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Municipales : à Paris, tous les candidats ont droit à leur heure de célébrité en ligne

Deux think tanks se sont associés pour auditionner les douze candidats à la mairie de Paris. Au menu ce mercredi, un éternel revenant et un novice en politique.

Ils y passeront tous, «petits» et «grands». Depuis le 30 janvier et jusqu’au 19 février, tous les candidats à la mairie de Paris défilent devant les think tanks Terra Nova et Fondapol qui se sont associés pour auditionner les douze candidats déclarés. Un exercice de fond même si chaque audition ne dure qu’une heure, afin de permettre aux Parisiens (elles sont retransmises sur les réseaux sociaux) de se faire une idée de chaque prétendant. Ils sont interrogés par le politologue Dominique Reynié (qui a aussi été candidat LR-UDI lors des élections régionales de 2015) et l’essayiste Thierry Pech, respectivement à la tête de Fondapol et de Terra Nova, qui laissent totalement de côté les questions de stratégie électorale pour se concentrer sur leurs principales propositions.

Ce mercredi matin, c’était donc au tour de deux tout «petits» candidats à la mairie d’être auditionnés. L’éternel prétendant à toutes les élections, nationales et locales Nicolas Miguet qui se présente au nom de son Rassemblement des contribuables français d’une part. L’entrepreneur Christophe Berkani de l’autre, au nom de sa liste hors partis, Paris citoyen. Le premier, bien connu pour ses diatribes poujadistes et anti-impôts présente des listes communes dans certains arrondissements avec Marcel Campion. Il veut «réparer» Paris, dit-il, limiter à 30 km/h la vitesse des véhicules à moteur et mettre «une petite caméra dans chaque lampadaire» pour aider la police dans ses missions.

 

«Empilement généralisé des modes de circulation»

Totalement inconnu et novice, le second autrefois encarté déçu du PS puis du Modem a également jugé la situation de la capitale «très dégradée» mais s’est montré bien plus concret et précis dans ses propositions. «Il n’y pas de candidature plus légitime pour un simple citoyen que de se présenter à une municipale», a déclaré cet avocat de formation en déplorant au passage la «pauvreté» des propositions des autres candidats qui se sont permis de «piller allègrement» son programme.

Ce Parisien historique qui vient récemment de déménager à Plaisir (Yvelines) mais revendique cinquante ans d’habitation à Paris et d’y posséder plusieurs commerces affiche sa «prétention» de penser qu’il a «quelques idées valant la peine d’être connues et débattues la capitale». Un discours plutôt synthétique et ramassé autour de trois grands thèmes : la mobilité, le logement et le cadre de vie.

Il propose ainsi de dédier exclusivement aux vélos et trottinettes une partie des 1 700 kilomètres de rues que compte la capitale. En leur réservant un certain nombre de voies secondaires, cela réduirait, dit-il, «l’empilement généralisé des modes de circulation actuel, source de nombreuses tensions». Dans cette optique, certains axes pourraient être réservés à un usage exclusif en citant l'exemple des boulevards extérieurs qu'il imagine devenir un espace 100% électrique. Une «spécialisation» des voies actuellement testée par la ville de New York comme le racontait une récente enquête des Echos. Autre idée de ce quinqua gonflé aux datas qui déplore le «silence médiatique abyssal» entourant sa campagne, celle d’exonérer de taxe foncière les propriétaires qui s’engageraient à louer leurs logements à des tarifs modérés, de 16 à 20 euros le mètre carré. «Paris est dense mais se dédensifie de l’intérieur, on y créé 150.000 logements depuis 1968 alors que la ville a perdu 450.000 habitants sur la même période», a-t-il expliqué en multipliant les données chiffrées sur tous les sujets, du nombre de bibliothèques ouvertes le dimanche à la croissance du «grand âge», au-dessus de 75 ans. D’où son idée de construire beaucoup plus pour louer aux «classes moyennes» en recourant à des partenariats public-privé très encadrés.

«Logiques de partis»

Une heure d’un discours au final très raisonnable et réaliste, qui ne fait certainement pas rêver mais dont il est persuadé qu’il est celui qu’attendent «des électeurs las des étiquettes, des idées toutes faites et des logiques de partis». «Ce qui est certain, confessait-il à la sortie du pavillon Elysée, heureux d’avoir enfin bénéficié d’une tribune, c’est que je ne m’arrêterai pas là. Ma démarche aura au moins constitué une première pierre de l’engagement public du tout petit candidat que je suis.» Prochaines auditions vendredi avec Benjamin Griveaux pour La République en marche et l’insoumise Danielle Simonnet.

Christophe Alix

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