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La social-démocratie et la gauche en France aujourd’hui

La social-démocratie et la gauche en France aujourd’hui : retrouvez le compte rendu et la vidéo du débat de Terra Nova aux Universités du PS à La Rochelle.

Dans le cadre des Universités d’été 2013 du Parti socialiste à la Rochelle, Terra Nova a organisé le 24 août dernier une conférence intitulée « La social-démocratie et la gauche en France aujourd’hui », en présence de Michel Rocard, ancien Premier ministre et président du Conseil d’orientation scientifique de Terra Nova ; Michel Sapin, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social ; et Yann Algan, chercheur en économie à Sciences-Po. Nous vous proposons de retrouver ci-dessous l’intégralité de ces échanges en vidéo.


Un an après la victoire de la gauche aux élections présidentielles de 2012, et alors que le gouvernement a, pour la première fois depuis près de 10 ans, engagé un dialogue social constructif avec les partenaires sociaux, peut-on dire aujourd’hui que la gauche française est social-démocrate sans susciter des débats passionnés au sein même du Parti socialiste ?
 
Assimilée souvent aux politiques social-libérales conduites dans certains pays d’Europe (comme en Allemagne), la social-démocratie incarne aussi, en Suède notamment, une gauche ouverte au dialogue social et ambitieuse en terme de progrès social. Néanmoins, beaucoup s’interrogent, aujourd’hui, sur l’orientation politique de la social-démocratie  et sur les valeurs qu’elle incarne.
 
La recherche du compromis social, qui oblige à un certain pragmatisme, n’est-elle pas la meilleure manière de faire avancer la société et de favoriser le progrès social ? A quelles conditions la social-démocratie peut-elle réussir en France en 2013 ?
 
Juliette Méadel a interrogé les intervenants sur la définition de la social-démocratie et sur les causes de ses relations ambivalentes avec la gauche française. 

A travers l’histoire de la social-démocratie depuis le 19e siècle, Michel Rocard a rappelé que, contrairement aux pays d’Europe du nord ou socialistes et sociaux-démocrates se confondent, la gauche française avait toujours éprouvé de la méfiance, voire du rejet, à l’égard de la social-démocratie. Le principe d’une recherche d’un compromis, à travers le dialogue social avec les parties prenantes, a, ainsi, souvent été perçu comme une remise en cause de la démocratie représentative et du lien direct entre représentants politiques et citoyens.

Yann Algan a mis en avant la crise de confiance qui existait, aujourd’hui, entre l’ensemble des acteurs et qui empêche de développer en France une culture du dialogue social ou du compromis. Une situation ancrée dans nos quotidiens depuis le plus jeune âge, comme en témoignent nos méthodes d’enseignement très hiérarchisées et qui ne favorisent pas les relations horizontales. Le chercheur a, ainsi, rappelé que la majorité des élèves du primaire et du collège indiquait n’avoir jamais travaillé en groupe au cours de sa scolarité.

Pour Michel Sapin, ce dialogue social est pourtant le seul moyen de parvenir à des réformes durablement acceptées par tous. Une méthode que s’est employée à mettre en place François Hollande depuis son élection en mai 2012. Le Ministre a, notamment, cité l’exemple de l'Accord national interprofessionnel (ANI), signé le 11 janvier 2013 entre le MEDEF et trois syndicats majoritaires, et qui a permis, pour la première fois depuis dix ans, d’aboutir à une réforme issue d’un dialogue social constructif avec les partenaires sociaux.

Mais la social-démocratie n’est pas qu’une méthode, pour Michel Rocard, elle est aussi un ensemble de valeurs réformistes pour faire avancer la société et favoriser le progrès social. L’ancien Premier ministre a plaidé pour que ces objectifs reviennent au premier plan des programmes politiques de la gauche française.

Il a notamment appelé le Parti socialiste à poursuivre l’une des grandes réformes sociale-démocrate de ces dernières années : la baisse du temps de travail. Même s’il a estimé que la réforme des 35 heures avait connu des imperfections dans sa mise en œuvre, le principe reste, selon lui, le bon : favoriser le partage du temps de travail pour lutter contre le chômage mais aussi, et surtout, permettre aux citoyens de s’épanouir en tant qu’être humain.

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