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Combien votre consommation de viande bovine française produit-elle de CO2 ?

Les associations pro-végétariennes communiquent souvent des chiffres exagérés sur l’impact de la viande sur l’environnement, en prenant des estimations internationales. Notre outil interactif ci-dessous vous donne une évolution plus juste de l’impact de votre steak sur l’environnement, car il se concentre uniquement sur l’élevage bovin français.

Diviser par deux la consommation de viande des Français d'ici vingt ans. C'est l'appel lancé par la fondation Terra Nova ce jeudi matin. L’impact de la production de viande sur l’environnement est l’une des raisons avancées par le think tank de gauche. En effet, plusieurs spécialistes de l'environnement ont démontré que les activités d'élevage contribuaient largement aux émissions de gaz à effet de serre et qu'elles demandaient une grande quantité d’eau.

Avant d’arriver dans notre assiette, les animaux sont nourris. La production de ces aliments émet énormément de CO2 et occupe une grande partie des terres fertiles. De plus, les céréales destinées aux animaux sont traitées par des engrais azotés, responsables des émissions de N2O. Tous ces gaz à effet de serre liés à l’élevage sont agrégés dans un indicateur appelé "équivalent CO2" (eq-CO2). Les surfaces agricoles dédiées à l’alimentation des animaux s’avèrent également très gourmandes en eau. Pour la fondation progressiste, ce coût en ressources est disproportionné par rapport à l’apport nutritionnel de la viande face aux végétaux.

Grâce à l’outil suivant, vous allez pouvoir estimer l’empreinte écologique de votre steak de bœuf sur l’environnement : voir ici 

Attention aux chiffres exagérés

Pour appuyer son appel, le think tank cite plusieurs chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), cité également par de nombreuses associations pro-végétariennes, comme L214. Or, cet organisme donne des moyennes internationales, incluant les très polluants élevages d’Asie du Sud, d’Afrique sub-saharienne et d’Amérique latine. À l’échelle mondiale, un kilo de bœuf émet ainsi 46.2 de kilo d’eq-CO2. En Europe de l’Ouest, la moyenne est un peu en-dessous de 20, selon la même source.

Pour son calculateur de bilan carbone, l’Ademe a plutôt retenu le chiffre de 13.1 kilo d’eq-CO2 pour un kilo de viande bovine française. Ce chiffre rejoint les évaluations de plusieurs chercheurs de l’INRA, qui estiment l’emprunte carbone du bœuf élevé en France entre 10 et 18 kg eq-CO2/kg. Un rapport de la filière agricole intègre même la notion "d’emprunte nette", en retirant du décompte la quantité de carbone stockée par les prairies, qui agissent comme des "puits" de carbone.

Le think tank reprend un autre chiffre contesté par les éleveurs: l’évaluation à 13.000 litres le besoin en eau pour produire 1 kg de bœuf. Il s’agit là encore d’une estimation internationale, par le Water Footprint Network. Sur le site de l’ONG, on apprend que ce chiffre incorpore également l’eau de pluie, appelée "eau verte" et les volumes théoriques nécessaires pour diluer la pollution émise (eau grise). L’Institut de l’élevage donne une autre estimation, en accord avec la norme ISO 14046: entre 20 et 50 litres eq-H2O/par kg de viande vive. Celle-ci ne prend en compte que l’eau prélevée directement pour abreuver les animaux, irriguer les cultures et nettoyer les bâtiments.

Le boeuf, viande la plus polluante

En prenant uniquement des estimations pour le territoire national, manger un morceau de viande reste tout de même beaucoup plus polluant qu'une assiette de protéines végétales. Le graphique ci-dessous montre l’emprunte carbone estimée pour plusieurs aliments par l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie  (Ademe). La viande bovine arrive très largement en tête, suivi du bar issu de l'aquaculture. La volaille, plus bas dans le classement, est un bon compromis pour réduire son emprunte carbone tout en continuant à manger de la viande.

 

 

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