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Les pistes de Terra Nova pour mieux vivre dans les métropoles

Le think tank Terra Nova s’intéresse dans son rapport de septembre 2019 sur les métropoles, à l’impact des villes denses sur notre quotidien. A travers le prisme des transports et du travail : il explore les différents rythmes de vie, qui désynchronisés, donnent parfois l’impression d’être à la limite du burnout.

Quel rythme adopter pour se déplacer dans une métropole comme Paris ? Entre les adeptes des mobilités douces (vélos, trottinettes), les inconditionnels de la voiture, du métro, et les isolés, mal reliés au centre : l’organisation de la ville à l’instar du « Grand Paris » donne lieu à de nouveaux conflits politiques. Alors les métropoles contribuent-elles à une accélération de notre mode de vie ? A cette question Marc-Olivier Padis, directeur des études du think tank Terra Nova, a apporté son analyse dans son rapport « Au rythme de la métropole, mieux vivre dans la ville dense », du 11 septembre 2019. Loin d’un pouls unique, la ville croise une multitude de quotidiens aux vitesses variées. Plutôt qu’un débat autour de l’accélération ou du ralentissement du mode de vie urbain, Terra Nova propose de « réorganiser » intelligemment « la chronologie collective » scandée par les différents rythmes, inhérents aux évolutions technologiques (réseaux sociaux, GSM, informations continues), pour éviter la multiplication des infrastructures.

Une impression d’intensification de la vie urbaine

L’accélération du mode de vie ressentie par les citadins est en partie liée, pour le think tank, à l’augmentation du temps travaillé. La vie diurne s’étend à la vie nocturne, en terme d’horaires de travail, et de divertissements ce qui a pour effet de diminuer notre temps de sommeil. L’heure du coucher est passée de « 21 heures à 23 heures » en l’espace de trente ans. Le temps de transport pour aller travailler contribue à ce phénomène : les emplois étant souvent proposés dans les « villes-centre », quand nombre d’usagers résident en zone périurbaine ou rurale. L’amélioration des transports est réelle, mais elle s’est portée sur les distances et non sur le gain de temps. Aussi, aux trajets habituels entre domicile et lieu de travail, se sont greffées des boucles et de connexions de transports supplémentaires liées à nos activités secondaires, qui multiplient les trajets. Les évolutions numériques supposées nous faire gagner du temps (réseaux sociaux, informations en flux continu) prolongent nos taches de travail, beaucoup plus fragmentées qu’auparavant, et ce, jusqu’à l’épuisement. Nous sommes tout le temps sollicités et exposés à une foule d’informations en temps réel, ce qui « altère nos capacités de concentration ».

Réorganiser la chronologie collective

Face à un temps vécu plus intense, Terra Nova propose des pistes pour mieux vivre dans une métropole comme le « Grand Paris ». Contrairement au rythme linéaire envisagé par les planificateurs de ce projet francilien ambitieux, il existe une foule d’usagers aux expériences urbaines différentes et donc aux rythmes de vie désynchronisés (télétravail, flexibilité des horaires de bureaux et choix de vie). Là où certains font l’expérience locale d’une ville aux opportunités à portée de main (rencontres et transports de proximité), d’autres recherchent une expérience plus globale comme tremplin (insertion de réseaux internationaux, à l’heure de l’économie mondiale où les transports permettent d’accéder aux autres villes beaucoup plus facilement avec les aéroports, et le TGV). Ces temporalités différentes se croisent dans l’espace urbain, mais doivent pouvoir coexister sans collision. Ainsi, le Grand Paris Express va proposer 42 gares rénovées d’ici 2030, avec des connexions simplifiées entre les différents moyens de transport (métro, vélos, trottinettes, bus). Et permettra à 95 % des usagers de résider à moins de 2 kilomètres d’une gare, et de se croiser, en limitant le sentiment d’engorgement. Un moyen aussi de lutter contre l’isolation de ceux qui habitent en zone périurbaine ou rurale.

 

Terra Nova présente certaines initiatives locales appuyées par les pouvoirs publics : A Rennes, l’Université a avancé le début des cours d’un quart d’heure, pour désengorger le métro et économiser près de 10 milliards d’euros sur l’achat de nouvelles rames. Aussi, s’il est inenvisageable pour les collectivités de créer de nouveaux réseaux routiers pour limiter les embouteillages, pour des raisons financières et écologiques : les dispositifs de guidage intelligents sont une solution. « Quand 10 % du parc de véhicule est équipé », c’est « un gain de 5 % sur le temps de trajet pour tous », précise le think tank d’après le rapport au Premier ministre, « De la smart city au territoire d’intelligence(s) », confié à Luc Belot en 2017. Une uniformisation des flux d’information sur les différents transports, estime Terra Nova, faciliterait la vie des citadins à l’instar du projet « Uber movement ».

Malgré l’accélération des modes de vie, conclue Terra Nova, le phénomène du zéro délai n’annule pas les contraintes spatiales. Pour mieux vivre dans une ville dense, il faut « allier les politiques du temps » à celles « des projets d’aménagements urbains », ainsi qu’à l’évolution de la culture numérique qui offre à chacun des outils pour mieux organiser son temps journalier.

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