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Il n’y a pas de « Brexit » heureux

Cette note de Terra Nova montre en quoi l'exemple du Brexit ne peut pas être mobilisé pour rassurer sur les conséquences d'une éventuelle sortie de la France de l'Union européenne.

Synthèse

Les partisans de Marine Le Pen répètent à l'envi qu'on ne devrait pas redouter une sortie de l'Union européenne (UE) : « Regardez les Britanniques, disent-ils en substance. Ils sont sortis de l'Union européenne et leur économie est florissante ! » Malheureusement pour les amis de Madame Le Pen, la vérité risque d'être très différente. Pour au moins quatre raisons.

La première est que... le Brexit n'a pas (encore) eu lieu ! Certes, la décision démocratique en a été prise, mais sa mise en œuvre est loin d'avoir commencé : l'activation de l'article 50 du Traité de Lisbonne n'est effective que depuis le 29 mars 2017, date à partir de laquelle les négociations de séparation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne se sont engagées. Celles-ci doivent ensuite être conclues dans les deux ans qui suivent, un calendrier qui paraît d'ailleurs très optimiste à tous les négociateurs. Autrement dit, quoi qu'en pense Madame Le Pen, les Britanniques jouissent toujours actuellement des accords commerciaux négociés au nom de l'Union ; leurs entreprises financières peuvent toujours servir de plaque tournante à une large part de la circulation des capitaux dans l'ensemble européen ; leurs centres de recherche et leurs universités peuvent toujours bénéficier des budgets communautaires pour financer leurs programmes et accueillir de nombreux chercheurs européens ; etc.

La seconde est que la bonne santé apparente de l'économie britannique repose en grande partie sur la consommation des ménages dont le dynamisme est dopé par une explosion de l'endettement privé et se heurte désormais à une nette accélération de l'inflation. Par ailleurs, l'investissement des entreprises faiblit de façon sensible et les investisseurs étrangers commencent à perdre confiance.

La troisième raison est que la perspective du Brexit rouvre des discussions douloureuses sur l'unité du royaume et son intégrité territoriale. Le gouvernement écossais a déjà fait part de son désir d'organiser un nouveau referendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Des mouvements sécessionnistes pourraient également se faire jour en Irlande du Nord si le problème de la frontière entre les deux Irlande n'est pas réglé rapidement, accélérant du même coup un processus d'unification de l'Irlande autour de l'Irlande du Nord.

La quatrième raison, enfin, est que la comparaison avec le Royaume-Uni a d'évidentes limites : contrairement à la France, le Royaume-Uni n'appartient pas à la zone euro. Le Brexit ne se traduira donc pas par un changement de monnaie, à l'inverse d'un Frexit qui pousserait l'Hexagone et sans doute avec lui l'ensemble de la zone euro dans une cascade de déséquilibres incontrôlables.

Explications...

 

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