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Autonomie des universités : il faut passer aux travaux pratiques

Adoptée en juillet, la loi Enseignement supérieur et recherche clôt une année de houleux débats. Au-delà des critiques qu'on peut lui adresser, le texte fixe le cadre des transformations à venir des universités, entre collégialité et capacité gestionnaire.

Synthèse

C'est à présent dans la pratique que le changement va prendre corps, et c'est à cette aune que sera appréciée la politique initiée par la nouvelle loi. En particulier, l'approfondissement du mouvement vers l'autonomie, en le rendant plus collectif, l'organisation de l'enseignement supérieur et de la recherche au niveau du territoire et la reconstruction de l'offre de formation sont des enjeux majeurs : tout progrès en la matière dépendra de la façon dont les acteurs sauront se saisir de la loi.

C'est une particularité française que de douter de ses universités et de se méfier de ses universitaires. C'est pourquoi le gouvernement a estimé politiquement indispensable le vote d'une nouvelle loi, et c'était indispensable pour rectifier certains aspects de la loi précédente. Espérons maintenant ne pas voir se ré-aiguiser de sitôt l’appétit législatif, tant l'épisode qui vient de se terminer et qui a mobilisé les acteurs de terrain, le ministère et le Parlement pendant des mois a épuisé les énergies : le texte auquel il a abouti ne compte pas moins de 88 pages, allant jusqu'à un niveau de détail qui paraît extravagant. L'image des universités ne sort en effet pas grandie de ces débats qui ont évité les questions cruciales de moyens et de cohérence des parcours, que Terra Nova avait mises en avant. Ils se sont trop souvent contentés d’effets de manche (sur l'interdiction de parler anglais ailleurs qu'en cours d'anglais, par exemple), de bonne conscience (sur l'obligation d'accueil indifférencié des bacheliers les moins préparés avec la conséquence inévitable d'inciter les autres à fuir les licences universitaires) et de corporatisme (sur le maintien de la qualification des enseignants par le CNU[2] au prétexte d'éviter le recrutement de mauvais docteurs, comme si la qualification par le CNU avait jamais empêché de fort mauvais recrutements).

Pour autant, une loi ne fait ni le printemps, ni l'hiver : ce sont maintenant les pratiques qui vont compter pour développer en actes l'autonomie des universités. Ce sont les pratiques qui permettront d'amplifier ou d'éteindre les dynamiques engagées depuis trente ans. Bien des problèmes demeurent, et en premier lieu ceux qui résultent de la segmentation de notre système d'enseignement supérieur et de recherche entre universités et grandes écoles d'un côté, entre établissements d'enseignement et organismes de recherche de l'autre. On attend :

  • du ministère des messages clairs, et des actes, y compris sur le plan financier, malgré le contexte général très défavorable ;
  • des universités qu'elles sauront se saisir des opportunités ouvertes par la loi, mettre en place un système de gouvernement qui inspire la confiance de la communauté universitaire, en plaçant à leur tête des universitaires reconnus épaulés par des administrations performantes, et enfin s'attacher à recruter les meilleurs talents ;
  • et enfin des universitaires, qui ont été la force motrice des récentes évolutions, mais dont on peut craindre le découragement, qu'au contraire ils s'engagent avec audace.

C'est en tout cas à l'aune de la mise en pratique que Terra Nova entend apprécier la politique menée en matière d'ESR.
 

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