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Série « Coronavirus »

Le tissu industriel français face au Covid-19 “Stop and go ?” ou “Stop and die ?”

Le tissu industriel français s’est trouvé fragilisé avant même la croissance exponentielle du Covid-19 en Europe, par les répercussions des chocs sur l’offre et la demande subis par l’économie chinoise entre janvier et février 2020. Face à des chaînes d’approvisionnement de plus en plus exposées à la Chine, certains secteurs étaient en conséquence dès le début du mois de mars, en situation de quasi-rupture d’offre. Le développement de la pandémie en Italie, puis en France, et l’annonce des mesures de confinement ont définitivement placé la grande majorité des industriels français face à un double choc d’offre et de demande. Le délitement progressif des chaînes d’approvisionnement et la difficile adaptation des unités de production à une situation de crise sanitaire, ont conduit en cascade le tissu industriel français à un quasi-arrêt (stop). Les mesures annoncées par le gouvernement visent à une préservation des compétences et des sites industriels dans cette phase d’arrêt, via des mesures de préservation de la trésorerie des entreprises et de chômage partiel. Ces mesures ont vocation à éviter la propagation du choc d’offre à l’issue de la crise. Dans le même temps, il devient difficile d’assurer une continuité des activités industrielles et en particulier stratégiques dans le cadre de la gestion de la crise. Cela suppose le redémarrage d’industries non-essentielles (go) dans le respect des règles sanitaires pour permettre aux entreprises stratégiques d’être approvisionnées en intrants. Cette stratégie permettra à la France d’être davantage résiliente au cours de l’épidémie et pourrait contribuer à la reprise économique à la sortie de la crise. Dans le cas contraire, la France risque de voir son tissu industriel fortement impacté à la sortie de crise (die). A terme, le choc de demande devra sans doute être traité par un plan de relance de la consommation domestique et une assistance sectorielle forte.
Par
  • Thibaud Frossard
  • Clément Jakymiw
Publié le 
Cette publication fait partie de Série « Coronavirus »

Cette série de contributions s’efforce de mettre en partage les réflexions, observations, témoignages et questionnements que suscitent, chez chacun d’entre nous, les développements de l’épidémie et les multiples conséquences qu’elle aura aussi bien à court qu’à long terme.

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Le deuxième texte de ce cycle de contributions, « Le tissu industriel français face au Covid-19 “Stop and go ?” ou “Stop and die ?” » de Thibaud Frossard, coordinateur du pôle industrie & chiffrage de Terra Nova et Clément Jakymiw, ingénieur des Mines, expert en politique industrielle à Terra Nova est à retrouver ci-dessous

Le tissu industriel français s’est trouvé fragilisé avant même la croissance exponentielle du Covid-19 en Europe, par les répercussions des chocs sur l’offre et la demande subis par l’économie chinoise entre janvier et février 2020. Face à des chaînes d’approvisionnement de plus en plus exposées à la Chine, certains secteurs étaient en conséquence dès le début du mois de mars, en situation de quasi-rupture d’offre. Le développement de la pandémie en Italie, puis en France, et l’annonce des mesures de confinement ont définitivement placé la grande majorité des industriels français face à un double choc d’offre et de demande. Le délitement progressif des chaînes d’approvisionnement et la difficile adaptation des unités de production à une situation de crise sanitaire, ont conduit en cascade le tissu industriel français à un quasi-arrêt (stop). 

Les mesures annoncées par le gouvernement visent à une préservation des compétences et des sites industriels dans cette phase d’arrêt, via des mesures de préservation de la trésorerie des entreprises et de chômage partiel. Ces mesures ont vocation à éviter la propagation du choc d’offre à l’issue de la crise. Dans le même temps, il devient difficile d’assurer une continuité des activités industrielles et en particulier stratégiques dans le cadre de la gestion de la crise. Cela suppose le redémarrage d’industries non-essentielles (go) dans le respect des règles sanitaires pour permettre aux entreprises stratégiques d’être approvisionnées en intrants. Cette stratégie permettra à la France d’être davantage résiliente au cours de l’épidémie et pourrait contribuer à la reprise économique à la sortie de la crise. Dans le cas contraire, la France risque de voir son tissu industriel fortement impacté à la sortie de crise (die). A terme, le choc de demande devra sans doute être traité par un plan de relance de la consommation domestique et une assistance sectorielle forte.

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