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A Paris, « transformer le périphérique en six ans, c’est jouable »

Dans une longue note pour Terra Nova, Jean-Louis Missika, la tête chercheuse d’Anne Hidalgo, propose une série d’initiatives pour le prochain mandat.

Que fera Anne Hidalgo si elle est réélue en 2020 ? Dans une note de 60 pages rédigée pour le think tank progressiste Terra Nova, son adjoint à l’urbanisme et responsable du futur projet, Jean-Louis Missika, donne un premier aperçu. Après avoir été la championne de la lutte contre les voitures, l’édile socialiste entend répondre de façon encore plus forte à « l’urgence climatique », sa priorité affichée. Au risque d’énerver ceux qui jugent qu’elle devrait améliorer la vie quotidienne avant de sauver la planète…

Parmi les chantiers majeurs, celui du périphérique. Pas question de supprimer cet anneau sans cesse embouteillé, contrairement à ce que propose un autre candidat à la Mairie de Paris, Gaspard Gantzer. En revanche, la note suggère d’agir sans tarder pour en faire un boulevard urbain presque comme les autres, et atténuer ainsi la coupure avec les communes voisines. « Transformer le périphérique en six ans, c’est jouable », plaide Jean-Louis Missika, qui préside Paris en commun, l’association montée pour la future campagne d’Anne Hidalgo.

Dès 2020, il estime possible d’abaisser la vitesse maximum et de réserver une voie aux véhicules propres, au covoiturage et aux transports en commun. Une autre serait en partie plantée, consacrée aux vélos et aux « circulations douces ». Des feux et des passages piétons seraient installés avant 2024.

Au total, les voitures classiques auraient deux fois moins de place. Le nombre d’arbres jouxtant le périphérique, lui, passerait de 10 000 à 20 000, pour en faire un « couloir vert ».

Le prochain mandat pourrait d’ailleurs être largement consacré à planter des arbres, des arbustes et des pelouses, notamment pour rendre la ville plus vivable en cas de canicule… et éviter que tout le monde ne s’équipe de climatiseurs énergivores. Jean-Louis Missika préconise d’étendre les jardins publics existants, de végétaliser les rues voisines et de créer un réseau reliant tous les espaces verts. Objectif : faire en sorte que tous les habitants vivent à moins de 200 mètres de cette « trame verte ».

De nouveaux modes de décision

Le plan local d’urbanisme devrait aussi être modifié. Dans les zones trop denses, la Mairie pourrait ainsi préempter certains immeubles vétustes, les détruire et les remplacer par des espaces verts. Aujourd’hui, les préemptions ne servent qu’à installer des logements sociaux. Et pour que le mouvement touche aussi les espaces privés, les copropriétaires pourraient être incités à enlever le bitume des cours d’immeubles et à y planter des végétaux, grâce à des subventions et des conseils de jardiniers.

Jean-Louis Missika suggère par ailleurs de réfléchir à de nouveaux modes de décision sur ce type de sujets. Pourquoi ne pas créer des comités d’immeuble, de rue, de quartier, associant privé et public pour gérer les « biens communs » comme l’air, l’eau, les espaces publics ?

Les opposants à Anne Hidalgo, qui, comme les journalistes Airy Routier et Nadia Le Brun dans Sainte Anne ! (Albin Michel, 256 p., 19,90 €), pensent que « Paris est tombée aux mains d’une bande d’illuminés qui en fait un terrain d’expérimentations pour ses théories fumeuses », vont encore voir rouge.

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