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Manger moins de viande pour soigner (aussi) l'économie

Terra Nova, think tank de gauche, publie un rapport qui préconise de diviser par deux la consommation de viande chez les Français, dans les 20 ou 30 ans à venir. Un changement d'habitude alimentaire qui serait salvateur pour notre santé, pour l'environnement mais aussi pour l'économie de la filière agricole.

Le think tank Terra Nova publie ce jeudi un rapport dans lequel il propose de changer les habitudes alimentaires des Français et préconise de bouleverser, littéralement notre régime alimentaire, en divisant par deux la consommation de viande :  en passant à 60 % de protéines végétales et 40 % de protéines animales, soit l'inverse des proportions actuelles.

Les recommandations de ce rapport ne sont pas sans bouleverser une culture alimentaire solidement ancrée, et qui n'a que légèrement baissé depuis son explosion au cours du XXe siècle, en partie à cause de la crise économique mais aussi des scandales sanitaires à répétition.

Un impact sur la santé

Avec le récent scandale des conditions d'abattage, soulevé par des vidéos de l'association L214, l'opinion publique a déjà été sensibilisée à cette question, et la santé est l'une des raisons principales invoquées par le rapport.

"Les épidémiologistes nous disent que la surconsommation de viande peut être la cause de pathologies", explique Thierry Pech, le directeur général de Terra Nova. L'organisme soutient par ailleurs qu'il ne s'agit pas d'inciter à supprimer totalement la  viande de nos menus, mais de la réduire, considérablement, pour faire plus de place aux végétaux. Thierry Pech poursuit : 

Il y a un assez large accord entre les nutritionnistes et les diététiciens pour considérer qu'une alimentation plus végétale, si elle est bien conçue, ne présente aucun danger. On ingère trop de protéines animales.

Pour cela, Terra Nova propose plusieurs pistes d'actions, qui commencent dans les écoles et se poursuivent dans les restaurants d'entreprises, dans les menus desquels serait intégré un jour végétarien, où les grammages des assiettes de viande serait révisés et où l'on mettrait en place des programmes pédagogiques pour les enfants (un module d'éducation alimentaire), et où les cuisiniers seraient également formés. 

Le jour végétarien des cantines est déjà testé, par ailleurs, dans certaines écoles parisiennes ou près de Bordeaux. Une autre piste serait aussi de mieux informer les consommateurs, en mentionnant systématiquement sur les produits à la vente les conditions d’abattage et d’élevage. 

Impact sur l'environnement et l'économie

Les spécialistes de l'environnement ont démontré que l'élevage est responsable d'émissions de CO2 relativement élevées et qui mobilisaient des ressources précieuses : de l'eau, de l'alimentation. L'élevage est responsable de 15% des émissions de CO2, et consomme beaucoup d'eau : 13.000 litres pour un kilo de boeuf, contre 50 litres pour un kilos de lentilles.  "Par ailleurs, malgré cette surconsommation de viande, les éleveurs ne s'en sortent pas, parce qu'ils sont dans le piège d'une production essentiellement productiviste", explique Thierry Pech. 

"Alors il y a déjà des éleveurs qui ont franchi la frontière de l'environnement, d'une politique durable. Ils ont remis leurs bêtes sur des pâturages et ils ont opté pour une agriculture plus raisonnée".

Sandy Dauphin

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