Inscrivez vous à la newsletter du Terra Nova. Si vous souhaitez vous pouvez visualiser un exemple

Conformément à la loi 'informatique et libertés' du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d'un droit d'accès et de rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer en vous adressant...

Logo

Transition énergétique, la convention citoyenne cherche ses participants

La campagne de recrutement des 150 citoyens qui composeront la convention citoyenne pour la transition énergétique débute ce lundi 26 août.

Une grande campagne de pêche aux citoyens débute ce lundi 26 août pour trouver les 150 perles rares qui composeront, à partir de début octobre, la convention pour la transition énergétique. Cette expérience de démocratie participative, inédite à cette échelle, avait été annoncée par le président Macron, le 25 avril 2019, en conclusion du grand débat national de sortie de crise des Gilets jaunes.

L’organisation, c’est-à-dire le cadre et les acteurs chargés de permettre le bon déroulement de cette consultation, s’est depuis petit à petit mise en place. Reste le plus délicat : former un panel de femmes et d’hommes représentatif de la société qui sera chargé, d’ici à la fin janvier 2020, de traduire en acte les engagements de transition énergétique de la France.

Sur le plan logistique, les moyens sont à la hauteur de l’enjeu. Entre 250 000 et 300 000 numéros de téléphone, à 85 % des portables, sont tirés au sort et seront appelés dans les jours à venir par l’institut Harris Interactive. Puis la sélection des volontaires se fera selon une grille de critères publiée en juillet par le comité de gouvernance de la convention pour rendre compte de la diversité sociale, géographique ou générationnelle de la population. Il devra notamment y avoir 52 % de femmes et 28 % de non diplômés.

Scientifiquement, pour prétendre à une représentativité de la société, il faut un échantillon minimum d’un millier de personnes. Il s’agit donc plus précisément d’obtenir une « représentation descriptive » de la population, explique-t-on au Conseil économique social et environnemental (Cese), qui organise la convention. L’enjeu est important sur le plan social : lors de conventions régionales organisées dans le cadre du grand débat national, une surreprésentation des diplômés et des urbains en avait altéré les résultats.

Convaincre les citoyens

Le défi sera ensuite de convaincre les citoyens d’accepter la proposition. Les 150 membres de la convention devront participer à cinq week-ends de trois jours et un de deux jours à Paris, au Cese, pour chercher, dans les domaines de l’alimentation, de la mobilité ou du logement, les moyens de réduire les émissions d’énergie fossile et préciser comment financer cette transition.

« Lors des conventions régionales, les personnes qui avaient donné leur accord ont effectivement participé, souligne Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion d’Harris Interactive. Mais pour cet exercice plus long et exigeant, il va vraiment falloir s’assurer que les participants n’abandonneront pas en cours de route. » En plus des 150 sélectionnés, une quarantaine d’autres noms devraient être retenus « en réserve ».

Le feu de la crise des gilets jaunes avait été largement alimenté par les sujets de pouvoir d’achat ou de prix des carburants. L’opinion sera-t-elle aussi réceptive aux enjeux écologiques, alors que d’autres comme les retraites ou la PMA vont dominer le calendrier politique ? Thierry Pech, coprésident du comité de gouvernance, est confiant : « Toutes les études d’opinion montrent une conscience grandissante du péril climatique et aussi une envie d’une démocratie plus inclusive ».

Construire du consensus

Celui qui est aussi directeur du think-tank Terra Nova insiste sur la façon de convaincre les Français de participer. « On va leur dire que les spécialistes, on les a déjà. Ce dont on a besoin, ce sont des gens du quotidien pour parvenir à construire ensemble du consensus. Car c’est là-dessus qu’on bute depuis vingt ans. À chaque fois que le politique décide de passer aux actes, la société se fracture. »

L’annonce de la convention avait été accueillie avec scepticisme par de nombreuses organisations environnementales, suspectant Emmanuel Macron de vouloir ainsi se défausser de ses responsabilités. Mais l’exécutif s’est engagé à présenter un calendrier de mise en œuvre des propositions qui sortiront, sans filtre, de la convention, insiste Thierry Pech. Les 150 citoyens auront d’ailleurs la possibilité, s’ils le désirent, de se réunir une 18e et ultime journée pour réagir à cette réponse politique.

Réforme constitutionnelle

Pour convaincre les personnes de participer, le comité de gouvernance, qui dispose d’un budget de 4 millions d’euros, a par ailleurs prévu d’indemniser les membres de la convention sur le modèle des jurés d’assises (environ 86 € par jour, soit 1 462 € pour 17 jours) et de les défrayer pour les dépenses de transports, de logement ou même de garde d’enfant.

Alors que le projet de réforme constitutionnelle d’Emmanuel Macron prévoit de transformer le Cese, la réussite de cette première convention nationale est importante, au-delà même des enjeux écologiques. « Il ne faut pas se louper car ce n’est pas un simple ballon d’essai, explique Julien Blanchet, rapporteur de la convention et membre du Cese. Il faut que cette institution devienne vraiment enfin la troisième chambre de la République, celle de la société civile, qui donne la parole aux Français. »

Ajouter un commentaire