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Du sommet défense aux élections européennes : quel avenir pour la politique de sécurité?

Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles les 19 et 20 décembre pour parler défense. C’est une petite victoire en soi, car la question – l’avenir de la politique de sécurité et de défense commune, ou « PSDC » de son acronyme bruxellois – n’a plus été abordée depuis l’orée de la crise économique et financière. C’était en 2008, sous présidence française de l’Union européenne. Quels sont les enjeux de cette rencontre au plus haut niveau politique européen ?

Synthèse

Il y a dix ans, les ambitions de l’Union européenne sur la scène mondiale étaient au beau fixe. L’UE avait consigné dans un document un ensemble de principes d’action pour son action extérieure – document au bas duquel auquel tous les dirigeants européens apposaient leur signature. Un peu moins qu’une stratégie, un peu plus qu’un chapelet de lignes directrices, la Stratégie européenne de sécurité de 2003 expliquait comment l’Union comptait se comporter sur la scène extérieure. La question de savoir en vue de quoi elle agissait – et donc des fins de sa politique étrangère – était largement laissée en suspens, mais se concrétiserait naturellement avec les années, les opérations conjointes et les programmes d’équipement communs aidant. C’est que la première force expéditionnaire européenne quittait en 2003 le continent sous bannière commune. Et que l’UE s’était dotée d’une agence susceptible de coordonner les besoins des pays membres en matière de capacités de défense. L’Agence européenne de défense supervisait alors une kyrielle de projets d’armement collectifs et ambitieux (avions, satellites et hélicoptères en particulier), qui faisaient tourner les lignes de production industrielles en Europe.

Une décennie plus tard, l’horizon s’est brutalement assombri. Le projet collectif européen en matière de politique étrangère et de défense s’est abimé dans les préoccupations à court-terme des pays membres, et le réflexe de repli national et identitaire de leurs citoyens. L’austérité pèse de tout son poids sur les budgets militaires, qui servent de variable d’ajustement. Les Etats-Unis infléchissent leur politique étrangère à mesure que le centre de gravité stratégique, politique et économique de la planète migre vers le Pacifique. Ils ne sont plus disposés à demeurer la police d’assurance des européens en matière de défense, et réclament un partage plus équilibré du fardeau. Les mille bouleversements de l’environnement international lors de la dernière décennie ont pu contribuer à faire perdre à l’Union européenne le sens de son projet collectif. Elle navigue aujourd’hui à vue dans ce que Nicole Gnesotto appelle un « brouillard stratégique ». N’est-il pas temps d’en sortir ?

Cette note de Terra Nova plaide pour qu’un travail de plaidoyer et de pédagogie soit entrepris en aval du Conseil européen et en amont des élections européennes. Les chefs d’états et de gouvernement doivent en poser les bases à Bruxelles en amorçant un vrai débat de fond, en s’assurant qu’il ne disparaisse pas avec le sommet, et sans refuser de poser les questions qui fâchent ou de s’en approprier les enjeux collectifs. Elle met enfin l’accent sur les projets de coopération concrets qui sont susceptibles de mobiliser l’attention des décideurs et de répondre aux besoins et aux attentes des citoyens européens : les drones, les moyens de la sécurité territoriale (aérienne et maritime) et la cyberdéfense.

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