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Pour les marcheurs, Emmanuel Macron est un "chef charismatique" mais qui ne tolère "pas très bien la contradiction"

Une étude de Terra Nova révèle que les marcheurs regrettent que leur opinion ne soit pas assez prise en compte. En revanche, les militants LREM continuent de soutenir fortement le chef de l'État, décrypte Thierry Pech, le directeur du think tank.

Selon une étude de Terra Nova, le chef de l'État continue de séduire en grande partie les militants de son parti La République en Marche. Thierry Pech, directeur général du think tank qui a mené cette étude sur 9 000 adhérents, a expliqué lundi 8 octobre sur franceinfo qu'Emmanuel Macron était pour eux le "chef charismatique", qu'"il y a une expression très forte de soutien au leader". Même s'ils lui reprochent "de ne pas savoir assez écouter et ne pas tolérer très bien la contradiction."

franceinfo : Quel est le portrait-robot du marcheur ?

Thierry Pech : Les marcheurs sont plutôt des hommes. C'est vrai presque dans tous les partis politiques. Ils sont plutôt plus jeunes que dans les autres partis politiques, entre 45 et 50 ans en moyenne. Ils vivent en ville. Ils sont très diplômés, 80% d'entre eux ont un diplôme de l'enseignement supérieur. C'est beaucoup plus que dans les autres partis où pourtant le niveau de qualification est toujours supérieur à la moyenne des Français. Seulement 28% des Français ont un diplôme du supérieur.

Est-ce un parti de personnes privilégiées ?

Ils sont dans la partie haute de la société française manifestement. Ce sont des classes moyennes supérieures urbaines, mais ce n'est pas une bourgeoisie patrimoniale qui aurait hérité de sa situation. Ce sont des gens qui ont un fort capital culturel, qui croient à la méritocratie, qui croient à l'école, qui croient que la formation et l'école peuvent tout transformer. Cela peut avoir un petit côté naïf, mais ce sont des gens qui ont une très grande foi dans ces outils.

Il se confirme aussi que c'est un parti de novices.

Dans plus des deux tiers des cas, c'est la première fois qu'ils font de la politique. La seule expérience collective qu'ils ont assez massivement, c'est l'expérience de la vie associative et souvent de façon durable.

C'est aussi un parti de groupies ?

C'est une de nos surprises. Il y a une expression très forte de soutien au leader auquel on trouve toutes les qualités de la terre, des qualités d'orateur, avec des scores qui dépassent 95%. La seule chose qu'on lui reproche, c'est de ne pas savoir assez écouter et ne pas tolérer très bien la contradiction. Pour le reste, c'est quasiment le chef charismatique.

Que retenez-vous de votre enquête ?

On a entendu l'expression d'un paradoxe. Vous avez des gens qui ont cru fortement à la démocratie participative, à l'horizontalité, mais qui en même temps applaudissent le fort leadership d'un homme. C'est cela le paradoxe du marcheur, et dans ce paradoxe il y a des contradictions et forcement aussi des déceptions.

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