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Étude

Baisse des prix du pétrole : aubaine économique, défi écologique

Dans cette étude, Terra Nova cherche à comprendre les raisons de l’effondrement des cours du pétrole au second semestre 2014, toujours à des niveaux très bas, et formule des propositions pour que cette situation ne freine pas la poursuite de la transition énergétique.
Par
  • Antoine Guillou
  • Aurélien Saussay
  • Charles Boissel
  • Cellule chiffrage de Terra Nova
Publié le 

Les  cours pétroliers se sont effondrés au second semestre 2014 et demeurent aujourd’hui à des niveaux très bas. Cette situation est hautement favorable aux pays importateurs de pétrole et notamment à la France, dont la facture énergétique s’est trouvée soudainement allégée. Les effets sur notre économie sont bienvenus, mais la durée de cette période de faibles prix dépendra des déterminants mondiaux de l’offre et de la demande de pétrole, chargés d’incertitude. Le contexte est celui d’un « coup de pouce » à exploiter au mieux et non celui d’un changement des fondamentaux de l’énergie.

Les perspectives de ralentissement de la croissance mondiale et la diminution de l’intensité en pétrole de cette croissance – en Chine notamment – ont joué défavorablement sur la demande de pétrole, alors que l’offre de pétrole continuait de croître considérablement. Le développement vertigineux des extractions de pétrole de schistes aux États-Unis en constitue assurément l’une des principales causes, et la décision de l’Arabie Saoudite de ne pas réduire sa production n’a pas inversé cette tendance.

Les importations nettes de pétrole coûtent environ 52 milliards d’euros par an à la France. Le faible niveau des cours pétroliers – s’il se maintenait – permettrait à court terme des économies de plus de 25 milliards d’euros et un spectaculaire redressement de la balance commerciale. Les ménages, notamment les moins aisés, seraient les premiers bénéficiaires de cette situation. Les effets bénéfiques se propageraient progressivement à l’ensemble de l’économie : d’ici 2 à 3 ans, le PIB pourrait gagner environ 0,4 point grâce à la seule baisse des prix du pétrole et plus de 150 000 emplois seraient créés.

Les effets favorables à court terme de la chute des cours du pétrole ne doivent cependant pas conduire à se détourner d’enjeux énergétiques de long terme : maîtrise de la demande, changement climatique, dépendance aux hydrocarbures, etc. Une remontée à moyen terme des cours pétroliers – notamment sous l’effet d’un ajustement de la production  – combinée à une dégradation de la parité euro/dollar, pourrait propulser le prix du pétrole à des niveaux jamais atteints. L’action publique doit résolument profiter de cette conjoncture favorable pour préparer l’avenir de façon responsable, en incitant à la poursuite de la transition énergétique.

Dans la conjoncture actuelle, il convient de trouver le juste équilibre entre relance de l’économie, réduction des déficits publics et maintien des signaux économiques en faveur de la transition énergétique. C’est pourquoi Terra Nova propose de :

  • Réformer la fiscalité énergétique pour inciter les ménages et les entreprises à se prémunir contre les futures hausses du pétrole et favoriser la transition énergétique. Une action harmonisée au niveau européen permettrait en outre de faire de la réforme de la fiscalité énergétique un outil vertueux de réduction des déficits publics.
  • Affecter les gains pour l’État tirés de la baisse du pétrole pour moitié au désendettement et pour moitié à un « fonds vert » ayant pour objet d’investir dans la transition énergétique et les infrastructures de transport et auquel pourraient ainsi être dotés plus de 3Mds€ par an.
  • Accompagner ménages et entreprises dans la transition énergétique, en réformant le bonus-malus automobile et la fiscalité appliquée aux entreprises en matière d’achat de carburants et de véhicules.
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