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L'Esprit Public avec Thierry Pech : 11 mai, saurons-nous reprendre le cours de nos vies ?

A quoi nos vies ressembleront-elles dans la France d'après 11 mai ? L'Esprit Public d'Emilie Aubry sur France Culture avec comme invités l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti, le journaliste Gérard Courtois, l'essayiste Philippe Manière et le directeur général de Terra Nova Thierry Pech.

Dimanche prochain, veille du 11 mai, nous nous préparerons donc à sortir de chez nous sans autorisation, aussi longtemps que nous le souhaitons et en dépassant la frontière du fameux km ! Masqués, dûment dotés de nos gels hydroalcooliques, nous allons être un certain nombre à redécouvrir le vaste monde, du moins un nouveau rayon de 100 km. Vaguement hébétés par ces semaines confinées, nous allons cligner des yeux devant des librairies réouvertes, des fleuristes, des coiffeurs, des magasins de vêtements, de décoration, de jouets, même si, hélas trois fois hélas… nous ne verrons toujours pas de café à l’horizon !  Comme l’a bien résumé cette semaine notre ami Daniel Cohen dans L’Obs : « il faudra nous installer dans ce nouveau monde de distanciation sociale, de masques, de tests et de traçages, avec un climat lourd qui pourrait devenir phobique ».

Aurons-nous peur en effet ? de redescendre dans le métro, de grimper dans un bus, de discuter avec un collègue ? Aurons-nous envie d’organiser des dîners masqués ou entre gens testés ou ne rêverons-nous que d’une chose après cette première journée : rentrer ventre à terre chez nous pour nous reconfiner, nous remettre en télé travail avant de nous abrutir le soir de séries Netflix.

Le télé travail : un élément clef du nouveau monde et une conversion plutôt réussie à en croire une étude menée par Terra Nova dont nous parlerons dans un instant. Mais une conversion inégalitaire réservée selon les chiffres de l’économiste Yann Algan à 44% aux cadres et à 3% seulement aux employés et aux ouvriers.

 

Dans ce nouveau monde de l’après 11 mai, nous nous prendrons aussi en pleine face la réalité d’un désastre économique historique : en mars le nombre de demandeurs d’emplois a enregistré une poussée vertigineuse de de 7% en France. Et ce n’est malheureusement qu’un début. Dans ce nouveau monde de l’après 11 mai, il y aura aussi l’attente du jeudi soir : rendez-vous hebdomadaire au cours duquel les autorités nous révéleront dans un suspense insoutenable si nous vivons en zone rouge ou verte, si nous pouvons donc espérer voir rouvrir les parcs mais aussi laisser nos ados retourner au collège. Curieux retour à une scolarité sur la base du volontariat, dans des classes coupées en 2, une semaine sur 2, avec des repas pris individuellement chacun à sa table devant le tableau noir, qui fera mentir la célèbre chanson de Sheila puisque lorsque la cloche aura sonné, « donne-moi la main et prend la mienne » sera précisément la chose à ne pas faire.

Au fond le 11 mai, il s’agira bien de reprendre le cours de nos vies, mais celles-ci ne ressembleront sans doute pas aux images d’une Libération, pas vraiment non plus à un « déconfinement » total mais plus vraisemblablement à une nouvelle phase de confinement assoupli avec de nouvelles modalités.  Ce confinement décrit ainsi par l’écrivain Charles Dantzig dans L’Express cette semaine : « nous végétons dans un simulacre, confinés dans un temps mou, vague, tyrannique, dont nous ne sommes pas maîtres. Un présent indéfini ». 

Mais que l’écrivain se rassure et nous avec lui : le présent finit toujours par devenir… de l’histoire ancienne…
 

 

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