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Pour une véritable politique de promotion de la santé par le sport

La pratique régulière d'une activité sportive est un enjeu délaissé par le gouvernement, alors que les Français - comme les Européens - deviennent de plus en plus sédentaires. Selon un spécialiste des politiques sportives, celles-ci doivent être facilitées par des aménagements urbains, par le soutien de l'activité associative et par l'engagement de l’Éducation nationale. A l'approche de la coupe du monde de football, la politique du sport doit être repensée pour encourager l'activité physique régulière pour tous.

Synthèse

Le rattachement du ministère des sports au ministère de la santé aurait dû induire logiquement une meilleure prise en considération de l’impact du sport et de l’activité physique sur la santé publique. Or force est de constater que la prise en compte de cette problématique est limitée, et que les moyens dédiés à la promotion de l’activité physique pour tous afin d’améliorer le niveau global de la santé de la population restent faibles. Ce manque d’ambition politique est d’autant plus préoccupant qu’une diminution de l’activité physique est constatée dans l’ensemble des pays occidentaux depuis plusieurs années, et qu’elle entraîne des conséquences majeures pour la population en termes de santé publique.

 

Cette baisse d’activité résulte d’abord de la réduction des heures d’éducation physique et sportive en milieu scolaire. Elle tient aussi au fait que la sédentarité s’accroît, et qu’elle touche plus particulièrement les jeunes et les personnes socialement défavorisées du fait de leur mode de vie.

 

Le manque d’activité physique multiplie les risques sanitaires, et peut déboucher sur la surcharge pondérale, voire l’obésité, qui touche une part croissante de la population partout dans le monde. Près d’un français sur deux est en situation de surpoids ou d’obésité. Le taux de prévalence de l’obésité s’élève aujourd’hui à 14,5 % pour les adultes, et pourrait atteindre 22% d’ici à 2025.

 

Dans ce contexte préoccupant, la réponse gouvernementale reste insuffisante. Les moyens consacrés par le secrétariat d’Etat aux sports pour la promotion de la santé par le sport sont marginaux. D’une manière générale, le sport de haut niveau reste la priorité absolue du ministère (80% du total des crédits en 2010), et le sport pour tous est à la portion congrue. Les sommes consacrées à la promotion de la santé par le sport sont dérisoires lorsqu’on les met en regard des sommes dépensées par l’assurance maladie pour la prise en charge des pathologies liées à l’obésité.

 

La relance des activités physiques en vue de favoriser leur pratique à tous les âges de la vie devrait être érigée en priorité nationale, ayant vocation à s’intégrer dans une démarche de développement durable. Il convient pour cela de créer un environnement favorable, spécialement en milieu urbain, en donnant une place accrue aux modes de déplacement alternatifs - vélo, marche à pied,…., comme l’ont déjà fait avec succès quelques villes en Europe. L’implantation d’aires de jeux en ville et d’espaces de sports urbains doit aussi être encouragée. Il importe également de promouvoir la pratique d’une activité physique au quotidien, bénéfique à la santé publique et propice au lien social, en s’appuyant sur les acteurs de terrain que sont les associations, et les collectivités locales.

 

Dans un contexte budgétaire contraint, et face aux défis qu’engendrent le vieillissement de la population et la tendance au surpoids, la promotion du « sport santé », loin de représenter un coût pour les finances publiques, est susceptible de réduire le déficit de la branche maladie de la sécurité sociale en minorant les dépenses liées aux pathologies dues à l’obésité. Plus généralement, elle est de nature à améliorer le bien-être de la population, en contrebalançant les effets négatifs du stress et de la sédentarité, et en contribuant à renforcer le lien social.

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