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Marine le Pen et la déconstruction européenne

Le rejet de l’Union européenne occupe une place prépondérante dans le programme présidentiel de Marine Le Pen. La candidate estime que l’Europe met à mal l’identité française et le développement économique du pays. Le retour d’un Etat fort passe nécessairement, selon elle, par la sortie de l'UE, le retour du franc, le renforcement des frontières et l’instauration d’un protectionnisme. Cette note déconstruit le discours de la candidate du Front national sur l’Europe, en révélant son caractère populiste et mensonger. Au-delà de l'incompatibilité entre le projet européen et la vision frontiste, elle montre qu'une sortie de l’Union européenne aurait pour la France de graves conséquences économiques et politiques.

Synthèse

Le rejet de l’Union européenne occupe une place prépondérante dans le programme présidentiel de Marine Le Pen. Cet enjeu conditionne, en effet, la plupart de ses propositions phares : la restauration d’un Etat fort, le retour au franc, le renforcement des frontières pour lutter contre l’immigration massive et l’instauration d’un protectionnisme français.

  Considérant que le projet européen, construit au détriment de l’Etat-nation français, est un total échec et que la crise actuelle n’est que le signe de son agonie, Marine Le Pen propose ni plus ni moins aux Français d’œuvrer à la déconstruction européenne.  

« L’Europe de Bruxelles » serait un « Super-Etat eurocratique[1]» dont la tutelle mène à la ruine des millions d’Européens. La France devrait donc sans plus attendre avoir recours à l’article 50 du Traité de l’Union européenne pour « renégocier les traités » afin : « de mettre fin à l’asservissement de la France, de restaurer notre souveraineté nationale dans l’ensemble des domaines où elle a disparu, de nous rendre le pouvoir[2] ».Un « ministère des Souverainetés » serait en charge de la renégociation des Traités « pour restaurer la souveraineté nationale dans l’ensemble des domaines où elle a disparu. »  

La priorité de Marine Le Pen va au rétablissement de la maîtrise des frontières grâce à une sortie de l’espace Schengen. La France devrait également retrouver sa monnaie et sa politique monétaire, en sortant de la zone euro et en revenant au franc, ce qui devrait lui permettre, enfin, d’effectuer des dévaluations compétitives. Ces négociations viseraient également, selon Marine Le Pen, à faire en sorte que le droit national prime à nouveau sur le droit européen, ce qu’elle promet de toutes manières de réinstaurer, même en cas d’échec. Enfin, la contribution nette française au budget européen devrait être nulle, afin de dégager des marges pour le soutien notamment à notre agriculture.  

Marine le Pen précise qu’en cas d’échec des négociations, un référendum sur la sortie de l’Union européenne sera proposé. De nombreuses mesures seraient de toutes façons immédiatement prises, telles que l’abandon du drapeau européen sur les établissements publics, la suspension de l’application des directives européennes « de libéralisation des services publics », ou l’abandon de la PAC (Politique agricole commune) au bénéfice de la PAF (Politique agricole française).  

Comme alternative à l’Union européenne, Marine Le Pen propose une « Europe des Nations », hors des institutions européennes, s’en tenant à une coopération industrielle, culturelle ou scientifique. Il s’agirait d’une « association libre d’Etats européens  partageant la même vision et les mêmes intérêts sur des sujets tels que l’immigration ».  

Elle envisage également, au-delà de cette « Europe des Nations », une « Union paneuropéenne »des Etats souverains, intégrant la Russie et la Suisse, respectant le statut de neutralité, le droit national, la fiscalité nationale. Marine Le Pen tient à préciser que la Turquie ne sera pas associée.    

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