Primaires de la droite et du centre : l’effet bocal
Cette étude de Terra Nova explique en quoi l’organisation du scrutin de la primaire de la droite et du centre a enfermé l’élection dans un « bocal sociologique » . Les organisateurs ont en effet soigneusement sélectionné les publics susceptibles d’y participer, sans être forcément conscients des conséquences pratiques de leurs décisions.
La forte participation à la primaire de la droite et du centre n’a été obtenue qu’au prix d’une organisation du scrutin qui, par ses choix d’implantation et son quadrillage du territoire, a tendu à enfermer l’élection dans un « bocal sociologique » propre à favoriser une autre forme de radicalité dans le choix du candidat. Les organisateurs de la primaire ont en effet soigneusement sélectionné les publics susceptibles d’y participer, sans être d’ailleurs nécessairement conscients des conséquences pratiques de leurs décisions.
Pour appuyer son analyse, cette étude mobilise le taux de couverture en bureaux de vote pour 10 000 inscrits par département : plus ce taux est élevé, plus on est fondé à considérer qu’il a été facile de voter. La moyenne nationale est ici de 2,26 bureaux de vote pour 10 000 inscrits par département. Les 15 départements qui sont les plus inférieurs à ce taux peuvent être considérés comme ayant été faiblement couverts. Les 15 départements les plus supérieurs à ce taux ont été eux, au contraire, fortement couverts.
Il en ressort que les départements du nord du pays (Pas de Calais, Nord), de la Bretagne (Finistère, Côtes d’Armor), du sud-ouest (Haute-Garonne), ainsi que la Seine-Saint-Denis ou le Puy-de-Dôme, ont été clairement sous-investis. On retrouve dans cette catégorie nombre de circonscriptions qui penchent traditionnellement à gauche ou marquées par une forte présence des catégories populaires.
En revanche, les territoires surinvestis se trouvent dans l’ouest de l’Ile-de-France (Hauts-de-Seine, Yvelines), à Paris, en Alsace (Haut-Rhin, Bas-Rhin), dans le Lyonnais (Rhône), dans le sud-est (Alpes maritimes) et dans le centre-ouest (Maine-et-Loire, Loiret, Mayenne…).
Mais quels ont été les résultats en termes de participation sur ces différents territoires ? Une cartographie plus fine fait apparaître des paris gagnés ou perdus selon le rapport qui se dessine entre l’investissement dans les territoires (mesuré par le taux de couverture en bureaux de vote) et la participation. Il en ressort quatre groupes : un groupe « négligé » (taux de couverture inférieur à la moyenne, mais forte participation), un groupe « perdant » (faible taux de couverture et taux de participation inférieur à la moyenne), un groupe « gagnant » (fort taux de couverture, forte participation), et, enfin, un groupe « décevant » (un fort taux de couverture mais une faible participation).
En outre, la sociologie des trente communes où la participation a été la plus forte au premier tour de la primaire sont exemplaires du cœur de cible de la droite mobilisée lors de ce scrutin. Les communes riches comme celles des Yvelines (Rennemoulin, Rocquencourt, Chevenay…), des Hauts de Seine (Marnes la Coquette, Vaucresson, Ville d’Avray…) ou les arrondissements les plus fortunés de Paris (7e, 8e, 16e, 6e) sont particulièrement représentées dans ce top 30. Y sont également largement représentées les communes du Bas-Rhin, où la droite a enregistré d’excellents résultats. Au total, dans ce top 30, ne figurent qu’une commune qui a un revenu médian annuel inférieur à 20 000 euros, et vingt qui ont un revenu médian annuel supérieur à 30 000 euros (le niveau de vie annuel médian se situe en 2014 autour de 20 400 euros au niveau national). Enfin, ce sont pour l’essentiel des communes situées en milieu urbain : cinq seulement sont en milieu rural.
Deux conclusions s’imposent. La première est, bien sûr, que la conception de la primaire a été remarquablement efficace en termes de mobilisation. Les choix d’implantation se sont avérés pertinents de ce point de vue. La seconde est que cette efficacité dans la mobilisation a un revers : la primaire s’est enfermée dans un « bocal sociologique ». Le nombre record de participants a sans doute masqué en partie cette réalité, suggérant que l’on pouvait apercevoir, à travers ce bocal, une tendance plus générale de l’électorat français. La réalité est que ce très large échantillon n’a rien de représentatif de la diversité de l’électorat. La primaire de la droite et du centre a remarquablement « saturé » sa cible, mais cette cible est restée sociologiquement très fortement polarisée et sans doute peu représentative de l’électorat dans son ensemble, voire trompeuse.
Sans doute faudra-t-il que les partis réfléchissent à l’avenir aux moyens de corriger ces biais de construction, notamment pour organiser des élections primaires plus largement ouvertes aux classes populaires.
Alain Lipietz signe la postface de cette étude.
La primaire de la droite et du centre qui s’est tenue en novembre 2016 est venue ajouter une nouvelle expérience à une pratique dont on n’a pas fini de découvrir les conséquences sur la vie politique nationale. L’organisation et les résultats de ce dernier scrutin ouvrent en particulier une interrogation qui n’avait qu’affleuré lors de la primaire socialiste de 2011. Forte d’une participation record (plus de 4 millions d’électeurs dès le premier tour), cette primaire a permis à la fois d’échapper aux manœuvres d’appareil pour départager les candidats à la candidature, et de conjurer les risques de biais militants et activistes dans cet exercice. Mais cette participation n’a été obtenue qu’au prix d’une organisation du scrutin qui, par ses choix d’implantation et son quadrillage du territoire, a tendu à enfermer l’élection dans un « bocal sociologique » propre à favoriser une autre forme de radicalité dans le choix du candidat.
Les électeurs mobilisés lors de cette élection ont en effet massivement jeté leur dévolu sur un candidat au discours libéral-conservateur beaucoup plus radical que celui qui avait fait la course en tête dans les sondages pendant de longs mois et à qui, contrairement à ce que l’on pouvait croire, la large participation au scrutin n’a pas profité. Certes, ce choix a sans doute été fait à la lumière de considérations politiques particulières. Nombre d’électeurs de droite ont eu le sentiment, en choisissant leur candidat, de « choisir le prochain président de la République », comme on l’entendait souvent durant la campagne, la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle et la faiblesse de la gauche étant alors tenues pour acquises par un grand nombre de responsables politiques et d’électeurs de droite. Ces considérations font une différence sérieuse avec le scrutin de 2011 où les électeurs de gauche avaient choisi l’un des plus modérés parmi les prétendants à la candidature, sans doute dans le souci de battre Nicolas Sarkozy, alors président sortant. Mais ces considérations politiques n’expliquent pas tout. Le choix d’un François Fillon habillé pour l’occasion en champion d’un conservatisme culturel résolu et d’un libéralisme d’inspiration reagano-thatchérienne est aussi un effet de la construction de ce scrutin. Les médias y ont été trop peu attentifs, mais les organisateurs de la primaire ont soigneusement sélectionné les publics susceptibles d’y participer, sans être d’ailleurs nécessairement conscients des conséquences pratiques de leurs décisions.
Remarquable d’abord par sa méthodologie. Sans s’autoriser a priori des déclarations préalables des organisateurs de la Primaire de la Droite et du Centre, elle reconstitue d’abord, empiriquement, comment a été « produit » cet échantillonnage des préférences de leur électorat. Non ce que les organisateurs ont voulu faire, mais ce qu’ils ont fait effectivement, puis leurs réussites, leurs bonnes surprises, leurs échecs.
Pour étayer ces hypothèses, nous avons voulu procéder à un examen technique des résultats de la primaire de la droite et du centre dans ses 10 228 bureaux de vote répartis dans 6 059 communes (y compris les arrondissements de Paris, Lyon et Marseille qui sont comptés comme des communes dans la présente étude). Outre les données des premier et second tours, nous nous avons utilisé des données socio-économiques de l’Insee caractérisant les communes concernées (recensement de la population) ainsi que certains résultats des élections présidentielles de 2012. Nous nous sommes appuyés sur des statistiques descriptives ainsi que sur la méthode dite « ACP » (Analyse par composante principale) pour certains développements.
Précisons enfin que cette étude doit beaucoup au travail de la cellule chiffrage de Terra Nova.
Encadré 1 – Limites méthodologiques Quelques limites de l’étude des résultats à la primaire de la droite et du centre concernant la détermination des caractéristiques sociologiques des votants : Les caractéristiques prises en compte sont celles des électeurs et non pas des votants : pour un bureau de vote donné, les caractéristiques sociologiques de la population résidant dans la ville où se trouve ce bureau sont prises en compte. Cela permet de comparer le comportement de corps électoraux différents, et d’en déduire un comportement global au niveau national. En revanche, au niveau d’un bureau de vote, il n’est pas possible de connaître le profil des votants. Quand plusieurs villes sont rattachées à un même bureau, seules les caractéristiques de la ville où se trouve le bureau sont prises en compte. Autrement dit, si les habitants de la commune A doivent voter dans la commune B (car la commune A ne possède pas de bureau), on considère qu’ils ont les mêmes caractéristiques sociologiques que les habitants de la commune B. Cet effet ne joue que dans les petites communes, les grandes communes disposant de leur(s) propre(s) bureau(x) de vote. De surcroît, on peut supposer qu’il existe une certaine continuité sociologique de la population d’une commune à l’autre dans ce type de cas, qui concerne souvent des zones moyennement ou peu denses. |
1 – Analyse de la conception du scrutin et de la participation
1.1 – L’implantation des bureaux de vote et la sélection des électeurs
Le choix des lieux d’implantation des bureaux de vote de la primaire n’a rien d’aléatoire. Il correspond à une stratégie guidée par trois contraintes : 1) être présent dans toutes les circonscriptions, 2) placer plus de bureaux dans les communes et circonscriptions où réside un électorat traditionnel de droite (et éventuellement aussi des équipes militantes), 3) respecter un certain équilibre entre la sociologie potentielle de l’électorat des principaux candidats de manière à n’en favoriser aucun. Ces considérations ont considérablement orienté la conception générale de la primaire et ses résultats.
Si cette élection a rencontré un tel succès, c’est d’abord parce que ses initiateurs (comme les socialistes en 2011) ont été capables de déployer un très grand nombre de bureaux de vote sur l’ensemble du territoire (10 228 en tout dans quelque 6 059 communes). Ce défi logistique a été relevé sans difficultés ni contestations majeures. De ce point de vue, le dispositif a parfaitement fonctionné. L’analyse plus détaillée de la stratégie de quadrillage électoral du territoire montre que la concentration des bureaux de vote est très corrélée à la densité de la population.
Carte 1 – Nombre de bureaux de votes par commune concernée par la primaire

Remarque : les communes de Paris, Marseille et Lyon ne sont pas colorées. Cela vaut pour l’ensemble des cartes.
La carte 1 indique la localisation des communes comprenant au moins un bureau de vote. La couleur est d’autant plus sombre que le nombre de bureaux est élevé. Logiquement, la densité de bureaux de vote est la plus élevée dans le cœur des aires urbaines. Cependant, il apparaît déjà – et cela est confirmé par la suite – que toutes les zones peu denses ne sont pas traités de la même manière. Certaines font l’objet d’un quadrillage assez serré, alors que d’autres sont beaucoup moins couvertes.
Carte 2 – Nombre d’inscrits par bureau

Comme le montre la carte 2, le nombre d’inscrits par bureau de vote connaît de très fortes variations selon les territoires : de quelques centaines pour les plus petits à plusieurs dizaines de milliers pour les plus grands. Sur la carte 2, une couleur claire signifie qu’un bureau de vote compte peu d’inscrits. Cela s’explique par deux effets contraires, dont le premier semble dominer :
- La mise en place d’un bureau malgré la faiblesse du nombre d’inscrits traduit l’importance donnée à l’électorat local, dont il est attendu qu’il se mobilise fortement ;
- Dans les zones très peu peuplées, un bureau de vote peut avoir peu d’inscrits, quand bien même son périmètre géographique serait très étendu.
À l’inverse, une couleur plus foncée indique que les électeurs potentiels sont nombreux pour un même bureau de vote. Cela implique que davantage de bureaux auraient pu être ouverts, si l’électorat concerné avait été jugé plus « intéressant ». Bien sûr, cela ne vaut pas pour le cœur des grandes agglomérations, très densément peuplées et pour lesquelles le nombre de bureaux est nécessairement plafonné.
Pour objectiver les premières impressions issues de la lecture de ces cartes et mettre en évidence les préférences des concepteurs de la primaire de la droite et du centre, nous avons examiné le taux de couverture en bureaux de vote pour 10 000 inscrits par département. Plus ce taux est élevé, plus on est fondé à considérer qu’il a été facile de voter.
Les quinze départements les plus faiblement couverts ont un taux de couverture compris entre 1,55 et 1,87 pour 10 000 inscrits, contre une moyenne nationale de 2,26. On notera que des départements relativement, voire très peuplés comme le Pas-de-Calais ou la Haute-Garonne ont fait l’objet d’une faible couverture, alors même que les Yvelines ou le Bas-Rhin, démographiquement comparables, ont fait l’objet d’une forte couverture.
Tableaux 1 et 2 - Taux de couverture par département[1]
Quinze plus faibles couvertures
Code | Département | Nb de bureaux de vote | Nb d’inscrits | % bureaux | % inscrits | Bureaux de vote pour 10 000 | |||||||||||||||||
87 | Haute Vienne | 40 | 258 678 | 0,4 | 0,6 | 1,55 | |||||||||||||||||
19 | Corrèze | 29 | 186 021 | 0,3 | 0,4 | 1,56 | |||||||||||||||||
65 | Hautes Pyrénées | 29 | 178 769 | 0,3 | 0,4 | 1,62 | |||||||||||||||||
97 | Outre-mer | 240 | 1 462 548 | 2,3 | 3,2 | 1,64 | |||||||||||||||||
98 | Autres territoires français | 66 | 400 240 | 0,6 | 0,9 | 1,65 | |||||||||||||||||
23 | Creuse | 16 | 93 920 | 0,2 | 0,2 | 1,70 | |||||||||||||||||
16 | Charentes | 45 | 260 507 | 0,4 | 0,6 | 1,73 | |||||||||||||||||
03 | Allier | 45 | 253 896 | 0,4 | 0,6 | 1,77 | |||||||||||||||||
63 | Puy-de-Dôme | 80 | 451 228 | 0,8 | 1,0 | 1,77 | |||||||||||||||||
31 | Haute Garonne | 158 | 882 531 | 1,5 | 1,9 | 1,79 | |||||||||||||||||
11 | Aude | 48 | 267 879 | 0,5 | 0,6 | 1,79 | |||||||||||||||||
58 | Nièvre | 29 | 160 558 | 0,3 | 0,4 | 1,81 | |||||||||||||||||
62 | Pas-de-Calais | 197 | 1 085 792 | 1,9 | 2,4 | 1,81 | |||||||||||||||||
22 | Côtes d’Armor | 84 | 451 413 | 0,8 | 1,0 | 1,86 | |||||||||||||||||
70 | Haute-Saône | 38 | 203 688 | 0,4 | 0,4 | 1,87 | |||||||||||||||||
Quinze plus fortes couvertures | |||||||||||||||||||||||
Code | Département | Nb de bureaux de vote | Nb d’inscrits | % bureaux | % inscrits | Bureaux de vote pour 10 000 | |||||||||||||||||
15 | Cantal | 40 | 117 718 | 0,4 | 0,3 | 3,40 | |||||||||||||||||
2A | Corse du Sud | 35 | 106 311 | 0,3 | 0,2 | 3,29 | |||||||||||||||||
53 | Mayenne | 72 | 221 117 | 0,7 | 0,5 | 3,26 | |||||||||||||||||
48 | Lozère | 19 | 59 058 | 0,2 | 0,1 | 3,22 | |||||||||||||||||
05 | Hautes-Alpes | 35 | 109 116 | 0,3 | 0,2 | 3,21 | |||||||||||||||||
61 | Orne | 68 | 214 960 | 0,7 | 0,5 | 3,16 | |||||||||||||||||
67 | Bas-Rhin | 198 | 651 075 | 1,9 | 1,4 | 3,04 | |||||||||||||||||
49 | Maine-et-Loire | 163 | 561 229 | 1,6 | 1,2 | 2,90 | |||||||||||||||||
06 | Alpes-Maritimes | 216 | 762 183 | 2,1 | 1,7 | 2,83 | |||||||||||||||||
21 | Côte d’Or | 99 | 354 292 | 1,0 | 0,8 | 2,79 | |||||||||||||||||
73 | Savoie | 82 | 299 436 | 0,8 | 0,7 | 2,74 | |||||||||||||||||
78 | Yvelines | 264 | 965 334 | 2,6 | 2,1 | 2,73 | |||||||||||||||||
74 | Haute-Savoie | 144 | 527 169 | 1,4 | 1,2 | 2,73 | |||||||||||||||||
01 | Ain | 110 | 405 006 | 1,1 | 0,9 | 2,72 | |||||||||||||||||
68 | Haut-Rhin | 144 | 534 224 | 1,4 | 1,2 | 2,70 | |||||||||||||||||
Pour situer plus précisément les territoires sur lesquels les concepteurs de la primaire ont beaucoup misé et ceux qu’ils ont au contraire plus ou moins négligés, nous avons calculé un « taux d’investissement » par département. Cet indicateur désigne la différence entre le nombre de bureaux de vote effectivement mis en place et celui que l’on aurait dû observer si la moyenne nationale avait été partout respectée (2,26 pour 10 000). Un résultat positif signifie que les circonscriptions du département ont été surinvesties. Un résultat négatif, qu’elles ont été sous-investies. Par exemple, il manque 48 bureaux de vote dans le Pas-de-Calais pour atteindre la moyenne nationale. Et il y a un surcroît de 43 bureaux de vote dans les Hauts-de-Seine (soit autant de bureaux que dans le seul département des Ardennes) par rapport à ce que la moyenne aurait exigé…
Dans l’ensemble, il ressort des données qu’ont été particulièrement sous-investis les départements du nord du pays (Pas de Calais, Nord), de la Bretagne (Finistère, Côtes d’Armor), du sud-ouest (Haute-Garonne), ainsi que la Seine-Saint-Denis ou le Puy-de-Dôme. On retrouve dans cette catégorie nombre de circonscriptions qui penchent traditionnellement à gauche ou marquées par une forte présence des catégories populaires. Ces quinze départements les moins investis regroupent au total environ un inscrit sur quatre, mais seulement un bureau de vote sur cinq.
Inversement, les territoires surinvestis se trouvent dans l’ouest de l’Ile-de-France (Hauts-de-Seine, Yvelines), à Paris, en Alsace (Haut-Rhin, Bas-Rhin), dans le Lyonnais (Rhône), dans le sud-est (Alpes maritimes) et dans le centre-ouest (Maine-et-Loire, Loiret, Mayenne…). Les quinze départements les plus investis regroupent environ un électeur sur cinq, mais un bureau de vote sur quatre, une proportion presque exactement inverse à celle des départements les plus investis.
Tableaux 3 et 4 - Taux d’investissement par département
Les quinze départements les moins investis
Code | Département | Nb de bureaux de vote | Nb d’inscrits | Taux d’investissement | % bureaux | % inscrits |
97 | Outre-mer | 240 | 1 462 548 | –91 | 2,35 | 3,20 |
62 | Pas-de-Calais | 197 | 1 085 792 | –48 | 1,93 | 2,38 |
59 | Nord | 364 | 1 795 327 | –42 | 3,56 | 3,93 |
31 | Haute Garonne | 158 | 882 531 | –41 | 1,54 | 1,93 |
93 | Seine-Saint-Denis | 144 | 763 127 | –28 | 1,41 | 1,67 |
33 | Gironde | 211 | 1 048 915 | –26 | 2,06 | 2,29 |
29 | Finistère | 129 | 684 211 | –26 | 1,26 | 1,50 |
98 | Autres territoires français | 66 | 400 240 | –24 | 0,65 | 0,88 |
44 | Loire-Atlantique | 196 | 965 807 | –22 | 1,92 | 2,11 |
63 | Puy de Dôme | 80 | 451 228 | –22 | 0,78 | 0,99 |
87 | Haute-Vienne | 40 | 258 678 | –18 | 0,39 | 0,57 |
22 | Côtes d’Armor | 84 | 451 413 | –18 | 0,82 | 0,99 |
38 | Isère | 173 | 838 608 | –17 | 1,69 | 1,83 |
34 | Hérault | 161 | 782 931 | –16 | 1,57 | 1,71 |
76 | Seine-Maritime | 183 | 876 098 | –15 | 1,79 | 1,92 |
Les quinze départements les plus investis
Code | Département | Nb de bureaux de vote | Nb d’inscrits | Taux d’investissement | % bureaux | % inscrits | ||
67 | Bas-Rhin | 198 | 651075 | 51 | 1,94 | 1,42 | ||
78 | Yvelines | 264 | 965334 | 46 | 2,58 | 2,11 | ||
69 | Rhône | 281 | 1048552 | 44 | 2,75 | 2,29 | ||
06 | Alpes maritimes | 216 | 762183 | 44 | 2,11 | 1,67 | ||
92 | Hauts-de-Seine | 270 | 1003440 | 43 | 2,64 | 2,20 | ||
49 | Maine-et-Loire | 163 | 561229 | 36 | 1,59 | 1,23 | ||
75 | Paris | 313 | 1247252 | 31 | 3,06 | 2,73 | ||
74 | Haute-Savoie | 144 | 527169 | 25 | 1,41 | 1,15 | ||
68 | Haut-Rhin | 144 | 534224 | 23 | 1,41 | 1,17 | ||
53 | Mayenne | 72 | 221117 | 22 | 0,70 | 0,48 | ||
61 | Orne | 68 | 214960 | 19 | 0,66 | 0,47 | ||
21 | Côte d’Or | 99 | 354292 | 19 | 0,97 | 0,78 | ||
01 | Ain | 110 | 405006 | 18 | 1,08 | 0,89 | ||
45 | Loiret | 119 | 447270 | 18 | 1,16 | 0,98 | ||
51 | Marne | 105 | 395574 | 16 | 1,03 | 0,87 | ||
De ces différentes données concernant l’implantation des bureaux et le nombre d’inscrits, il ressort que les départements clés de la droite ont été particulièrement ciblés, comme le montre le fort investissement de l’ouest de l’Ile-de-France et du Sud-est du pays. Inversement, des départements supposés moins propices ont été peu couverts.
1.2 – La participation
Cette stratégie de quadrillage du territoire a bien fonctionné si l’on en juge par la forte affluence constatée au premier comme au second tour de la primaire. Mais la géographie de la participation a été assez inégale. Nous nous concentrons ici sur le premier tour, le second n’en ayant été qu’un reflet un peu plus intense et n’en ayant pas fondamentalement bousculé les hiérarchies.
Carte 3 – Taux de participation au 1er tour

La Carte 3 rend compte des taux de participation au premier tour. Il apparaît, de prime abord, que les plus fortes participations se concentrent dans l’ouest de l’Ile-de-France, le cœur de l’agglomération lyonnaise, les Bouches-du-Rhône, les Alpes maritimes, une partie des Bouches-du-Rhône et la Gironde.
Des participations significatives s’observent aussi dans des départements comme la Haute-Savoie et la Savoie, en Alsace et dans les départements du centre-ouest (Eure-et-Loir, Loiret, Loir-et-Cher, Maine-et-Loire, Mayenne). En dehors des grandes villes, la participation est plus sporadique dans le Sud-Ouest, le Massif central, la Bourgogne, les Hauts-de-France et l’intérieur de la Bretagne.
Pour essayer de cartographier les paris gagnés et les paris perdus de la primaire, nous avons réalisé des cartes caractérisant quatre groupes :
- Le groupe A en bleu (« négligé ») qui correspond à des communes volontairement peu ciblées (beaucoup de votants par bureau) mais avec une forte participation.
- Le groupe B en rouge (« perdant ») qui correspond à des communes volontairement moins bien ciblées et avec une faible participation. Cela correspond à la stratégie voulue par la primaire.
- Le groupe C en vert (« gagnant ») qui correspond à la stratégie de la primaire : faible corps électoral[2] (i.e. mise en place d’un bureau de vote malgré la faiblesse de la population, car cette dernière est jugée utile) avec une forte participation au deuxième tour.
- Le groupe D en jaune (« décevant ») qui correspond à la stratégie de la primaire mais avec un résultat décevant. En effet, faible corps électoral (donc quadrillage dense des bureaux de vote) mais faible participation au deuxième tour.
Il convient d’être vigilant dans l’interprétation des résultats dans les grandes agglomérations en raison d’un effet taille pour la mesure du corps électoral.
Carte 4 – Groupe A (« négligé »)

Lecture : les points bleux représentent les communes ayant un taux de couverture inférieur à la moyenne et un taux de participation plutôt fort.
Carte 5 – Groupe B (« perdant »)

Lecture : les points rouges représentent les communes ayant un faible taux de couverture et un taux de participation inférieur à la moyenne.
Carte 6 : Groupe C (« gagnant »)

Lecture : les points verts représentent les communes ayant un fort taux de couverture et un fort taux de participation.
Carte 7 – Groupe D (« décevant »)

Lecture : les points jaunes représentent les communes ayant un fort taux de couverture et une faible participation.
La lecture de ces cartes confirme que :
- les paris gagnés (groupe C, en vert) se concentrent dans l’ouest de l’agglomération parisienne, l’Alsace, le Rhône, les Alpes maritimes, une partie des Bouches-du-Rhône et la Gironde, ainsi que dans le chapelet des départements du centre-ouest.
- les bonnes surprises (groupe A, en bleu) sont venues pour l’essentiel des communes du littoral atlantique et des deux grandes agglomérations du grand ouest (Rennes et Nantes).
- les déceptions (groupe D, en jaune) n’ont pas de polarité géographique claire : elles semblent assez équitablement distribuées sur le territoire et, dans l’ensemble peu nombreuses.
- les échecs (groupe B, en rouge) sont assez groupés dans le nord, l’intérieur de la Bretagne, l’arrière-pays nantais, le centre du pays, le Limousin et les fiefs de gauche du littoral méditerranéen.
Quelle est la sociologie des communes où l’on a le plus voté ? C’est ce que nous avons essayé d’approcher en observant les trente communes où l’on a enregistré les taux de participation les plus élevés lors du premier tour.
Tableau 5 - Les trente communes où la participation a été la plus forte au premier tour
Code | Commune | Nb bureaux | Nb inscrits | Couverture pour 100 inscrits | Nb de votants T1 | Partici-pation T1 | Type d’environnement | Revenu médian |
2A269 | SARI SOLENZARA | 1 | 231 | 0,43 | 171 | 74,0 | RURAL | 16 695 |
97603 | BANDRELE | 2 | 612 | 0,16 | 435 | 71,1 | URBAIN | |
67118 | ECKBOLSHEIM | 1 | 1 146 | 0,09 | 532 | 46,4 | URBAIN | 23 100 |
92047 | MARNES LA COQUETTE | 1 | 1 210 | 0,08 | 539 | 44,5 | URBAIN | 45 024 |
78518 | RENNEMOULIN | 1 | 94 | 1,06 | 41 | 43,6 | RURAL | 38 566 |
67052 | BOERSCH | 1 | 1 217 | 0,08 | 498 | 40,9 | URBAIN | 23 939 |
75107 | PARIS | 13 | 31 480 | 0,00 | 12865 | 40,9 | URBAIN | 42 250 |
78524 | ROCQUENCOURT | 1 | 2 521 | 0,04 | 1002 | 39,7 | URBAIN | 36 037 |
78152 | CHAVENAY | 1 | 1 422 | 0,07 | 551 | 38,7 | RURAL | 38 974 |
67180 | HAGUENAU | 6 | 6 021 | 0,02 | 2260 | 37,5 | URBAIN | 20 441 |
75108 | PARIS | 8 | 23 520 | 0,00 | 8766 | 37,3 | URBAIN | 40 671 |
92076 | VAUCRESSON | 3 | 6 158 | 0,02 | 2295 | 37,3 | URBAIN | 38 318 |
60045 | BARBERY | 1 | 1 117 | 0,09 | 410 | 36,7 | RURAL | 24 891 |
75116 | PARIS | 32 | 93 159 | 0,00 | 33956 | 36,4 | URBAIN | 39 060 |
78251 | FOURQUEUX | 1 | 3 179 | 0,03 | 1152 | 36,2 | URBAIN | 40 031 |
78043 | BAILLY | 1 | 3 197 | 0,03 | 1149 | 35,9 | URBAIN | 35 484 |
78350 | LOUVECIENNES | 2 | 5 447 | 0,02 | 1955 | 35,9 | URBAIN | 36 449 |
78007 | AIGREMONT | 1 | 871 | 0,11 | 303 | 34,8 | RURAL | 37 015 |
78367 | MAREIL MARLY | 1 | 2 690 | 0,04 | 934 | 34,7 | URBAIN | 37 471 |
97608 | DZAOUDZI | 1 | 227 | 0,44 | 78 | 34,4 | URBAIN | |
78224 | L ETANG LA VILLE | 2 | 3 769 | 0,03 | 1276 | 33,9 | URBAIN | 38 904 |
75106 | PARIS | 10 | 25 621 | 0,00 | 8649 | 33,8 | URBAIN | 39 218 |
78455 | NOISY LE ROI | 1 | 6 101 | 0,02 | 2051 | 33,6 | URBAIN | 34 307 |
78233 | FEUCHEROLLES | 1 | 2 316 | 0,04 | 772 | 33,3 | URBAIN | 37 551 |
92077 | VILLE D AVRAY | 2 | 7 344 | 0,01 | 2383 | 32,4 | URBAIN | 35 217 |
62826 | LE TOUQUET PARIS PLAGE | 2 | 5 272 | 0,02 | 1700 | 32,2 | URBAIN | 24 028 |
67365 | OSTWALD | 2 | 2 239 | 0,04 | 713 | 31,8 | URBAIN | 20 128 |
78190 | CROISSY SUR SEINE | 3 | 7 584 | 0,01 | 2386 | 31,5 | URBAIN | 37 942 |
78672 | VILLENNES SUR SEINE | 1 | 4 137 | 0,02 | 1300 | 31,4 | URBAIN | 38 143 |
NB : Le taux de couverture désigne ici le nombre de bureaux de vote pour 100 inscrits. En moyenne nationale, elle était de 0,026 pour cette primaire. C’est un indicateur du niveau d’accès au scrutin : une couverture élevée (par exemple, 1,06 à Rennemoulin dans les Yvelines) suggère que l’accès au scrutin était aisé.
Comme le montre le tableau 5, dans les trente communes où la participation a été la plus forte au premier tour de la primaire, les taux de participation oscillent entre 31% et 75% des inscrits (contre un peu plus de 9% en moyenne nationale et une médiane autour de 8%). Ces communes sont exemplaires du cœur de cible de la droite mobilisée lors de ce scrutin. Les communes riches comme celles des Yvelines (Rennemoulin, Rocquencourt, Chevenay…), des Hauts de Seine (Marnes la Coquette, Vaucresson, Ville d’Avray…) ou les arrondissements les plus fortunés de Paris (7e, 8e, 16e, 6e) sont particulièrement représentées dans ce top 30. Y sont également largement représentées les communes du Bas-Rhin, où la droite a enregistré d’excellents résultats. Au total, dans ce top 30, ne figurent qu’une commune qui a un revenu médian annuel inférieur à 20 000 euros, et vingt qui ont un revenu médian annuel supérieur à 30 000 euros (pour mémoire, le niveau de vie annuel médian se situe en 2014 autour de 20 400 euros au niveau national). Enfin, ce sont pour l’essentiel des communes situées en milieu urbain : cinq seulement sont en milieu rural.
Si l’on élargit la focale aux mille communes (environ 15% des communes concernées par la primaire) qui ont accueilli le plus de votants au premier tour, on observe tout d’abord que le vote a été assez concentré : ces mille communes ont drainé plus d’un tiers des votants (35 %) sur un peu plus de 2 500 bureaux de vote (environ 25% des bureaux de vote). Seuls 16,4% de ces mille communes ont un revenu médian annuel inférieur à 20 000 euros, contre 55 % sur la totalité de l’échantillon (environ 5 000 communes). Et plus d’un tiers d’entre elles ont un revenu annuel médian supérieur à 25 000 euros, contre 9 % sur la totalité de l’échantillon. Par ailleurs, alors que la moitié des 5 000 communes où était installé au moins un bureau de vote comptent plus de 13,7% d’ouvriers, elles sont moins d’une sur six (12 %) dans ce cas parmi les mille communes où l’on a le plus voté. Inversement, les cadres sont beaucoup plus nombreux dans ce top 1000 : un tiers de ces communes comptent plus de 15% cadres contre moins d’une sur dix sur la totalité de l’échantillon. Enfin, 20,5% sont dans un environnement rural contre 35% sur la totalité de l’échantillon. En somme, tout suggère que la participation au scrutin a été très concentrée et d’abord le fait de communes riches, urbaines et comptant peu de classes populaires.
Si l’on considère à présent les résultats de la participation au premier tour par département (tableaux 6 et 7), on retrouve, parmi les départements où l’on a le plus voté, nombre de ceux où la couverture était la plus développée : Corse du Sud, Bas-Rhin, Hauts-de-Seine, Savoie, Yvelines. Dans ces territoires sur lesquels les organisateurs de la primaire avaient manifestement beaucoup misé, la pêche a été plutôt bonne ! Elle a été plus décevante en revanche dans des départements comme la Haute Marne où la couverture était pourtant assez bonne.
Tableau 6 - Les quinze départements où la participation a été la plus élevée
Code | Département | Nombre d’inscrits | Nombre de votants T1 | Taux de participation T1 | % votants T1 |
75 | Paris | 1 247 252 | 264 485 | 21,2 | 6,2 |
92 | Hauts-de-Seine | 1 003 440 | 199 257 | 19,9 | 4,7 |
78 | Yvelines | 965 334 | 163 776 | 17,0 | 3,9 |
06 | Alpes maritimes | 762 183 | 112 003 | 14,7 | 2,6 |
69 | Rhône | 1 048 552 | 144 616 | 13,8 | 3,4 |
33 | Gironde | 1 048 915 | 132 327 | 12,6 | 3,1 |
83 | Var | 781 437 | 93 910 | 12,0 | 2,2 |
74 | Haute-Savoie | 527 169 | 61 666 | 11,7 | 1,5 |
2A | Corse du Sud | 106 311 | 12 041 | 11,3 | 0,3 |
94 | Val de Marne | 813 665 | 90 618 | 11,1 | 2,1 |
67 | Bas Rhin | 651 075 | 69 197 | 10,6 | 1,6 |
72 | Sarthe | 406 494 | 42 516 | 10,5 | 1,0 |
73 | Savoie | 299 436 | 30 831 | 10,3 | 0,7 |
44 | Loire-Atlantique | 965 807 | 97 459 | 10,1 | 2,3 |
13 | Bouches-du-Rhône | 1 365 140 | 136 753 | 10,0 | 3,2 |
Tableau 7 - Les quinze départements où la participation a été la plus faible
Code | Département | Nombre d’inscrits | Nombre de votants T1 | Taux de participation T1 | % votants T1 |
97 | Outre-mer | 1 462 548 | 42 900 | 2,93 | 1,01 |
09 | Ariège | 116 241 | 5 202 | 4,48 | 0,12 |
98 | Autres territoires français | 400 240 | 18 600 | 4,65 | 0,44 |
62 | Pas-de-Calais | 1 085 792 | 51 891 | 4,78 | 1,22 |
52 | Haute-Marne | 162 401 | 8 298 | 5,11 | 0,20 |
02 | Aisne | 374 911 | 20 421 | 5,45 | 0,48 |
23 | Creuse | 93 920 | 5 356 | 5,70 | 0,13 |
08 | Ardennes | 194 462 | 11 126 | 5,72 | 0,26 |
93 | Seine Saint-Denis | 763 127 | 43 846 | 5,75 | 1,03 |
70 | Haute-Saône | 203 688 | 11 728 | 5,76 | 0,28 |
58 | Nièvre | 160 558 | 9 374 | 5,84 | 0,22 |
55 | Meuse | 140 451 | 8 202 | 5,84 | 0,19 |
11 | Aude | 267 879 | 15 799 | 5,90 | 0,37 |
80 | Somme | 408 021 | 24 501 | 6,00 | 0,58 |
57 | Moselle | 731 386 | 45 148 | 6,17 | 1,06 |
Il est à noter que les quinze départements qui ont connu un taux de participation supérieur à 10% des inscrits au premier tour, rassemblent à eux seuls plus d’un tiers des votants et que sept de ces départements réunissent à seuls plus d’un quart des votants (Paris, Hauts-de-Seine, Yvelines, Alpes Maritimes, Rhône, Gironde).
La participation au second tour a été un peu plus intense, sans bousculer fondamentalement les hiérarchies observées au premier tour (cf. Carte 4).
Carte 8 – Taux de participation au 2eme tour

Au total, au terme de ce premier examen de l’organisation du scrutin et de la participation, deux observations s’imposent. La première est, bien sûr, que la conception de la primaire de la droite et du centre a été remarquablement efficace en termes de mobilisation. Les choix d’implantation se sont avérés pertinents de ce point de vue. La seconde est que cette efficacité dans la mobilisation a un revers : la primaire s’est enfermée dans un « bocal sociologique ». Le nombre record de participants a sans doute masqué en partie cette réalité aux yeux du grand public, suggérant que l’on pouvait apercevoir, à travers ce bocal, une tendance plus générale de l’électorat français. La réalité est que ce très large échantillon n’a rien de représentatif de la diversité de l’électorat. La primaire de la droite et du centre a remarquablement « saturé » sa cible, mais cette cible est restée sociologiquement très fortement polarisée et sans doute peu représentative de l’électorat dans son ensemble, voire très trompeuse.
1.3 – Analyse de la participation au premier tour suivant la méthode ACP
Pour tester la robustesse des observations que nous venons de présenter, nous avons mis en œuvre une autre méthode d’analyse : l’analyse par composante principale (ACP, voir Encadré ci-après). Celle-ci conduit à des conclusions très proches concernant la participation.
Encadré 2 – Méthodologie statistique L’analyse en composante principale (ACP) est une méthode d’analyse de données multivariées descriptive. Elle permet de synthétiser graphiquement l’essentiel de l’information contenue dans un tableau de données quantitatives. La quantité d’information contenue dans le tableau est appelée inertie. L’idée est de projeter l’information sur des dimensions qui minimisent les déformations. Les dimensions sont les composantes principales (axe factoriel) : la première composante principale capture le maximum d’inertie du tableau de données, le résidu non expliqué par ce premier axe sera expliqué par la deuxième composante principale et ainsi de suite. Le deuxième axe est donc un complément et non une redite. Trop d’axes complémentaires n’apportent plus suffisamment d’observation, des techniques permettent de déterminer le bon nombre d’axes factoriels résumant toute l’inertie du tableau de données. L’objectif est donc :
Pour prendre en compte des variables qualitatives dans cette méthode, elles sont placées en variables supplémentaires. Ce raffinement permet de projeter ces variables sur l’analyse précédemment obtenue et observer l’influence de ces variables qualitatives sur les groupes constitués. |
L’analyse qui suit repose sur l’exploitation des deux premiers axes factoriels qui représentent à eux seuls 72 % de l’inertie – soit un niveau très satisfaisant d’explication des résultats.
Cette analyse met en évidence deux groupes de communes où l’on observe des taux de participation à la primaire plus élevés que la moyenne :
- Les très grandes villes, avec une population de professions intermédiaires plus importante, et une proportion de jeunes élevée,
- Des communes urbaines plus riches (pas forcément dans les très grandes villes) avec plus de cadres, moins d’ouvriers et d’employés.
Tableau 8 - Résultats de la participation au premier tour (1er axe)
Axe 1 | Coefficient | Contribution |
Professions intermédiaires | 0,76 | 14,5 |
Plus de 65 ans | –0,92 | 21,0 |
Jeunes (moins de 20 ans) | 0,87 | 19,0 |
Famille sans enfant | –0,90 | 20,1 |
Note de lecture : Seules les variables qui contribuent significativement à la constitution de cet axe factoriel sont retranscrites. La qualité de projection est également prise en compte. Le signe du coefficient permet de discriminer les communes.
L’axe 1 projette sur le domaine positif de manière très significative les communes ayant participé plus que la moyenne à la primaire : ce sont des communes avec une plus forte proportion de cadres, de professions intermédiaires, plus jeunes. De plus, les communes urbaines et les très grandes villes (plus de 100 000 habitants) sont surreprésentées dans ce groupe[3]. Il convient de remarquer que le critère de richesse n’est pas significatif dans l’analyse de cet axe (contrairement à l’axe 2, cf. infra).
Tableau 9 - Résultats de la participation au premier tour (axe 2)
Axe 2 | Coefficient | Contribution |
Cadres | 0,73 | 21,3 |
Employés | –0,50 | 11,0 |
Ouvriers | –0,79 | 25,3 |
Famille nombreuse (plus de 3 enfants) | –0,47 | 8,7 |
Revenu médian élevé | 0,75 | 22,9 |
Note de lecture : Seules les variables qui contribuent significativement à la constitution de cet axe factoriel sont retranscrites. La qualité de projection est également prise en compte. Le signe du coefficient permet de discriminer les communes.
L’axe 2 projette sur le domaine positif de manière très significative les communes ayant participé plus que la moyenne à la primaire. Autrement dit, les deux axes caractérisent des communes ayant plus participé que la moyenne, mais pas pour les mêmes raisons.
Les communes de l’axe 2 sont des communes avec une plus forte proportion de cadres, des communes plus riches, comptant moins d’ouvriers et de familles nombreuses. Les communes urbaines y sont également surreprésentées. Cependant ici, ni l’âge ni le fait d’être dans une très grande ville ou non n’est discriminant.
Conclusion : la participation est globalement plus élevée dans les communes aisées, comportant plus de cadres et moins d’ouvriers que la moyenne.
Encadré 3 – Communes urbaines ou rurales : zonage défini par l’Insee L’Insee définit plusieurs zonages géographiques :
|
Source : Insee.
L’analyse de la participation au second tour fait ressortir les mêmes caractéristiques des deux groupes mis en évidence au paragraphe précédent et confirme donc les résultats obtenus.
1.4 – Analyse complémentaire de la participation suivant la méthode ACP
Une étude complémentaire permet d’étudier les comportements extrêmes en mettant en évidence trois groupes : (i) les communes avec une forte participation[4], i.e. supérieure à 20 %, qui sont au nombre de 167, (ii) les communes avec une faible participation, i.e. inférieure à 5 %, soit 530 communes, (iii) les autres communes se situant entre 5 % et 20 %, ce qui correspond à plus de 4 000 communes[5].
L’analyse met en évidence le même type d’observations, cependant elle permet de nuancer le propos :
- le premier axe analysé précédemment oppose les communes à très forte participation (plus de 30 %), à celles avec un taux inférieur à 5 %. Le comportement des communes avec un taux entre 5 et 20 % n’est pas bien identifié et peut présenter des caractéristiques de ces deux groupes bien distincts ;
- le second axe caractérise spécifiquement les communes ayant le moins voté (i.e. communes avec plus d’ouvriers, moins de cadres, plus de familles nombreuses, moins de richesses). Les communes définies avec ces critères opposés peuvent caractériser toutes les communes avec une participation supérieure à 5 %.
Au total, la méthode ACP conduit à des conclusions très proches de celles recueillies précédemment et les confirme donc en très large partie. A savoir que la primaire de la droite et du centre a d’abord mobilisé dans des environnements nettement plus favorisés que la moyenne et qu’elle s’est jouée, pour l’essentiel, à l’intérieur d’un « bocal sociologique ».
La méthode ACP permet toutefois d’aller plus loin dans l’exploration du vote à la primaire, en essayant de mieux identifier les contextes les plus et les moins favorables aux différents candidats. C’est ce que nous avons essayé de dégager dans les pages qui suivent.
2 – Analyse des résultats de la primaire de la droite et du centre
2.1 – Analyse du 1er tour de la primaire
Concernant le premier tour, la méthode ACP (que l’on étudie l’ensemble des candidats ou seulement les trois principaux) permet de mettre clairement en évidence les contextes socioéconomiques les plus favorables au vote pour Nicolas Sarkozy, mais elle ne permet pas d’identifier une typologie claire pour les votes Juppé et Fillon.
Si l’on ne retient que les trois candidats ayant obtenu un score significatif, l’ACP fait ressortir deux axes significatifs expliquant respectivement 26 % et 18 %, soit 44 % de l’inertie globale (ce qui est acceptable). Si l’analyse du premier axe factoriel ne donne rien de probant sur les résultats du premier tour, le deuxième axe permet d’identifier les contextes les plus typiques du vote pour Nicolas Sarkozy.
Le tableau met en évidence que c’est dans les communes ayant une plus forte proportion d’ouvriers (sans diplôme ou avec un CAP/BEP), de professions intermédiaires (sans diplôme ou avec un CAP/BEP) que l’on a le plus voté pour Nicolas Sarkozy. Cela ne signifie pas nécessairement que les plus modestes ont davantage voté pour ce candidat : à l’inverse, cela peut traduire le fait que lorsque des villes comportent des quartiers populaires, les habitants des quartiers plus aisés ont davantage voté pour N. Sarkozy. Cela semble corroboré par les comparaisons avec le vote Le Pen en 2012 (cf. infra).
À l’inverse, c’est dans les communes ayant plus de cadres, de professions intermédiaires (avec un diplôme supérieur ou le baccalauréat général) et des revenus médians plus élevés, que l’on a le moins voté pour Nicolas Sarkozy. Il est à noter que les communes rurales sont surreprésentées dans cet ensemble, et les très grandes villes (plus de 100 000 habitants) sous-représentées.
Tableau 10 - Analyse du 1er tour de la primaire
Axe 2 | Coefficient | Contribution |
Sarkozy | –0,48 | 7,2 |
Cadres | 0,59 | 10,8 |
Professions intermédiaires (sans diplôme ou CAP/BEP) | –0,65 | 13,1 |
Professions intermédiaires (diplôme supérieur ou baccalauréat général) | 0,65 | 13,1 |
Ouvriers (aucun diplôme ou CAP/BEP) | –0,64 | 13,0 |
Ouvriers (bac ou diplôme supérieur) | 0,64 | 13,0 |
Revenu médian élevé | 0,61 | 11,4 |
Note de lecture : Seules les variables qui contribuent significativement à la constitution de cet axe factoriel sont retranscrites. La qualité de projection est également prise en compte. Le signe du coefficient permet de discriminer les communes.
Les analyses complémentaires qui ont été conduite pour caractériser les contextes les plus favorables au vote au premier tour respectivement pour François Fillon et pour Alain Juppé en les isolants se sont avérées infructueuses.
Pour compléter ces premiers résultats, nous avons observé que la prise en compte des votes du premier tour à l’élection présidentielle de 2012 montre une proximité du vote Le Pen avec le vote Sarkozy en 2016. La même analyse du premier tour a en effet été conduite en ajoutant deux variables : le vote pour Marine Le Pen et le vote pour François Hollande au premier tour de la présidentielle de 2012. Pour rappel, le vote au premier tour pour Marine Le Pen a atteint 18 % en 2012 au niveau national.
Cette analyse a montré que les communes où l’on a le plus voté pour Marine Le Pen en 2012 sont celles où l’on a voté plus fortement voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour de la primaire. Le vote Hollande de 2012, en revanche, n’apparaît pas significatif dans les analyses des résultats de la primaire de la droite et du centre[6]. Autrement dit, rien ne permet de soupçonner un report clairement identifiable du vote Hollande de 2012 sur un vote Alain Juppé (ou Fillon) en 2016.
L’analyse s’effectue également sur deux axes factoriels expliquant à eux seuls 43 % de l’inertie. 18 % sont expliqués par le deuxième axe qui caractérise le vote Nicolas Sarkozy. L’analyse est semblable au tableau précédent.
Ces résultats mettent également en évidence un antagonisme marqué entre le vote Sarkozy et le vote Juppé (qui incarne, de fait, un rempart au Front national). En revanche, l’électorat de François Fillon au premier tour ne s’inscrit pas dans cette logique d’opposition (même s’il est possible de le caractériser, cf. infra).
Tableau 11 - Analyse du premier tour de la primaire en ajoutant les votes pour Marine Le Pen et François Hollande en 2012
Axe 2 | Coefficient | Contribution |
Nicolas Sarkozy | 0,58 | 9,6 |
Alain Juppé | –0,42 | 5,3 |
Cadres | –0,71 | 14,7 |
Ouvriers | 0,69 | 13,7 |
Revenu médian | –0,65 | 12,1 |
Profession intermédiaire (sans diplôme ou CAP/BEP) | 0,61 | 10,7 |
Profession intermédiaire (avec un diplôme supérieur ou le baccalauréat) | –0,61 | 10,7 |
Le Pen 2012 | 0,73 | 15,3 |
Note de lecture : Seules les variables qui contribuent significativement à la constitution de cet axe factoriel sont retranscrites. La qualité de projection est également prise en compte. Le signe du coefficient permet de discriminer les communes.
2.2 – Analyse du second tour de la primaire selon la méthode ACP
L’analyse des résultats du second tour met en évidence deux contextes favorables au vote pour François Fillon.
L’analyse repose sur trois axes factoriels expliquant 68 % de l’inertie totale. L’analyse des axes 2 et 3 permet de différencier deux typologies pour François Fillon : le premier groupe met en évidence les communes ayant plus d’ouvriers, moins de cadres, un revenu médian plus faible, des familles plus nombreuses. Les communes rurales sont surreprésentées dans ce groupe.
À l’inverse les communes ayant plus de cadres, moins d’ouvriers, avec un revenu plus élevés semblent plus favorables au vote pour Alain Juppé. Ce sont plutôt des communes urbaines et des grandes villes. Ce qui va dans le sens de la thèse selon laquelle l’électoral d’Alain Juppé correspond aux « cadres de grandes villes » (thèse qui a pu circuler dans la presse).
Cette analyse suggère de façon claire un report des voix obtenues au premier tour par Nicolas Sarkozy sur François Fillon au second tour.
Tableau 12 - Analyse du second tour de la primaire (1)
Axe 2 | Coefficient | Contribution |
Cadres | –0,7 | 18,5 |
Employés | 0,4 | 7,0 |
Ouvriers | 0,8 | 25,2 |
Fillon | 0,4 | 7,0 |
Alain Juppé | –0,5 | 7,1 |
Familles nombreuses | 0,4 | 7,2 |
Revenu médian | –0,7 | 16,3 |
Note de lecture : Seules les variables qui contribuent significativement à la constitution de cet axe factoriel sont retranscrites. La qualité de projection est également prise en compte. Le signe du coefficient permet de discriminer les communes.
Une autre catégorie émerge également : il s’agit des communes riches situées en zone rurale, où l’on a plus voté pour François Fillon.
Plus généralement, les communes rurales sont surreprésentées dans le vote François Fillon. À l’inverse, les communes urbaines et très grandes villes sont surreprésentées dans le vote Alain Juppé. Ce résultat confirme les observations descriptives qui ont pu être faites au premier tour sur l’électorat d’Alain Juppé : dans les 540 communes où Juppé a devancé Fillon au premier tour, le maire de Bordeaux a rassemblé 240 000 électeurs, dont 25% se situent dans les arrondissements de gauche de Paris (2e, 3e, 4e, 5e, 9e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e) et près de 10% dans l’agglomération bordelaise. Par ailleurs, si l’on isole les communes de plus de 30 000 habitants, Juppé passe de 28,6 % des suffrages exprimés (France entière) à plus de 31% au premier tour (contre 44 à 42% pour Fillon) ; et de 33,5 à 38,4% au second tour (contre 66,5 à 61,2% pour Fillon).
Tableau 13 - Analyse du second tour de la primaire (2)
Axe 3 | Coefficient | Contribution |
Fillon | 0,86 | 38,6 |
Alain Juppé | –0,85 | 38,2 |
Revenu médian | 0,44 | 10,4 |
Note de lecture : Seules les variables qui contribuent significativement à la constitution de cet axe factoriel sont retranscrites. La qualité de projection est également prise en compte. Le signe du coefficient permet de discriminer les communes.
Cette dernière analyse semble étayer la thèse d’un électorat plutôt « notable de province » pour François Fillon.
Le critère de l’âge n’apparaît pas ici discriminant. Des analyses de statistiques descriptives permettent de confirmer ce constat. La comparaison des boxplots (« boîtes à moustache ») montre qu’au premier tour, les communes ayant voté en majorité François Fillon ou Alain Juppé ont en moyenne la même proportion de personnes âgées de plus de 65 ans (il en est de même pour le premier quartile, la médiane et le troisième quartile) de l’ensemble des communes ayant participé à la primaire.
Néanmoins les communes ayant voté en majorité pour Alain Juppé (plus de 50% des voix) ont en moyenne une proportion de plus de 65 ans inférieure à celles ayant davantage voté pour François Fillon. Toutefois l’analyse multivariée n’a pas jugé significative cette différence entre les deux électorats des candidats par rapport aux autres variables présentes dans la modélisation.
Graphique 1 : Distribution de la proportion (%) des plus de 65 ans au premier tour de la primaire

Graphique 2 : Distribution de la proportion (%) des plus de 65 ans au second tour de la primaire

Conclusion
L’examen des résultats de la primaire de la droite et du centre met en exergue un risque de la « primaire ouverte » qui avait été peu commenté jusqu’ici. Certes, cette procédure permet d’échapper aux manœuvres d’appareil. Certes, elle réunit suffisamment de participants pour éviter les biais activistes et les risques de radicalisation militante. Mais ces deux propriétés ne permettent ni d’éviter que le scrutin s’enferme dans un ghetto sociologique ni qu’il accouche d’autres formes de radicalité. C’est précisément ce qui semble s’être passé avec la primaire de la droite et du centre en novembre 2016. Et ce résultat est en grande partie lié au mode de construction du scrutin.
Sans doute faudra-t-il que les partis réfléchissent à l’avenir aux moyens de corriger ces biais de construction de manière à organiser des élections primaires plus largement ouvertes aux classes populaires. Car ce sont bien elles qui sont les grandes absentes de cette consultation : parce qu’elles se déplacent peu, mais aussi parce qu’on ne va pas vraiment les chercher.
En outre, il est assez piquant de voir la droite tourner aussi objectivement le dos aux plus modestes à cette occasion, après avoir fait à la gauche de gouvernement, des années durant, le procès de leur abandon. A la gauche caricaturée en rassemblement des bobos de centre-ville pourrait aujourd’hui répondre une droite caricaturée en rassemblement des « bourgeois pas bohêmes », comme l’a écrit Alain Lipietz[7].
ANNEXES
Focus géographiques
Dans les focus géographiques qui suivent, une couleur pâle pour le corps électoral signifie qu’il s’agit d’une commune jugée intéressante sur le plan électoral (i.e. des bureaux mis en place malgré un faible nombre d’électeurs potentiels). À l’inverse une couleur pâle pour le taux de participation signifiera une faible participation (et donc une région s’étant avérée peu fructueuse sur le plan électoral). Il est nécessaire d’être vigilant sur le cas des grandes agglomérations, pour lesquelles le nombre d’électeurs par bureau est structurellement plus élevé qu’ailleurs.
Annexe 1 : Focus sur le Nord, Nord-Ouest
Carte 4 – Corps électoral par bureau

Carte 5 – Taux de participation au premier tour


Graphique 7 – Taux de participation au premier tour


[1] L’étude sur les départements est exhaustive, elle concerne l’intégralité des communes.
[2] Supérieure à la moyenne
[3] Dans le cas d’une variable qualitative, il est possible de réaliser un test statistique permettant de savoir si la variable se projette significativement sur l’axe factoriel (statistique de test supérieure à 2 en valeur absolue) et si oui de quel côté de l’axe.
[4] Les données mentionnées correspondent à la participation au premier tour.
[5] Il s’agit bien entendu ici, comme dans le reste de la note, de communes où est implanté un bureau de vote.
[6] Les analyses ont été effectuée en ajoutant séparément le vote Hollande 2012, le vote Le Pen 2012 et les votes Le Pen et Hollande 2012.
[7] Alain Lipietz, « François Fillon ou le retour de la bourgeoisie pas bohême », Libération, 24 novembre 2016.