Confiance et consentement sont au cœur de la maîtrise du coronavirus


L’action contre le coronavirus cherche une voie, un équilibre entre saturation de l’appareil de santé et nombre de morts, d’une part, et coût économique du confinement pour la collectivité et pour l’État, d’autre part. Chaque pays a modulé sa réponse en fonction de ces deux contraintes, et la France, après avoir tergiversé, s’est engagée dans un confinement ferme. Sebastian Roché défend ici l’idée que l’acceptabilité de la contrainte – à commencer par le consentement au confinement mais aussi aux règles de déconfinement – est la condition d’une sortie de la crise. L’efficacité de cette stratégie de confinement, tout comme de son corollaire, le déconfinement, et les reconfinements partiels possibles pour faire face à des phases ultérieures de contamination, repose sur la confiance dans les institutions. Or celle-ci est gravement entamée. Le risque existe qu’un cercle vicieux s’enclenche : le gouvernement réduit d’autant plus les libertés et sanctionne d’autant plus les manquements aux règles qu’il ne fait pas confiance aux citoyens, et, dans le même temps, plus la défiance dans le gouvernement croît dans la population, plus le pouvoir est tenté par une approche disciplinaire. Comment en sortir ?