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Co-bénéfices environnementaux et sanitaires de l’action publique : "it’s (also) the economy, stupid !"

La tentation pourrait être forte, au moment d'élaborer et de mettre en œuvre la sortie de crise sanitaire, de privilégier la prise en compte des effets économiques directement observables, sans autre considération, comme ce fut le cas après la crise de 2008. Or elle devrait être soumise à un cahier des charges élargi qui valorise les « co-bénéfices » économiques-environnementaux-sanitaires de l’action publique. Ceux-ci peuvent produire des effets économiques directs, de la création d’emplois à la réduction de la pollution de l’air par exemple, si chaque euro est investi intelligemment. C’est ce que proposent Terra Nova et I4CE (l’Institut de l’économie pour le climat) dans cette note, qui détaille la valeur ajoutée de cette stratégie dans le plan de relance qui vient. Le débat collectif sur le Green Deal est aussi plus encore qu’avant la pandémie, crucial pour l’Union européenne. Et, si la France veut concourir à rehausser les ambitions de ce pacte, elle devra faire la preuve de sa cohérence, en élaborant une stratégie nationale optimisant ces co-bénéfices.

Synthèse

Histoire ou légende, le slogan « it’s the economy, stupid ! » aurait porté Bill Clinton au pouvoir en 1992, marquant le primat des urgences économiques dans le choix des électeurs en temps de crise. Au-delà du confinement imposé par le Covid-19, la tentation pourrait être forte, au moment d'élaborer et de mettre en œuvre la sortie de crise, de privilégier la prise en compte des effets économiques directement observables, sans autre considération, comme ce fut le cas après la crise de 2008. Nous montrons ici qu’une politique de sortie de crise doit être soumise à un cahier des charges élargi qui valorise les «  co-bénéfices  » économiques-environnementaux-sanitaires de l’action publique. Entre autres exemples, des mesures de transport décarboné (du vélo au fret ferroviaire) produiront des effets économiques directs (emplois, valeur ajoutée dans les filières impliquées), environnementaux (réduction de pollutions de l’air qui coûtent à la France environ 50 Milliards/an, atténuation des émissions de gaz à effet de serre) et sanitaires (ces mêmes pollutions tuent 50 000 personnes/an, et fragilisent certaines populations face à des pandémies).

Ce faisant, il s’agira de répondre à une «  demande sociale  »  : ainsi que le soulignait récemment Emmanuel Macron, au sortir de la crise sanitaire « les gens ne supporteront plus de respirer un air pollué  ».  Et, comme entre le déclenchement de la crise des « subprimes » en 2008 et la sortie de la phase d’urgence de la crise Covid-19, la dette française aura augmenté de 50 % du PIB, réduisant les marges de manœuvre budgétaires des pouvoirs publics, valoriser tous les co-bénéfices de l’action n’est plus une simple option, mais un impératif : « It’s (also) the economy, stupid ! ». 
 

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