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Diplômé, masculin, paradoxal… Le militant LREM passé à la loupe

Dans une vaste étude publiée ce lundi matin, Terra Nova a interrogé des militants de La République en marche. Des reproches sont notamment formulés sur la capacité du mouvement à écouter sa base.

La République en marche est un parti jeune, et il est encore difficile de cerner le profil type de ses militants. C’est pourtant ce que s’est attaché à faire le think tank Terra Nova. Dans une étude publiée ce lundi matin, 8 815 adhérents sur plus de 390 000 ont ainsi répondu à un questionnaire évoquant plus d’une centaine de thématiques.

Précision importante : l’étude s’est déroulée en juin 2018, soit avant l’été très compliqué de la majorité, marqué notamment par l’affaire Benalla et les démissions des ministres Nicolas Hulot et Gérard Collomb. Mais ses conclusions, assez proches de celles observées au sujet des sympathisants du mouvement présidentiel, éclairent sur une formation construite autour de la personnalité incontournable d’Emmanuel Macron.

Profil sociologique

Le Marcheur est d’abord essentiellement masculin : 68% des adhérents sont des messieurs. Autre enseignement attendu, les militants sont plus jeunes et urbains que la moyenne, mais aussi très diplômés (80% sont diplômés du supérieur). Les cadres et professions libérales y sont très majoritaires (60%) ainsi que les actifs du secteur privé (71%). Leurs revenus les situent dans la moitié haute de la société française.

Positionnement politique

Le clivage entre la gauche et la droite, soit l’ancien monde dénoncé par Emmanuel Macron, sert toujours de repère aux Marcheurs. Lorsqu’on leur demande de se positionner sur une échelle de 1 à 10, de gauche à droite, ils se placent en moyenne à 4,9, soit quasiment au centre. En revanche, ils situent leur mouvement à 5,7, soit au centre-droit, plus à droite qu’eux-mêmes. Toutefois, quand on leur demande s’ils sont de gauche ou de droite, quatre sur dix estiment ne pas se reconnaître dans ce paysage politique traditionnel. Terra Nova note en conséquence que des visages "contrastés, voire antagonistes", cohabitent au sein du mouvement.

Centres d’intérêt

Selon Terra Nova, les militants LREM sont "en moyenne économiquement plus libéraux et culturellement plus tolérants que la moyenne des Français." Les questions essentielles, à leurs yeux, sont la construction européenne (15%), ex aequo avec le chômage (15%), puis l’éducation (14.5%), les déficits publics (9%) et les inégalités (9%). Les enjeux régaliens (insécurité, terrorisme, immigration…) "les préoccupent en revanche assez peu", contrairement à ce que l’on constate dans les autres formations politiques. 

Leur avis sur LREM

Dans l’ensemble, les militants s’accordent pour dire que leur mouvement, qu’ils estiment "bon pour les Français", est "plutôt plus favorable aux jeunes et aux classes supérieures de la société française qu’aux seniors et aux classes populaires", assure Terra Nova. Les adhérents se montrent critiques sur la "capacité du mouvement à prendre en compte" leur opinion,mais aussi "la valorisation" de leur engagement ou encore "le fonctionnement démocratique" du parti. En clair, ils ne se sentent pas assez écoutés.

Un chef incontestable

Le ciment de LREM, c’est évidemment son chef, Emmanuel Macron. Le président de la République fait ainsi "la quasi-unanimité sur ses qualités oratoires, sa capacité à incarner le rôle du leader et à prendre des risques pour ses idées", poursuit Terra Nova. Au milieu des louanges, les seuls bémols concernent sa "sensibilité aux demandes des Français" et "sa faible capacité à accepter la contradiction".

Aspirations paradoxales

Ensemble souvent hétéroclite, LREM est marqué par un paradoxe : les adhérents plébiscitent le fort leadership d’Emmanuel Macron, cette image du chef de groupe qui tient fermement en main sa formation politique. Mais, en même temps, ils réclament une participation active de la base, une meilleure prise en compte du débat d’idées, un "refus des organisations solides, intégratrices et contraignantes d’autrefois", constate Terra Nova.

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