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Renforcer notre autonomie stratégique après le COVID-19 : vertus d’une approche franco-européenne

Le COVID-19 suscite un débat bienvenu sur la dépendance excessive de la France et de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine et d’autres pays. Elle est apparue particulièrement critique en matière sanitaire puisque cette crise a conduit à s’aviser que 80% des agents actifs consommés en Europe sont produits en Chine et en Inde. Elle intensifie de manière spectaculaire des discussions et réflexions avivées depuis des années par la domination des GAFAM, la montée en puissance de Huawei ou encore le rachat d’entreprises européennes jugées stratégiques et constitue à ce titre une opportunité d’obtenir des ajustements importants en termes de souveraineté nationale et européenne. Emmanuel Macron a évoqué dès son premier discours de crise télévisé le 12 mars la nécessité de renforcer l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe , qu’affirme également l’« Initiative franco-allemande pour la relance européenne » ainsi que le Président du Conseil européen . Alors que s’estompent peu à peu les impératifs d’une gestion de crise au jour le jour, il est nécessaire de tirer toutes les leçons du COVID-19 et d’appréhender au mieux les enjeux et incidences potentielles du débat qu’il suscite sur le renforcement de notre autorité stratégique en matière économique et industrielle. Yves Bertoncini, expert des questions européennes, fait ici plusieurs propositions d'ajustements pour accroître notre autonomie stratégique, avant un Conseil européen le 19 juin où les dirigeants de l'UE débattront de la question d'un fonds de relance pour faire face à la crise COVID-19 et d'un nouveau budget à long terme de l'UE.

Synthèse

Le COVID-19 suscite un débat bienvenu sur la dépendance excessive de la France et de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine et d’autres pays. Elle est apparue particulièrement critique en matière sanitaire puisque cette crise a conduit à s’aviser que 80% des agents actifs consommés en Europe sont produits en Chine et en Inde. Elle intensifie de manière spectaculaire des discussions et réflexions avivées depuis des années par la domination des GAFAM, la montée en puissance de Huawei ou encore le rachat d’entreprises européennes jugées stratégiques et constitue à ce titre une opportunité d’obtenir des ajustements importants en termes de souveraineté nationale et européenne.

Emmanuel Macron a évoqué dès son premier discours de crise télévisé le 12 mars la nécessité de renforcer l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe , qu’affirme également l’« Initiative franco-allemande pour la relance européenne »  ainsi que le Président du Conseil européen . Alors que s’estompent peu à peu les impératifs d’une gestion de crise au jour le jour, il est nécessaire de tirer toutes les leçons du COVID-19 et d’appréhender au mieux les enjeux et incidences potentielles du débat qu’il suscite sur le renforcement de notre autorité stratégique en matière économique et industrielle . 

L’évocation conjointe de la France et de l’Europe par Emmanuel Macron rappelle à cet égard qu’il s’agit de réfléchir et d’agir sur la base d’un équilibre France-Union européenne (UE) qui reste à déterminer, en liaison avec nos partenaires continentaux. Cette réflexion franco-européenne apparaît d’autant plus salutaire que se multiplient dans notre pays les appels à la « relocalisation » et à la « dé-mondialisation » susceptibles de nourrir nombre de crispations contreproductives chez nos voisins et nombre d’illusions douces-amères chez nos compatriotes…

Dans ce contexte, trois séries de considérations pourront avantageusement guider les responsables politiques nationaux et européens s’ils souhaitent accroître notre autonomie stratégique grâce à des ajustements à la fois efficaces et acceptables :

1 – d’abord, l’identification des proportions, des échelles (France-UE-International) et des secteurs sur la base desquels notre autonomie stratégique doit être renforcée ;

2 – ensuite, la mise en exergue de l’utilité de l’ordo-libéralisme communautaire comme socle de notre autonomie stratégique ;

3 – enfin, la mobilisation des outils nationaux et européens les plus efficaces afin d’atteindre nos objectifs en termes d’autonomie stratégique.

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