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L'Esprit Public avec Thierry Pech : demain, quel retour au travail ?

C’est demain. Demain matin. Le 11 mai ou la Libération version 2020, après 55 jours de vies confinées. Qu’a fait cette période singulière à notre vie, notre identité professionnelle ? L'Esprit Public d'Emilie Aubry sur France Culture avec Thierry Pech, la journaliste du Monde Sylvie Kauffmann, l'économiste Daniel Cohen et le politologue Pascal Perrineau.

Tous les Français ne l’ont pas vécue de la même manière, selon qu’ils sont fonctionnaires, salariés, artistes, artisans, indépendants, chômeurs d’avant, chômeurs d’après. Autre clivage : ceux qui ont continué de travailler sur site, soignants, commerçants, éboueurs, agriculteurs… et ceux qui ont découvert le Télétravail, soit ¼ des Français. Un changement qui s’est fait sans transition, alors même que les entreprises pas plus que les employés n’y étaient préparés. Aujourd’hui à en croire études et sondages, les télétravailleurs semblent séduits par cette nouvelle existence, constatant moins de temps perdu dans les transports et plus d’efficacité, réconciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle, même si certains ont constaté aussi une sorte d’épuisement psychique lié à la disparition de la frontière entre temps de travail et vie personnelle.

Alors attention à la fracture, au fameux archipel français de Jérôme Fourquet, entre ceux qui continueront de travailler en short dans leur salon, et ceux qui vont retrouver leur lieu de travail du monde d’avant… dans de nouvelles conditions : avec masques, gels, distanciation physique, nouvelles bibles sanitaires, ces documents préparatoires à rallonges qui détaillent des dizaines de consignes. Mais avec aussi les bienfaits de la sociabilité retrouvée, le charme de réunions qui cesseront enfin d’être virtuelles, le plaisir de retravailler ensemble sans écrans interposés.

Un nouveau monde du travail malgré tout, entre peur du virus et peur de la crise économique déjà là, avec le long défilé des prévisions angoissantes.  Croissance : moins 8%, dette de 115% du PIB, 13 millions de personnes au chômage partiel depuis le Covid, tandis que les 2,4 millions de chômeurs de l’avant Covid n’ont bien sûr pas disparu, et seront chaque jour plus nombreux.

 

Quel retour au travail ? Question angoissante aussi pour l’Etat : l’Elysée planchant déjà sur l’après, le président Macron appelant je cite « à enfourcher le tigre », évoquant l’idée d’un pacte de confiance entre l’Etat et les Français, je cite : « on doit assumer de protéger mais ce n’est pas protéger pour anesthésier »… Avec baisse annoncée de la prise en charge par l’Etat du chômage partiel dès le mois de juin, même si le très généreux système d’aides actuel sera maintenu pour les secteurs subissant toujours des fermetures administratives comme la restauration ou hôtellerie, sans oublier la prolongation des droits des intermittents jusqu'en août 2021.

Enfin, comment ne pas penser à cette génération maudite de jeunes diplômés arrivant sur le marché du travail dans la France sinistrée du coronavirus. Le gouvernement annonçant plancher déjà pour eux, sur un plan de soutien à l’embauche.

Alors en définitive, demain matin lundi 11 mai, c’est un peu comme si les Français ne vivaient pas tous la même saison : un faux air d’automne et de rentrée des classes, dans certaines écoles et pour ceux qui retournent demain matin au bureau ; un curieux été qui continue pour d’autres, et notamment ces télétravailleurs partis des grandes villes pour se mettre au vert ; un métro boulot dodo inchangé pour ceux qui ne se sont jamais vraiment arrêtés ; un vide angoissant pour ceux qui rêveraient de travailler encore…

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