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Excellence sportive : améliorer les conditions de vie des sportifs de haut niveau

Malgré le prestige et la mise en lumière dont ils bénéficient tous les quatre ans lors des Jeux Olympiques, les sportifs de haut niveau, bien loin de l'image du sportif professionnel multimillionnaire, sont fréquemment dans des situations économiques et sociales précaires : près d'un sportif de haut niveau sur deux, entre 20 et 27 ans, gagne moins de 500 euros par mois.

Synthèse

Dans cette note, Laurence Manfredi, ancienne internationale d'athlétisme, et Arnaud Flanquart proposent de faire évoluer le statut du sportif de haut niveau, pour lui permettre de toucher des revenus stables et suffisants pour bénéficier d'une protection sociale, et pour faciliter sa reconversion en fin de carrière. En permettant à ses sportifs de préparer sereinement les grandes échéances internationales, la France pourra prétendre à son statut de grande puissance sportive.

Dans un récent rapport consacré aux politiques publiques du sport[1], la Cour des comptes estime qu’il y a trop de sportifs inscrits sur les listes de haut niveau et qu’il faut renforcer la sélectivité de ces listes. Si le niveau de sélectivité pour l’inscription sur les listes de haut niveau peut être questionné, en réalité, là n’est pas le problème. Le véritable problème du haut niveau est la faiblesse du statut juridique, économique et social des sportifs, qui ont des conditions de vie bien souvent difficiles, pendant leur carrière mais aussi après. 

L’année sportive 2012 aura été marquée par les Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres. Pour les spectateurs et téléspectateurs, c’est un spectacle sportif de quelques semaines. Pour les sportifs qui y ont pris part et tous ceux qui s’y sont préparés, les Jeux constituent l’aboutissement d’un cycle de préparation de quatre ans. Quatre ans de travail, pour quelques dizaines de minutes de compétition mises en lumière par les médias, avant de retomber dans l’anonymat, jusqu’à la prochaine grande compétition internationale.

Les JO ne sont pas seulement un événement, ils dépassent le monde sportif. Ils portent une charge symbolique forte. Ils participent au rayonnement international de toute une nation et contribuent à véhiculer les valeurs sportives.

C’est cette dimension symbolique du sport et plus particulièrement du sport de haut niveau qui justifie – entre autres – la nécessité de mener une politique en sa faveur et d’accompagner les sportifs tout au long de leur préparation. Les sportifs français sont des ambassadeurs de leur pays – ils participent au rayonnement de la France - mais des ambassadeurs bien mal considérés.

En effet, les sportifs de haut niveau qui brillent lors des compétitions internationales ne ressemblent en rien aux sportifs professionnels multimillionnaires qui font quotidiennement la une des médias. Ils vivent bien souvent dans des conditions matérielles et sociales précaires. Quatre sportifs de haut-niveau sur dix, âgés de 20 à 27 ans, gagnent moins de 500€ par mois.

En l’absence de revenu stable, beaucoup d’entre eux ont une couverture économique, juridique et sociale lacunaire. La carrière sportive est courte, dix ans en moyenne. Il y a une vie après le sport, mais celle-ci n’est pas aisée à préparer lorsque l’on s’entraîne 6 à 8 heures par jour. La reconversion des sportifs de haut niveau est complexe et les difficultés nombreuses.

Cette situation est-elle digne d’une nation qui ambitionne de rayonner au plan mondial grâce au sport ? Nous ne le croyons pas. Si la France veut assumer son statut de grande puissance sportive, elle doit se doter d’outils permettant aux sportifs de haut niveau de préparer sereinement les grandes échéances internationales.

C’est pour cela que nous proposons l’évolution du statut du sportif de haut niveau, permettant d’avoir des revenus stables et dignes, offrant une protection sociale (chômage, maladie) et facilitant la reconversion des athlètes en fin de carrière.

Dans un contexte budgétaire contraint, l’évolution de ce statut doit se faire à moyens constants et la réforme que nous proposons peut être aisément financée, notamment par un renforcement du niveau de sélectivité des listes de haut niveau pour attribuer ce statut uniquement aux athlètes en mesure de rayonner dans les compétitions de référence sur le plan international. 

La question relève donc moins d'un problème de financement que de volonté politique, alors même que le président de la République s’est engagé pendant la campagne présidentielle à « renforcer le statut des sportifs de haut niveau en élargissant leurs droits sociaux, leurs droits en matière de formation et d'insertion professionnelle »[2].

[1] Code du sport : articles R.221-1 à R.221-16
[2] Décret n° 2002-707 du 29 avril 2002 pris pour l'application de l'article 26 de la loi n° 84-610 du 16 juillet 1984 et relatif au sport de haut niveau

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