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L’allocation sociale unique : la solidarité au rabais de François Fillon

Dogmatique, passéiste, punitive, la proposition d'Allocation sociale unique par François Fillon apparaît de plus peu assurée d’un point de vue technique, et ses contours demeurent particulièrement flous. Le coût social de la mesure n’aurait d’égal que le coup porté à la solidarité nationale.

Synthèse

Le thème de l’avenir du travail a été l’un des axes de la campagne présidentielle mais les enjeux de solidarité ont été peu abordés. Il est pourtant instructif de se pencher sur les propositions des candidats dans ce domaine : c’est tout particulièrement le cas pour François Fillon, qui revendique la « radicalité » du projet qu’il porte pour « sortir le pays de l’ornière ». Comment cette radicalité trouve-t-elle à s’illustrer en matière de politiques sociales ?

Le candidat « de la droite et du centre » focalise son propos sur la création d’une « allocation sociale unique ». En une demi-page dans son document programmatique[1] (p. 44), il dessine à grands traits ce que serait cette nouvelle mesure, manifestement inspirée des travaux de l’IFRAP[2]. Il s’agit, dans l’optique de « rendre les aides plus efficaces », de :

  • « regrouper plusieurs aides en une allocation unique : RSA, ASS, prime d’activité ainsi qu’allocation logement. Le montant maximal sera strictement plafonné afin que les revenus du travail soient toujours supérieurs à ceux de l’assistance »,
  • « lier le versement de l’allocation sociale unique à un engagement individuel à se former et à rechercher un emploi. En cas d’efforts insuffisants, l’allocation sera diminuée et suspendue en cas de récidive ».

Au chapitre « solidarité et lutte contre la pauvreté »[3], le candidat précise que la finalité de la création de l’ASU est de rendre « plus simple, plus juste et plus efficace le système des minima sociaux ».

La recherche proclamée de plus de simplicité et d’équité est-elle compatible avec la radicalité que vante le candidat ? En réalité, sous une apparence de bon sens, la proposition d’ASU présente un risque très lourd de régression sociale et pourrait conduire à des situations inéquitables. De plus, l’efficacité même de la mesure est sujette à la plus expresse caution. Enfin, s’il n’est à aucun moment étayé par des chiffres ou des cas-types, le projet s’adosse à une armature philosophique qui conjugue vision passéiste et dogmatique de la solidarité, et libéralisme brutal. En fait de justice sociale, c’est une proposition dogmatique qui se fait jour, appuyée sur une vision datée et profondément injuste de la solidarité.

 

Pour lire la suite, merci de télécharger la note.


[1] p. 44.

[2] « Pour une allocation sociale unique », Société civile, le mensuel de la Fondation IFRAP, mars 2016. Le projet d’ASU de François Fillon s’inspire de cette proposition, mais s’en distingue notamment par le champ de la fusion proposée. Ainsi, l’IFRAP entendait fusionner « 47 aides sous condition de ressources ».

[3] p. 45.

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