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La grande conversation 2022

La campagne, la pandémie et l’égalité hommes femmes : quel bilan en 2021 ?

La grande conversation 2022 et l’institut BVA ont réuni une quatrième fois les 50 citoyens de la communauté citoyenne. Le 9 décembre dernier, ils ont d’abord partagé leur perception de la campagne électorale avant de se concentrer sur l’impact de la crise sanitaire sur leur vie dans un premier temps puis sur la campagne. Le 10 octobre, ils ont été répartis en 4 groupes selon le genre et l’âge : les femmes de moins de 35 ans, celles de plus de 35 ans, les hommes de moins de 35 ans et ceux de plus de 35 ans. Ils ont échangé sur l’égalité femmes-hommes. La prochaine réunion de la communauté citoyenne se déroulera les 13 et 14 janvier 2022.
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Cette publication fait partie de La grande conversation 2022

1. Une campagne qui démarre

Interrogés, comme à chaque rendez-vous de la Grande Conversation, sur l’évolution de leur ressenti à l’égard de la campagne, les citoyens ont, pour la plupart, le sentiment que la campagne cette fois a vraiment commencé. Le signal de départ est lu au travers des candidatures : le combat a commencé, parce que les combattants sont là.  (à noter le forum s’est tenu avant l’appel à une primaire de la gauche par Anne Hidalgo )

« La campagne bouge pas mal et les candidats se dessinent. Il ne manque plus que la candidature officielle de Macron » 

« Depuis notre dernière rencontre, on peut dire que les choses se sont vraiment accélérées ! »

Ainsi deux éléments focalisent les propos des citoyens de la communauté :  d’une part, l’officialisation de la candidature d’Éric Zemmour et d’autre part, la désignation de Valérie Pécresse au terme du processus de primaire comme candidate LR.

 « Ça y est avec les candidats qui se sont déclarés, on est entré dans un début de campagne, d’abord avec Valérie Pécresse qui a gagné contre Eric Ciotti du coup candidate officielle des Républicains »

Au-delà de l’annonce des deux candidatures elle-même, le contexte de leur survenue a retenu l’attention des citoyens :

  • S’agissant de la primaire de la droite, le score surprise d’Éric Ciotti, la « chute » de Xavier Bertrand, la victoire (non attendue) de Valérie Pécresse et les premières fissures à l’unité affichée ont marqué les esprits.

« La candidature de Valérie Pécresse avec le jeu, je t’aime, moi non plus de monsieur Ciotti. » « L’élément le plus marquant est l’élimination de Xavier Bertrand. Il paye son retournement de veste chez Les Républicains. Il me semblait pourtant très investi, avait un bon programme mais son départ avec fracas puis son retour par la petite porte a laissé des traces »

 

  • S’agissant d’Éric Zemmour, c’est moins sa vidéo YouTube d’annonce de candidature (évoquée par quelques rares citoyens peu séduits d’ailleurs par les choix de mise en scène et le ton) que les images de son meeting qui sont au cœur des discussions. Tous les citoyens s’accordent pour dénoncer la violence physique.

« Ce qui m’a frappé, ce sont évidemment les violences commises à cette occasion par les partisans de Zemmour, notamment les deux coups de poings assénés par un homme sur le corps et le visage d’une femme et la violence qui s’est déployée à ce moment contre les manifestants pacifiques venus dire non, au moyen d’un message visuel (t-shirt), à Zemmour… Je n’oublie pas l’exfiltration de l’équipe de Quotidien, conspuée, insultée, bousculée, ni les coups portés au(x) journaliste(s) de Médiapart »

« L’entrée en campagne d’Éric Zemmour ma beaucoup choqué à cause des violences et le fait qu’elle soit justifiée par une partie de soutien. Je pense que la violence n’a jamais sa place »

« Le meeting de E. Zemmour bien difficile de faire le tri entre les provocateurs, la sécurité dans tout ce que l’on voit et entend » 

 

Au regard de cette actualité dominée par les événements qui concernent la droite et l’extrême droite de l’échiquier, une impression de vide et de silence du côté gauche est signalée par nos citoyens, particulièrement par ceux qui s’y autopositionnent (quelques références éparses au meeting de Jean-Luc Mélenchon sont faites et généralement assorties de remarques pour signaler à quel point il a été peu visible en comparaison de celui d’Éric Zemmour)

« A droite toute ! On ne parle que de la droite et de ses extrêmes. Dommage pour la représentativité et la richesse de cette campagne »

« Ouh ouh !!! ? Où est la gauche ??? »

« Le silence ou la perte de voix d’Anne Hidalgo, de Yannick Jadot … Je ne les entends pas ?? alors je ne suis pas branchée en permanence, mais ?? où sont-ils ?? »

On relèvera que si la candidature d’Emmanuel Macron n’a pas été officialisée, aucun de nos citoyens n’a réellement de doute en la matière. Les candidats sont là ; reste, selon les citoyens de la communauté, maintenant que leurs idées, solutions, programmes, mesures se précisent…

« Tout devient plus clair enfin ! C’est plus clair parce que tous les acteurs sont identifiés. Ce qu’il manque maintenant, c’est leurs programmes respectifs »

« Mais bon à quand un vrai débat d’idées, de propositions, de résolutions » ; « il ne me semble pas que jusqu’à maintenant on est des vraies propositions ?????? »

Enfin, jusqu’à présent nos citoyens n’évoquent pas ou peu d’éléments précis des programmes des candidats. Les propositions, parfois chocs et qui sont pourtant débattues dans les médias ne transparaissent pas encore dans leurs discussions.

2. La crise sanitaire, les citoyens et la campagne

– Dans la sphère privée, des trajectoires de vie, pour beaucoup, impactées par la crise sanitaire.

Avant de débattre de l’influence de la crise sanitaire sur la campagne, les citoyens ont été invités à faire le point sur son impact dans leur vie quotidienne. Sur l’ensemble de la communauté, un tiers environ ne note pas d’effet majeur de la crise (en dehors de l’application des gestes barrières) sur leurs grands choix de vie. Pour l’essentiel, ces participants vivent dans des environnements peu denses (rural ou semi-rural) et dans des rythmes peu guidés par les interactions sociales (retraités ; goût pour des modes de vie solitaires…)

« La crise sanitaire nous a peu modifié notre quotidien ici. Personnellement mis à part porter le masque et respecter les gestes barrières, peu a changé. » 

« Habitants à la campagne nous regardons assez de loin le Covid »

Pour tous les autres (deux tiers de notre communauté) la crise sanitaire a eu une réelle incidence sur leurs choix et modes de vie :

  • Pour 8 d’entres eux (7 femmes), elle a d’ores et déjà entrainé un changement majeur : lieu de vie (déménagement en province, en maison individuelle avec jardin), métier, parcours d’étude.  Une des citoyennes a même déménagé tout en opérant une reconversion professionnelle.

« La crise sanitaire m’a fait déménager plus vite que prévu, je suis passé de la ville à la campagne. Ça m’a également fait changer de métier car j’étais agent de sécurité en grande surface et les personnes depuis cette crise sont beaucoup plus agressives Ça m’a donné l’envie de chercher un nouveau métier moins exposé. Ça m’a conduit à réfléchir sur mes choix de vie car ce virus me fait peur »

« Je songe effectivement à reprendre mes études. La crise a, comment dire, m’a fait sauter le pas »

« Comme étudiante, la crise sanitaire a définitivement influencé mes choix de logements. Avec les menaces de restrictions j’ai fait en sorte de vivre en colocation car je n’avais pas envie de me retrouver à vivre seule en période de confinement, couvre-feu ou cours en ligne. »

 

  • Pour beaucoup elle a conduit à transformer les comportements quotidiens de consommation

« Je n’ai plus de réserve alimentaire, j’achète beaucoup plus en circuit court auprès des producteurs directement et franchement on s’y retrouve, produits de meilleure qualité, de saison, qui viennent de tout près de chez moi. J’ai épuré mes achats »  

 

  • Parfois sans modifier nécessairement les coportements elle a au moins  modifié plus philosophiquement le rapport à la vie et aux préoccupations prioritaires ; la projection dans l’avenir. Plusieurs citoyens indiquent que la pandémie a été une occasion pour eux de se rencentrer sur leurs proches,

« La crise sanitaire m’a fait me poser beaucoup de questions notamment sur le futur. Étant étudiant je me suis demandé s’il était vraiment nécessaire de faire des études, s’il ne valait pas mieux profiter »

« J’ai pris conscience pendant la crise que le travail est secondaire, que la vie personnelle est bien plus importante.  Je pense que je ne ferai plus jamais passer le travail avant ma famille »

« Je me suis recentrée sur ce qui est important pour moi, mon mari, mes vrais amis, le bénévolat que je fais dans une maison de retraite et à la bibliothèque de mon village »

« Elle m’a également fait me projeter sur l’avenir tout en gardant certaines réserves, car je ne sais pas de quoi demain est fait »

« Ces moments si étranges mais aussi si fatals ont stigmatisé en moi l’envie de vivre […] elle a réveillé en moi l’envie de retrouver mes libertés fondamentales »

« Ce temps d’arrêt a éveillé mon potentiel vital, j’ai 56 ans »

 

Le télétravail se situe à part : il est perçu comme une transformation profonde plutôt positive par ceux qui le vivent mais il s’agit moins ici d’un choix ou d’une évolution voulue qu’une configuration portée par les circonstances.

Derrière tout cela, la crise sanitaire semble avoir ouvert un nouveau paradigme : la plupart de nos citoyens ne pense possible un retour « à la vie d’avant ».

« Vu comme c’est parti, je commence moi aussi à désespérer que l’on reprenne une vie normale… » ; « Par contre hier, j’ai eu un coup de spleen en me demandant si un jour nous retrouverions une situation normale, sans masque, voire sans Covid »  

« La crise sanitaire… On pensait commencer tout doucement à sortir la tête de l’eau et paffff, on y retourne aussi vite. Je suis attristée de l’ampleur qu’elle prend, sachant qu’elle prend déjà énormément de place dans notre vie, nos habitudes… »

Au total, la crise sanitaire a provoqué dans une large majorité de la communauté une réflexion sur les choix de vie et les priorités personnelles : une réflexion sur les valeurs, un recentrage sur la famille, une quête de sens dans le travail.

– De façon contrastée,, à date, les citoyens jugent que la crise sanitaire n’a guère d’impact dans le débat public, si ce n’est pour les meetings….

S’agissant ensuite de la perception des effets de la crise sanitaire sur la campagne, la thématique massive qui occupe les échanges entre les participants concerne la tenue des meetings.  La plupart y voient une contradiction forte avec le respect des règles sanitaires auxquelles ils sont astreints au quotidien et cela génère beaucoup d’incompréhensions voire de critiques.  Et ce, même si certains ont entendu les arguments liés à l’anti constitutionnalité du contrôle du Pass sanitaire.

« Comment peut-on demander aux citoyens de respecter des règles alors que les hommes ou femmes politiques font l’inverse !! »

« Aucun, je trouve cela d’une ineptie et hypocrisie sans nom. Les meetings à je ne sais pas combien de centaines de personnes sans respect des gestes etc. ça me met hors de moi. »

 Au-delà des meetings, les rencontres avec les militants et avec les Français sont perçues comme probablement impactées et nécessitant des formes réinventées.

« La place du digital dans les nouveaux meetings va certainement changer la donne pour cette campagne notamment via les visio ou autre. »

« Comme dans les entreprises, des webinaires »

Les citoyens relèvent parallèlement que la gestion de la crise sanitaire ne contribue pas profondément à la campagne :  certains notent que les opposants à Emmanuel Macron brandissent, de manière assez creuse, l’argument faisant feu ainsi de tous bois.

« J’ai l’impression qu’à part Macron qui pourrait s’en servir pour montrer son implication dans la vie des Français et les opposants qui pourraient pointer tous les manquements du gouvernement elle a tendance à se faire oublier dans la campagne. »

 « Personnellement, je ne vois pas trop d’effet de la crise sur la campagne si ce n’est critiquer ce que fait le gouvernement actuel »

Mais, foncièrement, à analyser les débats entre les citoyens, tout se passe comme si la dimension inédite de la crise et la complexité hors norme de ses implications rendaient inaudible toute velléité et toute légitimité des candidats autres que le président sortant – actuel gestionnaire de la crise – à y référer. La crise sanitaire n’apparait pas ainsi comme un élément constitutif d’un programme de campagne.

« Les autres candidats n’ont pas grand-chose à dire sur cette crise sanitaire »

« Personne ne se prononce sur la suite de la gestion de la crise après les élections »

 « Je n’ai pas l’impression que la crise sanitaire soit une préoccupation majeure pour les candidats à la Présidentielle. »

« Personne ne se prononce vraiment dessus car aucun politique n’aurait aimé être président au début de la crise. »

« Les candidats semblent vraiment faire abstraction. Sûrement car ils savent que pour la plupart des Etats ça a été quelque chose de très difficile, d’inouï à gérer… autrement dit ils ne font pas de critiques positives ou négatives sur ce thème assez universel, qu’ils n’abordent pas… ou sans doute très peu… »

En revanche, les candidats sont attendus – et certains citoyens souhaiteraient les entendre – dans leur programme sur des sujets santé de fond : le devenir de l’hôpital public, les soignants, les moyens alloués, sujets révélés par la crise sanitaire plus que déclenchés. (Ce résultat fait écho aux études que nous menons :  dans la la vague 3 de l’enquête pré-électorale BVA diffusée le 10 décembre, la santé est citée comme le sujet qui comptera le plus dans le choix de vote des électeurs en avril prochain, par 95% des Français dont 72% pour qui il comptera « beaucoup »… ce qui explique des attentes très fortes qui contrastent avec l’absence de prise de parole des candidats sur ces sujets).

« Je trouve également que les sujets liés à la pandémie comme la question des soignants (qui ont d’ailleurs manifesté récemment) sont assez oubliés dans le discours des candidats déclarés. »

« La crise sanitaire a fait ressortir entre autres la nécessite de réformer le service public de la santé, il manque des lits, des soignants, des médecins, du budget. En somme il manque des moyens pour permettre un bon fonctionnement de ce service public. Il est impératif que les candidats prévoient une modification du système de santé en France ».

« On sait globalement qu’on est sur une situation inédite et que les réponses se construisent en mode « gestion de crise » et « moindre mal conjoncturel », c’est-à-dire ce qui va faire le plus de bien et le moins de mal à l’instant où on prend la décision. Le problème est que l’on reste à ce niveau de l’action politique depuis bientôt 2 ans alors qu’on est censé allé sur du structurant »

Enfin, en signal faible, on relève chez certains citoyens, l’aspiration à ce que les candidats dessinent au-delà de la crise sanitaire actuelle les perspectives d’un «  avenir radieux ».

« Une meilleure visualisation, une projection vers le monde de demain serait nécessaire et rassurerait aussi. La perspective d’un monde agréable, où il peut encore faire bon vivre, pour tout le monde, …après cette crise sanitaire »

3. L’égalité homme/femme 

L’égalité homme/femme est un sujet d’actualité récurrent toutefois souvent lié à des révélations ou des scandales. Aussi, il nous semblait intéressant d’intérroger les citoyens sur cette thématiques afin de comprendre leur perception de ce sujet et de son évoluation, leur évaluation de son importance et leurs attentes.  Ils ont échangé en 4 sous-groupes, segmentés selon le sexe et l’âge : femmes de moins de 35 ans ; femmes de plus de 35 ans ; hommes de moins de 35 ans ; hommes de plus de 35 ans.   

A) Le constat aujourd’hui

  • Une thématique devenue un enjeu pour tous les citoyens, quel que soit l’âge ou le sexe

La question de l’égalité homme-femme apparait aux yeux de tous comme une préoccupation dont l’ampleur a augmenté avec les années et qui occupe un espace plus important que par le passé.

« Oui je pense que ce thème prend de plus en plus de place au sein des débats. Aussi les gens sont plus ouverts et plus sensibles à ce sujet qu’auparavant. » (Homme, < 35 ans)

 « Je pense que la lutte pour l’égalité des hommes et des femmes doit être au même niveau que la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme tous ces choses sont les fléaux de notre époque. ». (Homme, 36 ans et +)

« Les femmes et les hommes doivent recevoir un traitement égal et ne doivent pas être victimes de discriminations ; pour moi il ne devrait pas y avoir de différence au 21 siècle » (Homme, 36 ans et +)

« Je trouve que les jeunes générations sont plus éduquées sur ce sujet et plus enclines à faire avancer la cause des femmes (pas tous, mais il y a une prise de conscience ce qui est déjà un début), comparée à la génération de mes parents » (Femme, < 35 ans)

Les « procès » en contestation de la légitimité de l’enjeu restent à date extrêmement minoritaires, souvent d’ailleurs le fait de citoyens plus âgés.

« L’égalité homme-femme est quelque chose de normal mais il ne faut pas tomber dans l’excessivité. Par exemple dans un divorce on favorise souvent la femme au détriment de l’homme. » (Homme, 36 ans et +)

« Pour moi, il n’est pas question de parler d’"égalité" entre hommes et femmes. Il s’agit plutôt de « complémentarité ». Cette réponse, je la fais sans doute parce que je suis de l’"ancienne génération", de celle qui voyait plutôt, au quotidien : « maman aux fourneaux, papa au boulot ». (Femme, 36 ans et +)

Des variations d’intensité s’expriment bien sûr mais on relèvera une forte mobilisation et des discours revendicatifs chez la plupart des femmes, notamment des plus jeunes au moment où elles entrent dans la vie active.

« Étant sur la fin de mes études c’est quelque chose qui me préoccupe beaucoup. Je n’accepterais pas d’être payée moins que mes camarades masculins (à études et expériences similaires), cela va à l’encontre du principe d’égalité qui caractérise le régime démocratique. (Femme, < 35 ans)

  • L’égalité homme/femme : dans les représentations, un sujet qui se pense d’abord dans la sphère du travail avant la sphère domestique

– Pour tous les citoyens de la communauté, quel que soit l’âge ou le genre, parler d’égalité homme-femme réfère d’abord à l’univers professionnel, en particulier aux différences salariales et à la difficulté d’accès des femmes à des postes dirigeants (« le plafond de verre »).

« Egalité salariale ou plutôt pas (sauf dans la fonction publique) » (Homme, 36 ans et +)

« La différence de salaire existe pourtant bien… non pas que les femmes soient beaucoup moins payées que les hommes à poste égal, mais parce que les femmes n’ont pas les mêmes opportunités de carrière et donc, globalement, ne peuvent atteindre les mêmes postes que les hommes. » (Homme, < 35 ans)

« Je pense d’abord aux inégalités salariales, et notamment à la notion de plafond de verre qui correspond à une limite théorique en termes de montant de salaire que les femmes ont du mal à dépasser. Cela est dû au fait que les femmes ont plus de difficultés à accéder à des postes à haute responsabilité. » (Femme, < 35 ans)

« Avoir un enfant freine généralement la carrière d’une femme alors que celle de l’homme est valorisée après une naissance, c’est fou et cela m’inquiète ». (Femme, < 35 ans)

La route à accomplir est perçue par la plupart des citoyens comme encore longue et les progrès à faire nombreux, et ce, même si l’on relève de réelles avancées dans l’univers professionnel :  nombre de femmes dans les conseils d’administration, alignement des rémunérations, congé paternité (évoqué par les hommes)

« La position des femmes dans le monde du travail. Elles sont de plus en plus représentées, mieux rémunérées, même si ce n’est pas encore suffisant. La vision qu’ont les hommes aussi, on commence à sortir des stéréotypes de l’homme travaille et la femme éduque et cuisine. » (Homme, < 35 ans)

La question des quotas dans les entreprises et leur contribution aux évolutions notées divise les citoyens de notre communauté ; à date, les plus critiques à l’égard de la mesure sont les hommes.

« Pour moi l’égalité homme femme est justifiée et je ne comprends pas que l’on soit obligé de passer par la loi pour y arriver seules les compétences devraient être prises en compte. » « Ce n’est pas le genre qui compte mais la compétence » (Homme, 36 ans et +)

 « Par ailleurs on met en place des quotas pour les femmes dans les conseils municipaux, dans les conseils d’administration etc. Moi je suis par exemple administrateur mutualiste et nous avons beaucoup de mal à « recruter » des femmes » (Homme, 36 ans et +)

« Je ne suis pas d’accord avec certaines politiques d’égalité de résultats comme le nombre d’hommes ou femme à tel poste là où devrait primer la compétence. Je suis extrêmement méfiant à ce sujet car il y a beaucoup de désinformation. » (Homme, < 35 ans)

  - L’égalité homme-femme dans la sphère domestique est une thématique principalement appropriée au sein de notre communauté par les femmes (la charge mentale, l’éducation des enfants, les tâches ménagères).  Elles y font référence d’avantage que leurs homologues masculins, tout particulièrement des plus âgés au sein desquels ce thème est quasiment absent.

« J 'aimerais qu’au niveau salaire les inégalités cessent, j’aimerais que l’homme ait plus conscience de cette charge mentale et se sente plus impliqué de ce fait. J’aimerais que l’on considère le travail de mère au foyer comme un vrai travail. » (Femme, 36 ans et +)

 « C’est un problème qu’on rencontre dans plusieurs domaines, de la vie pro comme perso : accès à la santé, problèmes dans les transports en commun, relations sociales, gestion du foyer, répartition de la charge mentale inégale » (Femme, < 35 ans)

« Même si, juridiquement parlant, les femmes et les hommes sont égaux, ce n’est pas le cas dans la société. En effet, au sein des familles, je pense que les femmes endossent toujours plus de responsabilités et réalisent plus de tâches domestiques (même si la situation s’est fortement améliorée). C’est aussi le cas pour l’éducation des enfants. » (Homme, < 35 ans)

– La passerelle est souvent faite, par hommes et femmes de la communauté, entre la thématique de l’égalité et les violences faites aux femmes, le harcèlement, perçues comme illustratives des rapports de pouvoir dans la société.

« J’ai même l’impression qu’on régresse en France quand on voit le développement affolant du harcèlement de rue, ce sont des situations dont on entendait moins parler avant (dans les décennies précédentes). (Femme, < 35 ans)

« Les femmes souffrent d’une grande injustice dans notre société car beaucoup d’homme ne savent pas se tenir. Elles souffrent d’harcèlement, de discrimination au salaire. » (Homme, 36 ans et +)

 « L’avènement des déclarations metoo met aussi à jour le comportement des hommes vis-à-vis des femmes, et notamment le comportement de prédateur sexuel des hommes de pouvoir. » (Homme, 36 ans et +)

  • La sphère politique ne porte pas de valeur d’exemplarité :  une égalité homme/femme factice ?

La plupart des citoyens relève que dans les institutions de l’Etat ou dans les partis, la parité est souvent factice, brandie comme un argument de campagne plus que comme une réalité.

« Moqueries graveleuses et sexistes des hommes à l’Assemblée Nationale » (Homme, 36 ans et +)

« Je suis encore profondément agacée que dans les milieux politiques et décisionnaires on retrouve une très grande majorité d’hommes, et que cette poignée d’hommes décide au nom des femmes (PMA pour toutes, GPA, avortement par exemple). » (Femme, < 35 ans)

« La parité homme femme n’est toujours pas respectée. Quand on regarde les meetings on se rend compte souvent que ce sont des parités de façade. » (Homme, 36 ans et +)

 En revanche, certains lisent dans la présence de candidates femmes en nombre à la présidentielle un possible point de bascule des perceptions.

 « Peut-être les prochaines élections me contrediront-elles qui d’Anne, de Marine ou de Valérie, l’avenir nous le dira… (Homme, 36 ans et +)

« C’est en très bonne voie…  Avec peut-être une présidente de la république en 2022 !  En tout cas les prétendantes sont bien là et c’est déjà un signe » (Homme, 36 ans et +)

« La parité tant à s’installer dans le domaine politique. Nombre de femmes sont à la tête de grandes villes ou de grandes métropoles. Deux femmes représentent les deux partis historiques pour la présidentielle. »

B) Pour le futur, le souhait que cet enjeu devienne une réalité concrète

Pour la plupart des citoyens de notre communauté, le chemin à parcourir vers l’égalité semble encore long (et ce, même si, les citoyens le soulignent, des progrès ont été accomplis et notés), la libération de la parole constituant un point d’évolution positive sur la trajectoire de l’égalité à construire.

« Eh oui ! Il y a encore, j’en ai bien peur, beaucoup de chemin à parcourir. » (Femme, 36 ans et +)

 Sur ce constat partagé de la plupart, les opinions se scindent (transcendant d’ailleurs les clivages de sexe et d’âge) quant à la dynamique globale qui se dessine.

  • Une posture de confiance dans les avancées possibles 

« Je pense et j’espère que cela évoluera dans le bon sens dans les années à venir. Plus de parité dans les ménages et un partage de la charge mentale qui est à l’heure actuelle trop souvent attribué à la femme. Plus de femmes à des postes haut placés dans les entreprises et des salaires réévalués. Moins de pressions sur les épaules des femmes de la part de la société patriarcale qui nous en demande toujours plus. » (Femme, 36 ans et +)

« Il y a des raisons d’être un peu optimiste parce que notre génération a envie de changer les choses et d’en finir avec les inégalités de genres, mais je pense qu’il faudra attendre encore un bon moment avant de voir un changement des personnes à la tête des entreprises ou des personnes décisionnaires dans notre pays puisqu’ils sont pour beaucoup d’une génération plus ancienne qui n’accepte pas le changement autant que nous le voulons. » (Femme, < 35 ans)

« Je pense qu’il faut parvenir à l’égalité homme femme, et je suis sûr que l’on pourra y arriver en concentrant nos efforts. Par exemple, en mettant en place des incitations à la parité dans les entreprises ou même dans les instances publiques (sans passer par des quotas, qui pourraient inciter à recruter des femmes pas pour leur compétences), en permettant aux pères de famille de jouer un rôle plus important, etc. » (Homme, < 35 ans)

  • Un certain scepticisme quant à la capacité de notre pays à se transformer en profondeur et à faire évoluer modes de fonctionnement et représentations.

« Nous sommes très très loin d’avoir une égalité homme-femme, le système patriarcal verrouille bien trop de choses. » (Homme, 36 ans et +)

 « Le rôle des pères en général a évolué, ils s’investissent plus au quotidien. En revanche les mentalités pas trop en ce qui concerne ce qui est « normal » que fasse une femme ou un homme, exemple mettre du vernis à ongles pour les hommes ou faire de la mécanique pour une femme. » (Femme, 36 ans et +)

« Un exemple qui m’a marqué c’est lors de mon mariage cette année quand l’élue a donné le livret de famille elle me l’a donné à moi en disant je le remets au chef de famille. J’estime qu’il n’y a pas de chef de famille. Les décisions c’est à deux qu’on les prend » (Homme, 36 ans et +)

« Nous sommes très en retard sur le sujet. Pourquoi un homme à compétences égales serait-il mieux payé qu’une femme ? Et à l’inverse, pourquoi certains métiers sont majoritairement réservés aux femmes (sage-femme, secrétaire) ? Je trouve que nous avons encore énormément de chemin à faire. » (Homme, < 35 ans)

  • Une posture d’inquiétude sur ce qui leur apparait comme étant des menaces aux avancées opérées.

« Il y a eu quelques progrès, sans cesse attaqués » « Nous sommes sur le bon chemin mais il y a encore des petits efforts à faire » (Homme, 36 ans et +)

  • Confiscation du sujet par des mouvements extrêmes qui videraient la légitimité de la cause (wokisme ; féminisme) L’actualité du iel au moment de la communauté a suscité plusieurs critiques. A noter toutefois, seuls les hommes de notre communauté ont mis en avant ces dérives « extrêmes »

« Tout à fait d’accord à condition que ce soit les femmes sérieuses qui montent au créneau et non celles de quelques associations féministes extrêmes que de nombreuses femmes ne soutiennent pas. Juste la bonne personne au bon endroit quel que soit le genre » (Homme, 36 ans et+)

« Malheureusement il semble que la dérive wokiste gagne de terrain en France aussi je pense qu’on va de plus en plus parler de choses anecdotiques comme le fait d’ergoter sur des féminisations de mots (ou plutôt « démasculinisation » de mots !). Et qu’à l’inverse les vrais combats contre les violences faites aux femmes par exemple vont passer au second plan. J’ai l’impression que c’est déjà un peu le cas… » (Homme, < 35 ans)

« Une belle idée à laquelle je souscris totalement même si dans la réalité je trouve qu’au nom de cette idée on dit et fait un peu n’importe quoi par moment (wokisme, féminisme extrême, quota, castration intellectuelle). De plus cette idée devient politique tout comme l’est devenue l’écologie. » (Homme, 36 ans et+)

« En revanche je trouve excessif un certain nombre de revendications. En tant qu’ancien professeur de lettres, le « iel » me reste en travers de la gorge. » (Homme, 36 ans et+)

 

  • Impact des religions et des intégrismes (notamment musulmans selon les citoyens qui s’autopositionnent à droite et à l’extrême droite de notre communauté)

« Oui et non. Oui si nous reprenons #Metoo et les mouvements féministes ; non si nous observons le retour à l’asservissement de la femme par la religion, le port du voile qui a pris une importance colossale dans nos sociétés (voyons les photos des femmes occidentales des années 70 et celles actuelles des tenues en ville et je ne parle pas des pays musulmans où il y a un net retour à l’obscurantisme. » (Femme, 36 ans et +)

« Les religions ne font pas de l’égalité homme-femme leur cheval de bataille, et les cultures musulmanes et catholiques, par exemple, ont tendance, lourdement pour la première, à considérer la femme comme étant au service de l’homme et la notion même d’égalité n’existe pas. » (Homme, 36 ans et +)

  • Certaines femmes et hommes de notre communauté lisent dans les propos d’Éric Zemmour une illustration des menaces qui pèsent sur le sujet de l’égalité homme/femme.

« J’ai juste peur que des candidats comme Éric Zemmour et leurs partis qui sont profondément sexistes et pensent que les femmes valent moins que les hommes prennent plus d’importance dans l’échiquier politique et annulent tous les progrès faits jusqu’alors » (Femme, < 35 ans)

« Je trouve tellement désolant et triste de voir qu’un candidat comme Éric Zemmour puisse penser foncièrement que les femmes ont moins de valeur que les hommes dans toutes les sphères de la société. » (Femme, < 35 ans)

In fine, bon nombre de nos citoyens continue à attendre une volonté politique forte traduite par des engagements concrets en la matière.

« J’espérais que ce thème soit représenté dans la campagne présidentielle et j’ai pour l’instant été déçue. J’espère cependant que le candidat élu en fera un des objectifs de son mandat en s’y consacrant sérieusement (c’était une des promesses de campagne de Macron, mais on attend toujours qu’il s’y intéresse. » (Femme, < 35 ans)

 « Que ce programme d’égalité hommes femmes soit mis en pratique, respecté et il faut que cela marche par une dynamique de nos dirigeants politiques. » (Femme, 36 ans et +)

Enfin, il est un levier sur lequel beaucoup des citoyens de la communauté s’accordent : le rôle de l’éducation familiale et scolaire dans la construction d’une égalité réelle homme – femme à venir.

 « Pour demain il faut que l’école et l’éducation soit encore plus qu’aujourd’hui, la grande richesse pour les filles particulièrement et bien sûr pour les garçons également. » (Homme, 36 ans et+)

 « J’essaye à mon petit niveau de ne pas reproduire le schéma familial qui veut que la femme fasse tout dans le foyer. Mais c’est difficile et j’ai l’impression d’avancer à contre-courant aux yeux de mon conjoint (qui voudrait bien qu’on soit dans le schéma cliché des années 50) et de ma famille. Je viens d’avoir un bébé et je suis choquée de voir qu’aux rendez-vous médicaux auxquels le papa vient, on ne me parle qu’à moi ! » (Femme, < 35 ans)

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