Aller au contenu de la page
Note

Propositions pour renforcer la lutte contre la précarité énergétique

Non seulement le nombre de personnes en situation de précarité énergétique est élevé, entre 3 et 4 millions en France, mais ce nombre est en augmentation et concerne, à près de 70%, les ménages les plus modestes. La note de Michel Crémieux, spécialiste des questions énergétiques, cherche à identifier des dispositifs permettant de renforcer la lutte contre la précarité énergétique.
Par
  • Michel Crémieux
Publié le 

Le concept de précarité énergétique a commencé à émerger en Grande Bretagne en 1991, à la suite des travaux de Brenda Broadman, professeur à Oxford. Il s’est ensuite rapidement diffusé dans de nombreux pays et a été intégré dans le discours politique et l’action publique. En France, plus tardivement, la Loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 a donné le cadre juridique de la lutte contre la précarité énergétique.

S’il est possible de s’étonner de ce retard, il faut bien mesurer que la spécificité de la précarité énergétique par rapport à la précarité en général n’est pas évidente à appréhender. Ceux qui sont en situation de manque souffrent d’un manque global, qui n’est pas réductible à une seule approche ou un seul problème. En développant des programmes précis d’action contre la précarité médicale, alimentaire ou encore dentaire, ne risque-t-on pas de créer un enchevêtrement de procédures qui ne permettront plus ni vision globale, ni efficacité ? La précarité serait un tout qui devrait être traitée comme tel [1].

Pourtant, la dimension énergétique de la précarité recouvre bien des particularités qui imposent un traitement dédié. Elle peut aussi bien se définir par le taux d’effort energétique, l’indicateur « bas revenu / dépenses élevées » ou les indicateurs de type reste à vivre. Selon le critère retenu, la précarité énergétique concerne entre trois et quatre millions de ménages. Des mesures préventives et palliatives ont été mises en place mais le contexte de crise et de hausse des coûts de l’énergie accroissent les situations de précarité. Des actions non budgétaires pourraient renforcer le dispositif de lutte, en agissant de manière plus contraignante sur les propriétaires bailleurs, en développant une solution de microcrédit pour les ménages précaires propriétaires ou encore en complétant les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz par le chèque énergie.

[1] C’est d’ailleurs l’approche des pays scandinaves, qui refusent de s’attaquer spécifiquement au problème de la précarité énergétique, en estimant qu’avec un système de protection social bien fait, il n’est nul besoin de mettre en place des aides spécifiques pour tel et tel produit. C’est aussi l’approche de nombreuses ONG en France (par exemple la Fondation Abbé Pierre) et même de personnalités de gauche (Marie-Arlette Carlotti n’est pas favorable à une aide spécifique pour l’énergie mais plutôt à un renforcement des aides existantes).

Site Internet fabriqué avec  et  éco-conçu pour diminuer son empreinte environnementale.
Angle Web, Écoconception de site Internet en Savoie