émissions d'actions et d'obligations de petites et moyennes entreprises. La BCE a déjà prévenu que la question de la localisation du marché de l'Euro à Londres se poserait. Au-delà d'une stratégie pour réorienter la finance au service de l'économie réelle et le long terme, il s'agit aussi de mieux imposer des règles du jeu enfin homogènes et cohérentes entre établissements financiers européens sur les terrains de la réglementation et de la fiscalité.

Beaucoup dépendra des accords bilatéraux mis en place entre l'Europe et le Royaume-Uni après que Londres aura déclenché la procédure de retrait. L'Union européenne devra en particulier être intransigeante, dans ses négociations avec les Britanniques, sur les deux principes qui forment le cœur de son identité : 1/ notre marché unique n’est pas seulement un espace de libre-échange, mais aussi un ensemble de régulations communes, 2/ la liberté de circulation ne vaut pas seulement pour les biens et les capitaux, mais aussi pour les personnes. L’avenir de notre  idée de l’Europe  se joue dans cette négociation.

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