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Répondre à une crise de solvabilité sans hypothéquer la transition écologique

La pandémie actuelle de Covid-19 est devenue en l’espace de quelques semaines une des plus profondes crises depuis la Grande Dépression et la Seconde Guerre Mondiale. Au-delà des mesures en liquidité d’ores et déjà en place, un ambitieux plan de soutien et de relance sera déterminant pour permettre un rebond rapide de l’économie. Tout plan de relance porte le risque de relancer notre économie dans la mauvaise direction, ou vers le statu quo, en utilisant des moyens publics limités dont nous avons, d’ores et déjà, urgemment besoin pour accompagner la transition écologique de notre économie. En effet, les marges de manœuvre de l’Etat ne seront pas les mêmes avec une dette publique à 115% du PIB. Or une stratégie de soutien en fonds propres s’inscrit, par définition, dans une démarche de moyen terme et immobilisera durablement des ressources alors que la transition écologique se joue aujourd’hui. Il est donc indispensable de concilier transition écologique, stratégie de solvabilité et relance de moyen terme, sans quoi le climat sera la grande victime politique de la crise actuelle.

Synthèse

De nombreuses propositions, y compris au niveau européen, mettent la priorité sur des plans de "relance verte". Dans certains secteurs, un tel plan de relance verte est aisé à imaginer : les investissements dans des moyens de transports décarbonés, des véhicules électriques aux grands projets de transports en commun, pourraient être renforcés. Certains chantiers déjà en cours, au premier rang desquels celui du métro du Grand Paris, offriraient même la possibilité d’un premier impact macroéconomique rapide sur la demande. Mais tous les secteurs et entreprises ne sont pas logés à la même enseigne : des secteurs très émissifs comme le transport aérien sont les premiers touchés par la crise. Les TPE-PME présentent un bilan carbone varié, selon leur secteur, mais se trouvent également en première ligne face aux impacts économiques du confinement, alors même que l’Etat ne dispose pas d’outils directs aussi efficaces et ciblés que pour les grandes entreprises qui, elles, peuvent bénéficier d’un soutien sur mesure. Il ne s’agit donc pas tant d’articuler une stratégie de soutien uniquement autour des enjeux climatiques, mais bien de concevoir une réponse qui ne soit pas entièrement orthogonale aux priorités d’hier qui seront également celles de demain, au premier rang desquelles la transition écologique. Au-delà des mesures de court terme et d’une intervention en solvabilité dont les conditionnalités seront malgré tout contraintes par les réalités économiques des entreprises, il est possible de concevoir une politique de relance à moyen terme présentant des co-bénéfices plus importants dans le domaine de l’écologie. Ces co-bénéfices ne doivent pas être simplement vus comme une façon d’atteindre deux objectifs, écologiques et économiques, en même temps dans un contexte de moyens contraints. Au contraire, les bénéfices écologiques d’une politique de relance permettent de doubler le stimulus de court terme de conséquences économiques de long terme bien réelles, en diminuant le coût de la pollution ou du changement climatique.

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