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Production des vaccins : quels enseignements tirer de l’expérience COVID ?

Pour lutter contre la pandémie de Covid-19, le monde s’est jeté dans une course aux vaccins sans précédent : en 6 à 12 mois, des solutions ont été mises au point, quand il faut habituellement 5 à 10 ans. Des recherches ont été partagées, des procédures exceptionnelles expérimentées et des quantités inédites d’argent public mobilisées. Sans attendre les résultats des tests, des capacités de production manufacturières et de distribution ont été mises en place dans un temps et avec une envergure record. En dépit des égoïsmes nationaux et des polémiques sur les performances ou les échecs de tel ou tel pays, un fait saute aux yeux : aucun Etat ni aucun groupe pharmaceutique n’aurait pu y arriver seul ! La course au vaccin aura été d’abord une grande aventure mondiale faite de compétition et de coopération. Du point de vue européen, cette expérience met en exergue d’ores et déjà deux enseignements : les Européens sont plus forts unis que séparés, et la politique industrielle doit être désormais pensée comme partie intégrante de la préparation aux crises sanitaires. Anne Bucher, ancienne Directrice Générale de la Santé à la Commission Européenne, analyse pour Terra Nova plusieurs des leçons à tirer de l'expérience du Covid-19 sur la production de vaccins, à ce jour.

Synthèse

Pour lutter contre la Covid-19, le monde s’est jeté dans une course aux vaccins sans précédent : en 6 à 12 mois, des solutions ont été mises au point, quand il faut habituellement 5 à 10 ans. Des recherches ont été partagées, des procédures exceptionnelles expérimentées et des quantités inédites d’argent public mobilisées. Sans attendre les résultats des tests, des capacités de production manufacturières et de distribution ont été mises en place dans un temps et avec une envergure record. En dépit des égoïsmes nationaux et des polémiques sur les performances ou les échecs de tel ou tel pays, un fait saute aux yeux : aucun Etat ni aucun groupe pharmaceutique n’aurait pu y arriver seul ! La course au vaccin aura été d’abord une grande aventure mondiale faite de compétition et de coopération. Du point de vue européen, cette expérience met en exergue d’ores et déjà deux enseignements. Le premier est en ligne avec ce qui précède : les Européens sont plus forts unis que séparés. Les contrats de préachats négociés au nom des 27 Etats membres leur ont permis de sécuriser leurs approvisionnements tout en contribuant au financement du développement des vaccins. Le second enseignement est que la politique industrielle doit être désormais pensée comme partie intégrante de la préparation aux crises sanitaires. De ce point de vue, le bilan européen souligne d’importantes faiblesses. L’UE n’a pas été capable de mettre autant d’argent sur la table que les Etats-Unis : quand Washington ajoutait 10 milliards de dollars aux financements de crise sanitaire avec l’opération Warp speed dès le mois de mai 2020, Bruxelles disposait de son côté d’une enveloppe légèrement supérieure à 3 milliards de dollars. Alors qu’elle héberge des leaders mondiaux dans l’industrie des vaccins, que deux tiers des chercheurs de ces leaders travaillaient sur son sol il y a encore dix ans, ses investissements publics dans ce domaine de recherche ont reculé, quand ceux des Etats-Unis étaient multipliés par trois. Dans le même temps, le BARDA américain (Bio-medical Advanced Research and Development Authority), établi en 2006, attirait investissements et chercheurs... Dans un tel contexte, « l’Union européenne de la santé » actuellement en discussion devrait intégrer une Health Emergency Response Authority (HERA), qui aurait des compétences similaires au BARDA. Il est à souhaiter qu’elle dispose de la même puissance de feu si les Européens veulent conserver leur rang et protéger leur souveraineté sanitaire. De la même manière que le BARDA est un dispositif fédéral qui complète l’action individuelle des Etats, il sera important que chaque pays ait également une stratégie nationale. 

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