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Note

UE 2020: L’Europe n’a pas les moyens de ses ambitions

L’agenda « UE 2020 », qui définit la stratégie de croissance de l’Union européenne pour les années à venir, propose l’objectif pour le moins consensuel d’une croissance « plus intelligente, durable et inclusive ». Les leçons de l’échec de la précédente stratégie, dite « de Lisbonne », n’ont pas été tirées : l’agenda « UE 2020 » repose largement sur la bonne volonté des États-membre et évite la question cruciale du relèvement des marges de manœuvre budgétaires et réglementaires de l’Union . Terra Nova organise le 22 avril en mairie du IIIe arrondissement de Paris un débat en présence de Walter Veltroni, Pierre Moscovici, James Purnell et Loukas Tsoukalis pour envisager des solutions pour relancer le projet européen.
Par
  • Benjamin Senès
  • Alan Roselbi
  • Vincent Barthez
Publié le 

Au Conseil européen du 25 et 26 mars 2010, les chefs d’Etat et de gouvernement ont entériné une partie des objectifs de la nouvelle stratégie de croissance de l’Union européenne. Baptisée « UE 2020 », elle succède à la « stratégie de Lisbonne » adoptée en mars 2000, qui visait à faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » à l’horizon 2010. L’adoption définitive de la stratégie est prévue en juin prochain.

On peut sans difficulté souscrire à l’objectif proposé par la Commission européenne d’une « croissance plus intelligente, durable et inclusive », qui fait écho aux trois piliers – économique, social, environnemental – du développement durable. Mais dans les conditions dans lesquelles cette nouvelle stratégie se met en place, sans que les leçons de Lisbonne aient été pleinement tirées, on voit mal comment éviter un nouvel échec. Une fois de plus, en effet, elle devrait reposer principalement sur une juxtaposition de politiques nationales et donc sur la bonne volonté des Etats membres.

En se fixant des objectifs communs ambitieux, les Européens devraient simultanément décider des efforts qu’ils souhaitent mettre en œuvre ensemble pour les atteindre. Or, la stratégie se contente pour l’essentiel de reconduire des dispositifs existants. Alors que l’intervention publique à l’échelon européen serait souvent plus efficace, elle fait l’impasse sur la question fondamentale du budget de l’Union européenne, aujourd’hui corseté et qui menace de l’être davantage dans le contexte actuel de dégradation des finances publiques. D’autre part, les réticences des Etats vis-à-vis de tout engagement contraignant conduisent à esquiver le débat sur la mise en place d’un cadre d’incitations approprié.

Dans ce contexte très imparfait, des pistes d’amélioration existent : augmentation du budget européen pour 2014–2020 et mise en place de ressources propres, incitations financières aux réformes nationales, évolution des règles en matière d’aides d’Etat, imbrication de la stratégie « UE 2020 » et du cadre de l’Union économique et monétaire, etc. De plus, l’Union continue à disposer du levier normatif : il faut qu’il soit pleinement mobilisé, y compris dans sa dimension extérieure, afin de contribuer à définir le nouveau modèle d’économie sociale de marché durable dont l’Europe a besoin.

Il faut le dire et le répéter : la coopération européenne pourrait être une solution aux grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels font face aujourd’hui tous les Etats membres de l’Union. Pour être efficace, une stratégie comme « UE 2020 » devrait impliquer l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, et mobiliser tous les niveaux d’intervention publique, du niveau européen au niveau local. L’atmosphère actuelle de scepticisme et de désintérêt vis-à-vis de l’Europe, y compris et surtout parmi les gouvernements, prive l’ensemble des Européens d’une vraie chance de relever ces défis.

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