Une analyse politique de la Commission Juncker : Une nouvelle dynamique est-elle née ?
L’annonce des premières modalités du plan d’investissement de la Commission Juncker conduit à revenir sur l’analyse politique de la composition de la Commission et de ses premiers pas. Cette note est la première d’une série intitulée « La démocratie européenne et le cycle électoral 2014 ».
Beaucoup a déjà été dit sur l’entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne dirigée par Jean-Claude Juncker. L’analyse de la mise en place de cette nouvelle Commission montre qu’au-delà des progrès que constituent une certaine légitimation par les urnes et une nette volonté de politisation, la composition de la Commission s’inscrit dans une grande continuité : les dispositifs institutionnels producteurs de décalages politiques et démographiques par rapport à la réalité européenne demeurent, le programme politique d’une Commission essentiellement de droite reste axé sur l’ajustement économique et monétaire, en dépit d’inflexions intéressantes.
Les sociaux-démocrates français et européens devront en tirer rapidement les leçons appropriées s’ils souhaitent influencer efficacement l’agenda politique de cette Commission et, à plus long terme, faire évoluer les rapports de force politiques dans les trois grandes institutions européennes, dans lesquelles ils sont minoritaires. Pour l’avenir, il est souhaitable de faire des propositions de parlementarisation de la désignation de la Commission européenne.