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Les femmes et le changement climatique

Les thèmes de la défense de l’environnement progressent dans l’opinion depuis plusieurs années. Au-delà de l’évolution d’ensemble, tous les milieux sociaux ne partagent pas, au même degré, la préoccupation écologique. On observe trop rarement les clivages qui partagent la population sur ce sujet. L’idée selon laquelle la sensibilité environnementale en général et climatique en particulier est portée par les catégories aisées et par la jeunesse diplômée correspond à une réalité assez bien documentée. Mais cette approche générale ne suffit pas à rendre compte de ce qui est en train de se passer dans les sociétés européennes et notamment dans la société française. La présente note est consacrée au rôle qu’y jouent les femmes à partir des données recueillies dans l’enquête Obs’COP 2020. Autant la question générationnelle et le niveau d’éducation sont des variables souvent étudiées dans le rapport à l’enjeu climatique, autant l’identité de genre reste peu analysée. Comment intervient-elle à la fois dans la perception des enjeux et dans les comportements au quotidien ? Y a-t-il une spécificité féminine et comment se combine-t-elle avec les catégories sociales ou le niveau d’étude ? Les données françaises confirment la plus forte mobilisation des femmes sur les questions environnementales, comparées aux hommes, et ceci bien souvent au sein de chaque milieu social ou catégorie d’âge. Elles se montrent en particulier davantage prêtes que les hommes à changer de mode de vie et mettent déjà leur conviction écologique en œuvre dans leurs choix de consommation en ce qui concerne les gestes de la vie courante. Consommer local, de saison, éviter le suremballage, limiter le chauffage… sont des pratiques que les femmes semblent investir, parfois contre les pratiques masculines de leur milieu social. C’est particulièrement vrai dans les catégories populaires et moyennes, et pas seulement en milieu urbain. Cette transformation de la société par la consommation rencontre cependant une limite : la question de la mobilité. Qu’il s’agisse de limiter l’accès des centres-villes aux voitures électriques ou d’instaurer un péage urbain, les femmes sont toujours en retrait, quel que soit le milieu social. Il y a là matière à réfléchir sur le fait que c’est sur les femmes que reposent le plus souvent les transports routiniers au sein des foyers (école, loisirs, courses), encore souvent réalisés en voiture, et que la perspective d’une complication de ces transports n’enthousiasme guère. L’inégal partage des tâches au sein des foyers, notamment en ce qui concerne la prise en charge de la complexité des déplacements quotidiens, représente une limite évidente de l’acceptabilité des mesures contraignantes visant à favoriser la transition écologique.

Synthèse

Les thèmes de la défense de l’environnement progressent dans l’opinion depuis plusieurs années. Au-delà de l’évolution d’ensemble, tous les milieux sociaux ne partagent pas, au même degré, la préoccupation écologique. On observe trop rarement les clivages qui partagent la population sur ce sujet. L’idée selon laquelle la sensibilité environnementale en général et climatique en particulier est portée par les catégories aisées et par la jeunesse diplômée correspond à une réalité assez bien documentée. Mais cette approche générale ne suffit pas à rendre compte de ce qui est en train de se passer dans les sociétés européennes et notamment dans la société française. 
La présente note est consacrée au rôle qu’y jouent les femmes à partir des données recueillies dans l’enquête Obs’COP 2020. Autant la question générationnelle et le niveau d’éducation sont des variables souvent étudiées dans le rapport à l’enjeu climatique, autant l’identité de genre reste peu analysée. Comment intervient-elle à la fois dans la perception des enjeux et dans les comportements au quotidien ? Y a-t-il une spécificité féminine et comment se combine-t-elle avec les catégories sociales ou le niveau d’étude ? Les données françaises confirment la plus forte mobilisation des femmes sur les questions environnementales, comparées aux hommes, et ceci bien souvent au sein de chaque milieu social ou catégorie d’âge. Elles se montrent en particulier davantage prêtes que les hommes à changer de mode de vie et mettent déjà leur conviction écologique en œuvre dans leurs choix de consommation en ce qui concerne les gestes de la vie courante. Consommer local, de saison, éviter le suremballage, limiter le chauffage… sont des pratiques que les femmes semblent investir, parfois contre les pratiques masculines de leur milieu social. C’est particulièrement vrai dans les catégories populaires et moyennes, et pas seulement en milieu urbain.
Cette transformation de la société par la consommation rencontre cependant une limite : la question de la mobilité. Qu’il s’agisse de limiter l’accès des centres-villes aux voitures électriques ou d’instaurer un péage urbain, les femmes sont toujours en retrait, quel que soit le milieu social. Il y a là matière à réfléchir sur le fait que c’est sur les femmes que reposent le plus souvent les transports routiniers au sein des foyers (école, loisirs, courses), encore souvent réalisés en voiture, et que la perspective d’une complication de ces transports n’enthousiasme guère. L’inégal partage des tâches au sein des foyers, notamment en ce qui concerne la prise en charge de la complexité des déplacements quotidiens, représente une limite évidente de l’acceptabilité des mesures contraignantes visant à favoriser la transition écologique.  

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