Le nouvel urbanisme parisien


Jean-Louis Missika présente ici le bilan de son action lors de la mandature écoulée, la philosophie qui l’a animée ainsi que les perspectives futures en matière d’urbanisme à Paris. Beaucoup de projets accomplis ou à venir feront, comme il se doit, l’objet de débats durant la campagne des municipales. Circulation, construction de nouvelles tours, nuisances du tourisme de masse, incivilités, inégalités… les occasions de controverses ne manquent pas. Mais quels sont les principes directeurs qui ont guidé les interventions menées dans la capitale ces dernières années ? Jean-Louis Missika replace les polémiques dans la perspective des priorités politiques défendues par la municipalité. Tout d’abord, que signifie la transition écologique pour une métropole comme Paris ? Prendre au sérieux l’Accord de Paris implique une série de décisions préparant l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.
Les ambitions de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne touchent pas seulement le logement et la mobilité, mais l’ensemble de nos activités et de nos modes de vie. La transition implique en outre de donner une plus grande une place à la biodiversité et d’adapter l’environnement urbain aux aléas climatiques, par exemple en créant des îlots de fraîcheur. Cet « urbanisme de restauration écologique » ne doit pas conduire, selon l’auteur, à renoncer à aménager la ville ou à lancer de nouveaux projets. Pour Jean-Louis Missika, les projets d’aménagement prennent en compte ces priorités, en particulier dans les zones laissées libres par les terrains ferroviaires au Nord et à l’Est de Paris. Mais cela ne suffit pas, il faut aussi améliorer la vie des habitants là où il n’y a pas de projet urbain à faire sortir de terre.
C’est pourquoi les enjeux écologiques doivent conduire, selon lui, à une autre prise de conscience : celle des « communs urbains ». Les habitants n’attendent pas seulement de la ville qu’elle leur donne accès à des biens privés ou des services publics. Il faut aussi prendre en compte des biens communs comme l’air, la biodiversité, les espaces de vie… Or, la bonne utilisation de ces biens suppose une gestion partagée avec les habitants, impliquant des formes participatives nouvelles. Tout cela se déroule sur un territoire qui ne se tient pas exclusivement à l’intérieur du Périphérique.
C’est donc à l’échelle du Grand Paris qu’il faut désormais penser l’urbanité, l’impact de nos modes de vie, les déplacements, les risques environnementaux. Pour travailler les liens aux communes avoisinantes, la ville doit développer des coopérations mais aussi des projets urbains facilitant les échanges par exemple aux portes de Paris ou en repensant l’avenir du Périphérique. Ces priorités dessinent un urbanisme repensé, avec des projets temporaires, participatifs, réversibles, dont l’impact environnemental est pris en compte dès la conception. Si la ville a choisi d’affirmer ses priorités en appelant à « réinventer Paris » à travers ses appels d’offre, son urbanisme participatif et mobile veut aussi tenir compte du dynamisme des habitants, des styles de vie émergents et de leurs nouvelles attentes.
L’entretien de Jean-Louis Missika sur le nouvel urbanisme parisien, réalisé par Paris en Commun, est à retrouver ici