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Terra Nova propose de diviser par deux la consommation de viande d'ici 20 ans

Un régime alimentaire moins carné serait bénéfique pour l'environnement et la santé.

 

Que mangera-t-on d'ici vingt ans ? Le think tank Terra Nova, classé à gauche, tente de répondre à cette question dans un rapport – "la Viande au menu de la transition alimentaire" – publié ce jeudi 23 novembre et révélé par "le Monde".

Pour des raisons environnementales et sanitaires, Terra Nova plaide notamment dans cette étude pour que les Français divisent par deux leur consommation de viande d'ici à vingt ans, et ce afin de passer à un régime alimentaire composé de deux tiers de protéines végétales et d'un tiers seulement d'animales. Soit l'inverse de notre régime alimentaire actuel.

"L'objet de ce nouveau rapport n'est pas de condamner en soi la consommation de viande", préviennent en préambule les auteurs du rapport. "Mais tout plaide pour que soit recherché un nouveau compromis entre nos traditions alimentaires et nos impératifs sanitaires, environnementaux et économiques", poursuivent-ils. "Ce nouvel équilibre commande une réduction quantitative et une amélioration qualitative de la viande que nous consommons.

"Il faut cesser de discriminer le repas végétarien"

Pour réussir une telle transition, qu'ils qualifient de "ni absurde ni inaccessible", Thierry Pech, Antoine Hardy, Dalibor Frioux et Matthieu Vincent listent onze propositions.

Parmi celles-ci, plusieurs concernent les cantines scolaires, appelées à devenir des "vecteurs d'acclimatation d'un régime plus végétal". Les auteurs se disent notamment favorables à la généralisation d'un repas végétarien dans les cantines des collèges et des lycées, l'instauration d'un jour végétarien par semaine et à une meilleure formation des cuisiniers.

L'étude propose également que sur l'étiquetage des produits soit indiqué le mode d'élevage et d'abattage des bêtes, et de favoriser la recherche et l'innovation dans le domaine de l'alimentation végétale. Terra Nova appelle par ailleurs les organismes publics à promouvoir davantage les protéines végétales dans leurs recommandations alimentaires. 

"L'objectif est de rompre avec l'idée selon laquelle un 'vrai repas' s'organise nécessairement autour d'une viande, explique au "Monde" Thierry Pech, le directeur général de Terra Nova. 

"Il faut cesser de discriminer le repas végétarien, qui ne doit plus être une exception ou une bizarrerie mais une partie de l'alimentation ordinaire.

Une conversion bénéfique pour l'environnement

Les auteurs de ce rapport ne mésestiment pas l'ampleur de la tâche. "Une telle évolution est loin d'être acquise", précisent-ils. "Les habitudes alimentaires d'une population ne se modifient pas en quelques années et il faut veiller à ne pas sombrer dans une sorte de positivisme alimentaire qui ferait fi de la culture, des normes sociales, des traditions et du plaisir, fût-ce au nom de la santé et de l'environnement." 

Mais ils soulignent les nombreux bénéfices d'un régime alimentaire moins carné. Cette conversion "permettrait de diminuer de moitié les émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture d'ici à 2050 par rapport à 1990, conformément à la loi de transition énergétique", en limitant les surfaces agricoles, la déforestation et les rejets directs de méthane ou d'autres polluants.

Cette conversion sera également bénéfique pour la santé, et ce tout en satisfaisant toujours les besoins humains en protéines.

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