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La grande conversation 2022

Une campagne qui piétine

Le huitième rendez-vous de la communauté citoyenne de La Grande Conversation de Terra Nova et BVA a été l’occasion d’interroger les citoyens sur leur ressenti à l’égard de la campagne présidentielle et notamment sur ce qu’ils ont retenu des derniers jours.
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Cette publication fait partie de La grande conversation 2022
NB : Les échanges de la communauté citoyenne dont on va lire le résumé ont été réalisés avant l’attaque russe en Ukraine.

Invités, comme à chaque rendez-vous de la Grande Conversation, à évoquer leur ressenti sur la campagne en cours et sur les points qui les auraient plus spécifiquement marqués les derniers jours, les citoyens apparaissent encore beaucoup dans l’expectative.

« J’ai donc l’impression générale que la campagne piétine en attendant …qu’elle démarre vraiment »

A. Une dose de suspense…

  • Vrai suspense autour de l’obtention des parrainages/signatures

La question de l’obtention des parrainages a occupé une large place dans les échanges des citoyens de la communauté. Certains participants ne manquent pas de souligner le paradoxe de candidats donnés présents au second tour mais … pas sûrs encore d’être au premier.

« Pour un certain nombre de candidats il semble que la question cruciale à l’approche du mois de mars tourne autour du nombre de signatures d’édiles obtenues ou non. »

« Plusieurs candidats n’ont toujours pas le nombre de parrainages nécessaires et cela est particulièrement choquant quand c’est des candidats crédités de 10 ou 15 % des voix »

« Je retiens surtout la crainte de voir des candidats importants qui ne pourraient pas se présenter »

  • Faux suspense autour de la candidature d’Emmanuel Macron

« Je me dis que ça devient une torture pour beaucoup de candidats de ne pas avoir la candidature officielle de Macron »

« Je persiste à penser que la véritable campagne ne commencera qu’après la déclaration du Chef de l’Etat. »

La plupart des citoyens relèvent toutefois (et comprennent) que la forte actualité internationale autour du conflit Russie-Ukraine diffère encore l’entrée en campagne d’Emmanuel Macron.

« Macron en sauveur, prenant de plus en plus de hauteur (entre Présidence de l’Europe et intermédiaire diplomatique entre Ukraine et Russie) et qui ne descend toujours pas dans l’arène ».

« Même s’il s’agit d’une posture qui n’a donc rien de spontanée, sans doute préparée par une escouade de conseillers politiques, cela lui donne une position sur l’échelle ou l’Olympe qui le favorise actuellement. Il ne débat pas, n’est pas contredit, n’avance pas d’arguments, n’expose pas sa vision, et se pose en Président en contrat à durée indéterminée qui n’a pas à rendre de comptes à terme échu »

B. Beaucoup de ratés…

  • Un meeting raté

La prestation de la candidate LR est à l’unisson perçue sévèrement tant sur la forme (le mot « raté » est systématiquement associé au meeting de Valérie Pécresse par les citoyens de la communauté) que sur le fond (ses dérapages vers la droite contribuent encore davantage à brouiller l’ensemble) :

«  En effet, meeting raté de Pecresse. Pour ma part, tant sur le fond que sur la forme, je l’ai trouvée ridicule. »

« Je trouve qu’elle veut à tout prix rassembler quitte à être floue, imprécise dans ses argumentations. Elle ne me semble pas être elle-même, elle n’est pas très naturelle sur scène. Elle est comme « robotisée », obnubilée par des phrases chocs à placer ».

« Je retiens la fameuse théorie du grand remplacement de Valérie Pecresse. Virage vers l’extrême droite à mes yeux. Inutile et dangereux. On n’a pas besoin d’une troisième candidature d’extrême droite. Si elle veut faire du pied aux soutiens de Zemmour et Le Pen c’est peine perdue. Je ne comprends pas ce changement de ligne brutal. Perso, elle me fait peur et je la sens fébrile. Plutôt que de se tenir à une ligne directrice franche, elle choisit de naviguer pour réunir. Moi, ça me déplaît »

  • La poursuite du délitement de la gauche 

Le paysage à gauche est dépeint uniquemet sous un angle négatif : le soufflé qui retombe autour de la candidature de Christiane Taubira ; les campagnes des autres candidtas qui ne décollent pas (à la légère exception de Jean Luc Mélenchon) ; les soupçons d’emploi fictif (7 citoyens y font référence) autour de Fabien Roussel entachant le léger crédit positif qu’il avait pu générer chez quelques uns.

« Hidalgo, 1,5% dans les sondages… évidemment qu’elle doit se retirer, comme Taubira, Roussel et Jadot qui désormais doivent se rallier à Mélenchon qui est loin devant… Ils sont tous ridicules à s’attacher à leurs minables scores. »

« Côté gauche, on est éparpillés façon puzzle… Taubira n’aura même pas ses 500 signatures. Va-t-elle se rallier ensuite au PS derrière Hidalgo qui a fait du lobbying pour que celle-ci n’ait pas ses signatures ? Cela va être intéressant de voir le jeu de dupes… Bref dans tous les cas le PS et Hidalgo semblent morts et enterrés… »

  • La valse des défections

Les défections croisées (présentes dans les discours de près d’un citoyen sur 3 et empruntant selon les cas les termes de « ralliements » ou de « trahisons ») participent à la confusion d’ensemble et à la distanciation dont témoignent les citoyens.

« Je suis assez étonné de tous les changements de camps des politiciens, comme Eric Woerth qui passe des Républicains à En Marche ou de Nicolas Bay qui passe du RN a Eric Zemmour. Je trouve ça lamentable le retournement de veste en direction du vent qui tourne. Ça me donne une image de la politique détestable »

 « Le fait que Nicolas Bay porte-parole du RN ait rejoint les rangs de Zemmour !!! En tant que Porte-Parole du RN, il aurait pu se prononcer plus tôt quant à son désir de rejoindre Zemmour. Mais bon, c’est ainsi, le monde politique n’est fait que de virement, de parole donnée puis reprise, selon les variations des uns et des autres… »

« Le soutien de Ségolène Royal à Mélenchon, qui je trouve n’est vraiment pas crédible »

« Mais également le mercato politique, un changement de parti des élus de Marine Le Pen qui partent chez Zemmour et ceux de Valérie Pécresse qui partent chez Macron. »

« Les nombreux coups bas et nombreuses trahisons !!! Je n’ai jamais assisté à ce genre de choses. Sommes-nous toujours en France ? Toujours difficile pour moi de me positionner pour cette présidentielle. »

« Toutes les défections au RN pour rejoindre E. Zemmour, tous les coups sont permis ! »

« A cela s’ajoute les multiples défections de LR vers Macron et Zemmour. »

C. … mais toujours peu de contenu

Au total, aucun élement positif propre à porter une véritable dynamique de campagne n’est évoqué par nos participants.

« On ne voit pas de candidat porteur d’un grand projet. Manque d’ambition. Dommage ».

« Pas grand chose de neuf à l’horizon… Mais qu’est-ce que c’est que cette pagaille… ! Où va-t-on ! Conclusion… rien de nouveau sous le soleil »

 Tout se passe comme si les citoyens assistaient à une succeession de « shows » sans véritablement s’en sentir partie prenante.

« En fait, j’entends pas mal de choses mais c’est un brouhaha entre forts en gueule, shows télé débilitants qui font la pluie et le beau temps. »

« Je suis marqué par la fréquence des débats et des interventions télévisées, radiophoniques des différents (tes) candidats ; la campagne, contrairement aux années antérieures, est devenue semble-t-il une sorte de suite de talk-shows permanents »

Terra Nova a fait appel à BVA pour constituer et animer une communauté citoyenne, composée de 50 personnes reflétant la diversité de la société française, dans leur genre, leur âge, leur catégorie socio-professionnelle, leur niveau de qualification, leur origine régionale mais aussi leur sensibilité politique.

Ceux-ci ont été invités à s’exprimer dans un forum écrit (plateforme HD quali) tout au long des journées du mardi 22 et mercredi 23 février 2022, dans le cadre de sous-groupes segmentés selon l’âge (18–34 ans ; 35–59 ans ; 60 ans et +)  

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