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Note

Mixité des métiers : une condition de l’égalité femmes-hommes

Bien que présents à parts égales dans la population active depuis près de trois décennies, les hommes et les femmes continuent de se répartir de façon différenciée dans les différents métiers et secteurs d’activité. En analysant précisément de quelle manière les hommes et les femmes se répartissent sur le marché du travail, cette note de Kenza Tahri pour Terra Nova a vocation à revenir sur l’éventail de politiques publiques déployé depuis le début des années 2000 et à en questionner la portée limitée. En effet, force est de constater qu’en dépit des efforts réalisés par les gouvernements successifs, grâce à la mobilisation des différents acteurs de l’école et du marché du travail (branches professionnelles, entreprises, service public de l’emploi et de la formation professionnelle), les stéréotypes sexués continuent d’influencer très fortement les trajectoires professionnelles des hommes et des femmes. L’enjeu est crucial, car agir en faveur de la mixité des métiers, c’est agir pour l’égalité des chances, des mérites et des opportunités, conditions nécessaires pour parvenir à l’égalité réelle entre les hommes et les femmes.
Par
  • Kenza Tahri
Publié le 

Bien que présents à parts égales dans la population active depuis près de trois décennies, les hommes et les femmes continuent de se répartir de façon différenciée dans les différents métiers et secteurs d’activité. Un rapport du Centre d’information et de documentation jeunesse publié en 2018 révélait que seuls 17 % des métiers étaient mixtes, c’est-à-dire comptant dans leurs effectifs une proportion équilibrée d’hommes et de femmes (entre 40 % et 60 %). L’examen des statistiques de la population active confirme cette partition sexuée des emplois : l’enseignement, la santé, l’hébergement médico-social, l’action sociale et les services aux ménages emploient, à eux seuls, 41,8 % des femmes actives françaises en 2018. Les femmes représentent d’ailleurs 90 % des salariés des services à la personne et 90 % des aides-soignants et agents de services hospitaliers. A contrario, les hommes représentent près de 70 % des ingénieurs de l’informatique et des professionnels de la R&D, et 88 % des salariés du BTP. 
En amont du marché du travail, les choix d’orientation restent fortement différenciés entre les filles et les garçons. Au lycée, en filière professionnelle et technologique comme en filière générale, les filles et les garçons n’investissent pas les mêmes parcours ou spécialités : les filles sont surreprésentées dans les filières sanitaires et sociales et de l’habillement (féminisées à 91 %) et dans les spécialités linguistiques et d’histoire-géographie (à 72 %). Les garçons, quant à eux, sont surreprésentés dans celles de l’électronique (98 %), de l’industrie et du développement durable (92 %) et du transport (89 %). 
Cette situation, on le sait, est particulièrement défavorable aux femmes, qui continuent de se concentrer dans un nombre limité de métiers, le plus souvent faiblement rémunérés (métiers du soin, de la propreté, de l’aide à la personne) avec des conséquences bien documentées : temps partiel « subi » dans certains secteurs d’activité, maintien des inégalités de salaire entre les hommes et les femmes, faible accès des femmes à des fonctions d’encadrement et de direction. Ce phénomène de « ségrégation professionnelle » ne peut être ignoré, dès lors que l’on s’intéresse à la fabrique des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, qui s’élèvent, en France, à 9 % à poste égal et à 18,5 % tous postes confondus. 
En analysant précisément de quelle manière les hommes et les femmes se répartissent sur le marché du travail, la présente note a vocation à revenir sur l’éventail de politiques publiques déployé depuis le début des années 2000 et à en questionner la portée limitée. En effet, force est de constater qu’en dépit des efforts réalisés par les gouvernements successifs, grâce à la mobilisation des différents acteurs de l’école et du marché du travail (branches professionnelles, entreprises, service public de l’emploi et de la formation professionnelle), les stéréotypes sexués continuent d’influencer très fortement les trajectoires professionnelles des hommes et des femmes. Si l’enjeu est crucial, c’est parce que, agir en faveur de la mixité des métiers, c’est agir pour l’égalité des chances, des mérites et des opportunités, conditions nécessaires pour parvenir à l’égalité réelle entre les hommes et les femmes.

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