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Nouveaux enjeux pour les marchés de gros de l’électricité

Dans le contexte du débat sur la loi sur la transition énergétique, Terra Nova publie une étude s'interrogeant plus spécifiquement sur les nouveaux enjeux du marché de gros de l'électricité en Europe.

Synthèse

La transition énergétique européenne ne pourra se faire sans des investissements considérables dans de nouveaux moyens de production d’électricité, tant pour assurer le remplacement des centrales existantes en fin de vie que pour permettre la réduction des émissions de CO2. Les marchés de gros européens ne semblent cependant pas en mesure de fournir les signaux nécessaires, confrontés à la conjonction de trois phénomènes : la baisse de la demande sous l’effet de la crise économique, l’inversion de l’ordre de priorité économique entre le gaz et le charbon pour la production d’électricité et un développement significatif des énergies renouvelables. L’Europe fait ainsi face à une situation de surcapacités et de prix de marchés bas, entraînant, faute de rentabilité, la fermeture de centrales qui pourraient pourtant être nécessaires à la sécurité d’approvisionnement à moyen terme.

Il est donc aujourd’hui nécessaire de réinterroger les rôles respectifs des marchés et de l’intervention publique, sans nier la multiplicité et la complexité des objectifs alloués à la transition énergétique : lutte contre le réchauffement climatique, politique industrielle, compétitivité, sécurité d’approvisionnement…

Il incombe aux pouvoirs publics d’une part, d’expliciter les choix effectués et l’équilibre recherché entre les différents objectifs – par essence partiellement contradictoires – de la politique énergétique, en leur associant des priorités, des trajectoires de long terme et des indicateurs précis, et d’autre part, de définir un cadre stable pour le pilotage, la réglementation et le fonctionnement des marchés. En France, la loi sur la transition énergétique doit être l’occasion de mettre en place un tel cadre de décision collective, ainsi que les outils d’application qui y sont associés, notamment en ce qui concerne la filière nucléaire et les énergies renouvelables.

Les marchés de gros européens montrent quant à eux leurs limites face à trois évolutions structurantes : l’intermittence croissante affectant le système électrique, le développement des moyens de pilotage de la demande, mais surtout le basculement vers des moyens de production capitalistiques à faible coût marginal. Sauf à mettre en œuvre de profondes réformes, ils semblent donc insuffisants pour transmettre les signaux adéquats à long-terme. Leur rôle dans l’optimisation du système électrique à court-terme ne doit pas pour autant être négligé. Face à une intermittence croissante, le rôle stratégique du stockage doit à cet égard être réexaminé.

Enfin, certains pays européens ont souhaité répondre aux insuffisances des marchés de gros par la création d’outils spécifiques, sous forme de mécanismes ou marchés de capacités, qui ne sont pas exempts de défauts. Instruments hybrides entre intervention publique et mécanismes de marché, ils souffrent cependant tous d’un même défaut : il n’existe pas de définitions partagées entre les différents pays européens, de la sécurité d’approvisionnement et des critères techniques qui la sous-tendent.

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