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L'Esprit Public avec Thierry Pech : le Grand Débat en France / Matteo Salvini et l'euroscepticisme

Thierry Pech était l'invité de l'"Esprit Public" d'Emilie Aubry sur France Culture le 13 janvier sur l'actualité de la semaine : la défiance présente dans le débat autour des réponses à apporter au mouvement des gilets jaunes, et l'euroscepticisme du Ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini étaient les thèmes discutés. Une émission à réécouter et podcaster.

Thierry Pech était l'invité de l'"Esprit Public" d'Emilie Aubry sur France Culture le 13 janvier sur l'actualité de la semaine : la défiance présente dans le débat autour des réponses à apporter au mouvement des gilets jaunes, et l'euroscepticisme du Ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini étaient les thèmes discutés. Une émission à réécouter et podcaster.

Première partie. Crise politique semaine 9 : débats sur le débat, l'ordre et la défiance 

C’était un pays, la France, dont 32% des citoyens disaient éprouver du « dégout » quand on leur parlait de politique, 37% de la méfiance, 9% de l’intérêt et 5 petit pour cent seulement de « l’espoir » ?

Un tsunami de défiance qu’il fallait analyser à la loupe, tandis qu’en cette semaine 9 du Mouvement des Gilets Jaunes, on avait plus que jamais la perception violente d’un schisme national qui s’aggravait, et de digues qui lâchaient. De cet ancien ministre de l’Education Luc Ferry appelant à tirer sur les "gilets jaunes" à ce concours de cagnottes en ligne, près de 120 000 euros récoltés pour Christophe Dettinger, celui qui avait boxé des gendarmes mobiles le week end précédent, contre des chiffres faramineux annoncés pour une contre cagnotte, celle organisée par Renaud Muselier en soutien aux forces de l’ordre sur fond de rumeur de trucage, surenchère de vidéos en ligne également, pour confronter les violences supposées, celles des forces de l’ordre et celles des casseurs, sur fond de mesures gouvernementales sécuritaires rendant délictueux le fait de porter une cagoule et mettant en place un fichier des manifestants, surenchère de menaces sur les élus, menaces de mort notamment sur le député noir Jean François Mbaye, surenchère de pages Facebook, celle des Foulards Rouges essayant désormais de contrebalancer celle des "gilets jaunes", avec une « marche républicaine » prévue le 27 janvier prochain.

France coupée en 2 que plus rien ne semblait pouvoir apaiser : et notamment pas – pour l’instant du moins- ce grand débat consultatif annoncé, pollué par les polémiques sur le salaire de Chantal Jouano chargée de l’organiser, et le désengagement de l’association des maires de France qui disait ne pas se sentir tenue d’y participer. Enfin on était aussi tombé vendredi sur cette rencontre - très médiatisée - entre un ministre, Mounir Mahjoubi, qui avait accepté sur le plateau de Cyril Hanouna de vivre la vie pendant une journée de Céline, "gilet jaune" et auxiliaire de vie auprès de malades d'Alzheimer, laquelle irait ensuite passer une journée à Bercy.

Hanouna, le ministre et la "gilet jaune"… Le titre d’une fable, ou d’une parabole, qui disait beaucoup de notre époque. 

Deuxième partie. Matteo Salvini : porte-drapeau des eurosceptiques ?

On parlait ces dernières semaines d’une stratégie « mezza voce » de Marine Le Pen, qui dosait ses interventions depuis le début de la crise des "gilets jaunes", appuyant le mouvement de protestation mais gardant une prudente distance avec lui pour ne pas tomber dans le piège de la récupération tout en engrangeant naturellement les bénéfices de la période. Marine Le Pen habilement avait donc laissé à Laurent Wauquiez comme à Nicolas Dupont Aignan le soin d’enfiler un gilet jaune, ses proches expliquant même doctement que la période n’était pas aux coups d'esbroufe. La fille de Jean-Marie Le Pen se contentant d’appeler à la dissolution de l’Assemblée et contestant le mode de scrutin et donc la représentativité, mais sans demander la démission du chef de l’Etat.

Matteo Salvini, lui, n’avait pas besoin de prendre ce type de précautions. Le Ministre italien avait clairement soutenu le mouvement français des gilets jaunes, et réclamé le départ d’Emmanuel Macron, ce qui était sans précédent sur un plan diplomatique et qui avait fait dire au journaliste Alain Duhamel : si cela s’était passé à l’époque du Général De Gaulle, celui-ci aurait interdit à tous ses ministres d’aller siéger à Bruxelles tant qu’il n’aurait pas reçu des excuses ».

Matteo Salvini qui avait aussi rêvé cette semaine d’un « nouveau printemps européen », tandis qu’il s’affichait mercredi à Varsovie avec les dirigeants du parti Droit et Justice au pouvoir, après avoir rencontré Viktor Orban en août dernier : un axe Rome/Varsovie qu’il rêvait de voir remplacer l’axe Paris/Berlin. 

Références / conseils de lecture

  • Cas Mudde, Cristóbal Rovira Kaltwasser, Brève introduction au populisme, éditions De L'Aube, 2018
  • Christian Salmon, L'ère du clash, Fayard, 2019
  • Allan Bloom, L'âme désarmée, Les Belles Lettres, 2018
  • Bernard Cerquiglini, L'Invention de Nithard, Editions de Minuit, 2018
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