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Développement du gaz renouvelable : pour une perspective agroécologique

La méthanisation agricole offre de nombreux avantages : elle organise une double boucle d’économie circulaire, d’une part avec une boucle carbone synthétisant le carbone de l’atmosphère puis le transformant en énergie, d’autre part, avec une boucle de l’azote qui permet les rendements agricoles et qui est récupéré pour être ré-épandu grâce à la méthanisation agricole. A ces deux boucles agricoles s’ajoute alors la possibilité de boucles territoriales courtes de production à partir des biodéchets alimentaires et agroalimentaires et d’usages locaux pour le déplacement des véhicules au biogaz ou pour le chauffage neutre en carbone de bâtiments à partir de productions locales. Elle dispose aussi d’avantages non agricoles, la réduction des émissions de gaz à effet de serre issus de la substitution de gaz renouvelable au gaz naturel fossile, et de la dépendance à des importations de gaz naturel, la création d’activité et d’emplois dans les territoires ruraux notamment. Mais les politiques publiques peinent à s’organiser pour maximiser ces effets positifs. Le Ministère de l’agriculture cherche à maximiser la valeur captée par les agriculteurs qui diversifient leur production vers cette activité. Celui en charge de l’énergie cherche d’abord à réduire le coût pour son budget comme pour le consommateur du développement du gaz renouvelable, quitte à favoriser l’industrialisation de la production. Cette note plaide pour une troisième voie, l’utilisation du soutien à la méthanisation agricole comme levier pour organiser la transition agroécologique.

Synthèse

La production de gaz renouvelable s’effectue à ce jour par un procédé principal, la méthanisation. D’autres procédés de production émergent, comme la pyro-gazéification, la gazéification hydrothermale ou le power-to-gas qui demeurent encore au stade du démonstrateur.
Première à se déployer, la méthanisation se développe de façon rapide au rythme désormais de 2 TWh de capacité installée par an. L’objectif de la programmation pluriannuelle de l’énergie fixé à 6 TWh en 2023 devrait être atteint dès fin 2021. Le potentiel total de production du seul biométhane a été évalué à 140 TWh par l’ADEME, auquel s’ajoute le potentiel de production des autres nouveaux gaz pour couvrir l’ensemble des besoins de consommation de gaz d’ici 2050. 
Au sein d’un méthaniseur, des déchets organiques et des résidus agricoles sont chauffés pour être digérés sans oxygène (digestion anaérobie) et générer du gaz, principalement du méthane, ainsi qu’un coproduit organique azoté qui peut servir de fertilisant, le digestat. 
L’essentiel du potentiel de méthanisation est issu de l’agriculture. La méthanisation agricole organise une double boucle d’économie circulaire, d’une part avec une boucle carbone synthétisant le carbone de l’atmosphère puis le transformant en énergie, d’autre part, avec une boucle de l’azote qui permet les rendements agricoles et est récupéré pour être ré-épandu grâce à la méthanisation agricole. A ces deux boucles agricoles s’ajoute alors la possibilité de boucles territoriales courtes de production à partir des biodéchets alimentaires et agroalimentaires et d’usages locaux pour le déplacement des véhicules au biogaz ou pour le chauffage neutre en carbone de bâtiments à partir de productions locales.
La méthanisation agricole dispose alors également d’avantages non agricoles, la réduction des émissions de gaz à effet de serre issus de la substitution de gaz renouvelable au gaz naturel fossile, et de la dépendance à des importations de gaz naturel, la création d’activité et d’emplois dans les territoires ruraux notamment.
Pourtant, les politiques publiques peinent à s’organiser pour maximiser ces effets positifs. Le Ministère de l’agriculture cherche à maximiser la valeur captée par les agriculteurs qui diversifient leur production vers cette activité. Celui en charge de l’énergie cherche d’abord à réduire le coût pour son budget comme pour le consommateur du développement du gaz renouvelable, quitte à favoriser l’industrialisation de la production.
Cette note plaide pour une troisième voie, l’utilisation du soutien à la méthanisation agricole comme levier pour organiser la transition agroécologique. 
Ceci pourrait se traduire par un dispositif à deux étages : d’une part les coûts d’investissement des agriculteurs comme les primes récompensant les services environnementaux de leurs pratiques pourraient s’insérer dans un contrat de transition agroécologique et alimentaire ; d’autre part, les coûts d’exploitation pourraient être couverts par une rente servie par les opérateurs de réseau et récompenser la valeur créée pour les réseaux et pour les usagers du gaz par cette injection de gaz renouvelable en substitution du gaz fossile.
Si le Gouvernement décidait en revanche de créer une obligation de financement du gaz renouvelable par les fournisseurs d’énergie, les obligations de financement pourraient alors varier en fonction de leur contribution à la transition agroécologique.

 

Le groupe ENGIE a souhaité réagir à la publication, le 16 mars, de notre note «Développement du gaz renouvelable : pour une perspective agroécologique». Tout en partageant l’esprit et les orientations de ce travail, il diverge sur les modalités du dispositif d’aides proposées. 

Lire la réaction d'ENGIE : ici

 

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